(5022) SHORTBUS â â
Cum as you are de John Cameron Mitchell avec Sook-Yin Li, Paul Dawson, Lindsay Beamish, PJ deBoy, Raphael Barker, Peter Stickles et Jay Brannan. Scénario: John Cameron Mitchell. Musique: Yo La Tengo. Montage: Brian A. Kates. Photo: Frank G. DeMarco. Durée: 1h41 - 2006 - vu le 28/8/11 - ARTE - USA - TF: "Shortbus"
Shortbus s'ouvre sur une impressionnante cumphonie, un véritable opéra de la baise, explicite, hardcore, qui suit en crescendo plusieurs orgasmes à venir, de la partie de baise d'un couple hétéro à l'auto-fellation d'un gay contorsionniste, le rythme accélÚre jusqu'au climax, déluge de rùles et de sperme qui laisse les corps épuisés et le spectateur médusé.
C'est aprĂšs cette intromission introduction que le film pose sa problĂ©matique, Ă savoir comment atteindre l'orgasme quand on en a jamais eu ou comment soigner la dĂ©prime Ă l'intĂ©rieur du couple quand le triolisme n'est pas la solution. On suit d'un cotĂ© une sexologue, Ă la recherche du plaisir, et un couple gay, James et Jamie, amoureux mais victimes d'inhibitions qui les empĂȘchent d'ĂȘtre heureux.
Ces personnages principaux vont en croiser d'autres au Shortbus, une boite de nuit oĂč tout le monde baise avec tout le monde tandis qu'un groupe pop folk chante des mĂ©lodies romantico-mĂ©lancolico-un peu chiantes. Autant dire qu'on dĂ©couvre un univers improbable oĂč, tandis qu'on suit une discussion au premier plan, on voit derriĂšre des zizis tout durs pĂ©nĂ©trer diffĂ©rents orifices.
C'est désarmant au début puis amusant, tant le naturel avec lequel Cameron Mitchell aborde les scÚnes de cul fait de ces séquences un simple contexte pour raconter son histoire.
Sur un mode lĂ©ger, voir carrĂ©ment comique, on croise des lesbiennes fĂ©ministes, des transsexuels (dont le/la fameux(se) Max de The L Word), un ancien maire de New-York oĂč une photographe/prostituĂ©e dominatrice qui aime se livrer enfermĂ©e dans des caissons de privation sensorielle...
On se marre pas mal (surtout quand l'utilisation de la tĂ©lĂ©commande d'un Ćuf vibrant donne lieu Ă des situations gagesques), on assiste Ă des images pour le moins inĂ©dites (durant un threesome homo, l'un des participants chante l'hymne amĂ©ricain dans l'anus de son partenaire...) et la libertĂ© de ton et d'image apporte Ă l'ensemble un capital sympathie immĂ©diat.
Pourtant, plus le film avance et plus c'est la tristesse et le dĂ©sespoir qui prennent le dessus. Ăa baise partout oui, mais le sexe cache un mal-ĂȘtre, des mensonges, des espoirs déçus, des frustrations et des blessures qui le rendent beaucoup moins festif qu'au dĂ©part.
Ce moment oĂč Shortbus bascule dans le tristoune limite glauque, n'est pas le meilleur du film. Et les liens entre l'Ă©lectricitĂ© et l'orgasme de Sofia reflĂšte un sĂ©rieux manque d'inspiration. Le rythme capote donc un peu et c'est seulement Ă la toute fin, lors d'un partouze dĂ©guisĂ©e en comĂ©die musicale avec fanfare hystĂ©rique et danseurs, qu'on retrouve l'Ă©nergie dĂ©vastatrice et sexuelle de Mitchell qui nous offre un film inĂ©gal mais qui ne ressemble Ă aucun autre.






