Le Canada pourrait-il un jour devenir moins dépendant des États-Unis? Voici enfin la réponse à la question de Gabriel Tétreault!

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Le Canada pourrait-il un jour devenir moins dépendant des États-Unis? Voici enfin la réponse à la question de Gabriel Tétreault!

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Épisode #6 : entrevue avec Christian Deblock
J’ai envoyé un courriel au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation de l’UQAM pour demander une entrevue avec l’un de leurs experts. L’économiste Christian Deblock a répondu à ma demande.
Je suis vraiment contente d’avoir pu faire cette troisième entrevue, car M. Deblock a un point de vue légèrement différent de celui des deux autres économistes à qui j’ai parlé.
Il m’a expliqué que la question de la dépendance du Canada envers les États-Unis date de la fin du 19e siècle, mais que c’est surtout après les deux guerres mondiales que cette dépendance s’est accentuée.
Aujourd’hui, avec la diversification des marchés et la quantité de biens que nous importons de la Chine, le Canada est un peu moins dépendant de son voisin qu’il ne l’était dans la deuxième moitié du 20e siècle.
Christian Deblock m’a aussi dit que sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, le Canada avait essayé de sortir de sa dépendance, mais sans succès. Selon l’économiste, l’une des raisons de cet échec est que les entreprises canadiennes manquent d’audace. Elles ont l’impression qu’il serait compliqué pour elles d’exporter leurs produits en Europe ou en Asie et se tournent donc presque automatiquement vers l’option facile : les États-Unis, pays voisin qui, en plus, représente un énorme marché, très dynamique.
M. Deblock croit aussi que c’est pour cette raison que les négociateurs du Canada n’avaient pas trop le choix de faire des concessions au moment de renégocier l’ALÉNA. Plusieurs entreprises canadiennes dépendent de leurs exportations vers les États-Unis et l’incertitude leur était très néfaste.
Là où la vision de Christian Deblockc diffère de celle de Stephen Gordon et Patrick Leblond, c’est sur la possibilité pour le Canada de devenir moins dépendant de son voisin américain. M. Deblock pense qu’avec un coup de pouce du gouvernement, les entreprises canadiennes pourraient aller voir ailleurs et développer de nouveaux marchés où exporter leurs produits. Il leur faudrait des politiques, des programmes qui les pousseraient à devenir plus compétitives, à sortir du secteur des ressources naturelles pour se tourner vers des secteurs où il y a une forte demande internationale.
Il m’a donné l’exemple de la Corée du Sud, un pays collé sur l’énorme marché que représente la Chine, mais qui a réussi à sortir du giron chinois et à exporter ses produits, notamment des voitures (pensez à Hyundai) et des gadgets électroniques (pensez à Samsung), à travers le monde.
J’ai alors demandé à l’économiste si notre petite population pouvait être un frein, et il m’a répondu que non, en citant la Suède comme exemple, dont les meubles IKEA sont vendus partout sur la planète.
En terminant, Christian Deblock m’a dit : « La meilleure chose qu’il nous est arrivé, c’est cette renégociaion de l’ALENA. Soudainement, on s’est retrouvé faible. J’espère que cela va pousser nos entreprises à développer d’autres marchés. »
Épisode #6 : à la recherche d’économistes
Je me rends compte qu’il n’y a pas qu’une bonne réponse à la question de Gabriel; il en existe plusieurs, et elles diffèrent selon les points de vue. C’est pourquoi j’aimerais avoir une entrevue avec un(e) troisième économiste, question d’avoir plusieurs points sur le sujet et ainsi pouvoir vous faire part du plus grand nombre de réponses possibles à la question.
J’ai envoyé une demande d’entrevue par courriel au bureau de l’économiste en chef du Canada, qui tient à jour les statistiques sur nos exportations/importations, mais on m’a répondu qu’il était impossible de parler directement à un économiste, que je devais poser mes questions au service des relations médias du gouvernement fédéral, ce qui ne m’intéresse pas du tout, car c’est à un spécialiste que je veux poser mes questions.
J’ai alors envoyé une autre demande d’entrevue par courriel, cette fois-ci à Exportation et développement Canada, qui est une société d’État dont le rôle est d’aider les entreprises canadiennes à exporter. J’ai envoyé un courriel au service des relations médias, mais aussi à l’économiste en chef de la société, Stephen Tapp. Je n’ai pas encore reçu de réponse, mais je me croise les doigts! 🤞
Avez-vous des économistes à me suggérer qui s’y connaissent en relations commerciales canado-américaines?
Épisode #6 : Entrevue avec Patrick Leblond
Patrick Leblond enseigne à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Il est un spécialiste de l’intégration économique nord-américaine.
Selon lui, oui, le Canada est dépendant des États-Unis. Ils sont notre plus important partenaire commercial, et les Américains sont les plus grands investisseurs au Canada.
MAIS il précise que les États-Unis sont eux aussi dépendants de nous, particulièrement au niveau des États. L’économie de plusieurs États américains repose principalement sur les échanges avec le Canada.
Pour cette raison, Patrick Leblond croit qu’il est en partie erroné de penser que le Canada n’a aucun pouvoir de négociation face à son voisin américain. Il rappelle que le pouvoir législatif aux États-Unis (représenté par la Chambre des représentants et le Sénat) est beaucoup plus fort qu’il ne l’est au Canada (où il est représenté par la Chambre des communes et le Sénat). Les représentants et sénateurs des différents États américains ont donc beaucoup de pouvoir, et pour M. Leblond, il est clair qu’ils mettaient de la pression sur le président américain Donald Trump au moment de renégocier l’ALENA.
Bien entendu, comme le Canada jouait défensif dans cette renégociation, ce n’est pas lui qui commençait en position de force. Mais Patrick Leblond estime que les Canadiens n’ont pas plié les genoux lorsqu’ils se sont entendus avec les Américains. Les concessions faites par le Canada étaient beaucoup moins grandes que ce à quoi il s’attendait. L’économiste s’est aussi dit étonné de voir les États-Unis abandonner plusieurs de leurs demandes initiales.
Quand je lui ai demandé s’il était possible pour le Canada de diminuer sa dépendance envers les États-Unis, Patrick Leblond m’a répondu oui, mais qu’il devra travailler très fort pour y parvenir. La proximité des États-Unis, la langue commune et la similitude de culture font d’eux un marché incontournable pour le Canada.
Il m’a précisé que l’adoption d’ententes de libre-échange avec l’Europe et l’Asie a un effet positif sur l’économie canadienne. Patrick Leblond croit d’ailleurs que le gouvernement a la responsabilité d’aider les entreprises canadiennes à exporter ailleurs qu’aux États-Unis. « Pour l’entreprise canadienne, c’est facile d’aller aux États-Unis, mais beaucoup plus difficile d’aller en Asie », dit-il. Il pense aussi que le gouvernement doit encourager les entreprises de l’étranger à investir au Canada.
Malgré tout, « on n’arrivera jamais à complètement se libérer ou à réduire de façon importante notre dépendance des États-Unis», soutient Patrick Leblond. Selon lui, une diversification des marchés permettrait, au mieux, au Canada de faire passer la proportion de ses exportations qui vont aux États-Unis de 75 % à 60 %.
Épisode #6 : Entrevue avec Stephen Gordon
Stephen Gordon enseigne l’économie à l’Université Laval. Pour lui, il est clair que le Canada ne peut pas sortir de sa dépendance économique des États-Unis. « Ça serait très très très difficile, m’a-t-il répondu. Ils sont nombreux et ils sont riches. »
Les Américains, en raison de leur nombre, représentent un marché alléchant pour le Canada. Et comme les États-Unis sont notre voisin immédiat, la proximité géographique fait d’eux un partenaire incontournable.
Quand je lui ai demandé pourquoi le Canada semblait avoir si peu de poids au moment de renégocier l’ALÉNA, M. Gordon m’a répondu que le commerce international était beaucoup plus important pour l’économie canadienne que pour l’économie américaine. En d’autres mots, nous dépendons beaucoup plus de nos échanges avec les autres pays que les États-Unis. La plupart des biens et services que produisent les Américains se consomment aux États-Unis. Ils ont donc moins besoin d’exporter dans les autres pays pour écouler leurs stocks.
Stephen Gordon voit un peu d’espoir dans la multiplication des accords de libre-échange entre le Canada et les autres pays du monde, car cela lui permet de diversifier ses marchés et d’être moins dépendant de son voisin américain. « Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions : tout nous ramène vers les États-Unis », dit-il.

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El acuerdo comercial USA-MĂ©xico-Canadá podrĂa pasar a llamarse AEUMCGBHPSC
El acuerdo comercial USA-MĂ©xico-Canadá podrĂa pasar a llamarse AEUMCGBHPSC
Al ser renegociado, el tratado de libre comercio que desde hace un cuarto de siglo mantenĂa MĂ©xico con Estados Unidos y Canadá, pasĂł de llamarse TLCAN (Tratado de Libre Comercio de AmĂ©rica del Norte) a AEUMC (Acuerdo Estados Unidos, MĂ©xico y Canadá) a peticiĂłn del presidente estadounidense Donald Trump.
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Épisode #6 : Comment le Canada peut-il être plus indépendant des États-Unis?
Le Canada et les États-Unis viennent de signer le nouvel accord commercial États-Unis - Mexique - Canada (AEUMC), après un an d’âpres négociations. Un « bon accord » selon le premier ministre canadien Justin Trudeau, mais qui n’apporte rien pour le Canada (je vous invite à lire cette excellente analyse du journaliste économique Gérald Fillion sur le sujet).
Dès le départ, plusieurs analystes estimaient que le Canada n’avait pas un très grand poids de négociation face à son voisin états-unien. L’économie de notre pays est plus dépendante de celle des États-Unis que l’inverse.
Mais cette situation est-elle une fatalité? Gabriel Tétreault me demande si le Canada pourrait un jour se libérer de l’emprise du marché américain, et je vais tenter de répondre à sa question dans ma prochaine vidéo!