Dans mon périmètre : le collectionneur de Fiat Topolino (Fiat 500). Œuvre de l'ingénieur Dante Giacosa, sortie en 1936, c'est "la voiture du peuple" exigée par Mussolini ("urgente nécessité de motoriser les Italiens avec une voiture économique dont le prix ne doit pas dépasser 5 000 lires"). A l’époque, la Fiat la moins chère du marché est alors la 509 Balilla (la célèbre voiture de Gaston Lagaffe), vendue 10 000 lires. La Topolino est toute petite (3,22 m, alors que la 4 CV mesurera 3,60 m) et n’a que deux places à offrir, mais elle incarne un rêve de promotion sociale et d’accès à un mode de vie inédit. Le prix plancher exigé par le Duce ne résiste pas à la réalité industrielle. En 1936, la Fiat 500A est proposée à partir de 8 900 lires, soit presque deux ans de salaire d’un ouvrier. Dès son lancement, l’Italie adore la petite voiture sortie des usines de Turin. Au point de lui accoler le sobriquet Topolino (« petite souris »), le surnom que l’on donnait à Mickey Mouse, au milieu des années 1930, de l’autre côté des Alpes. En France, un certain Henri Théodore Pigozzi, un ancien récupérateur de métaux devenu distributeur de la marque turinoise, fonde la Société industrielle de mécanique et de carrosserie automobile (Simca) pour fabriquer des Topolino sous licence, à Nanterre, sous le nom de Simca 5. Elle sera, quelques années avant la Renault 4 CV, l’une des premières vraies voitures accessibles en France, dont on verra les premiers exemplaires circuler lors des premiers congés payés institués par le Front populaire en 1936.
La première Cinquecento verra sa production cesser en 1955, après plus de 500 000 unités fabriquées sur le seul territoire italien. Deux ans avant le lancement d’une autre Fiat 500 (1957-1975), qui passera davantage encore à la postérité que la petite souris de 1936.