Sans le savoir, ton silence m'a fait rĂ©flĂ©chir. T'es juste en train de dormir, et t'imagine mĂȘme pas tout ce qui sait passĂ© dans ma tĂȘte le temps oĂč je ne savais pas cette information. J'ai imaginĂ©e que tu ne voulais plus de moi, que tu voulais me quitter. Et que tu trouvais pas les bons mots alors que tu prĂ©fĂ©rais te taire. J'ai imaginais comment je l'annoncerai Ă ma famille, sans pour autant passer pour une fille fragile qui pleure jour et nuit dans son lit. Puis je t'avoue que mes nausĂ©es sont revenues aussi vite qu'elles Ă©taient partis. Non, j'ai pas la gastro, non, c'est le surplus de tout ce qui se passe dans ma tĂȘte et me fait devenir dingue qui tente en vins de sortir de mon corps, c'est un phĂ©nomĂšne bizarre qui m'arrive pour ne pas que je ne devienne folle. Ăa marche pas. Tu peux le constater parce que actuellement j'Ă©cris un texte sans queue ni tĂȘte alors que j'ai vomis il y a deux secondes de ça. J'ai loupĂ©e le clavier pour m'Ă©viter d'Ă©crire de la merde, la prochaine fois faudra que j'apprenne Ă viser. Bref je suis pas lĂ pour te parler de la couleur de mon vomis, mais, de ce qui se passe dans ma tĂȘte pour que j'en arrive Ă me rendre malade. Tu veux savoir d'oĂč ça vient ses crises ? Toute maniĂšre mĂȘme si tu veux pas le savoir, c'est moi qui Ă©crit se monologue, alors tu vas devoir le lire, Ă moins que tu es dĂ©jĂ coupĂ©e cette page. Ăa me vient du peu de confiance que j'ai en moi. Tu vois, y'a des gens gonflĂ©s d'estime de soi, on les appellent souvent narcissique. Puis y'a moi. J'Ă©vite les miroirs pour pas me voir dedans, j'ai aucune confiance de tout ce que je peux faire de mes dix doigts. On aura beau me dire que j'ai du talent, oĂč que je peux y arriver, mĂȘme quand j'y arrive, je ne pense pas que ça vienne de moi. J'pense que c'Ă©tait un coup d'bol, puis c'est tout. Et j'passe Ă autres choses. Tu vois, ça m'empĂȘche de faire énormĂ©ment de choses. Parce que mĂȘme des tĂąches banales dans un couple j'arrive pas Ă les faire, par peur d'ĂȘtre pas douĂ©e, pas bonne Ă faire, je me suis toujours dite qu'il valait mieux rien faire que de mal faire. Ăa devrait t'expliquer beaucoup de choses, si tu comprends oĂč je veux en venir. Enfin, bref, je me suis mĂȘme demandais pendant tes heures de sommeil, si tu serais pas plus heureuse sans moi. AprĂšs tout, Ă part nos prises de bec incessante, tu retiens quoi toi de moi ? Je suis trop diffĂ©rente de toi. LĂ oĂč tu es compliquĂ©, je suis dans la facilitĂ©, et lĂ oĂč je suis compliquĂ©, tu es dans la facilitĂ©. On ce comprend jamais. On arrive mĂȘme pas Ă rendre facile la vie de l'autre, on ce la complique dans tout les sens, et puis c'est tout. Et moi, ça commence Ă m'ronger. Ăa m'rend malade oui. Je sais plus quoi en penser. J'ai passĂ©e ma journĂ©e Ă regarder par la fenĂȘtre de chez moi, Ă croire que le ciel allait me donner une rĂ©ponse, et mĂȘme si le ciel aujourd'hui Ă©tait bleu Ă©tincellent, dans ma tĂȘte à moi il Ă©tait noir. Je suis pas heureuse aujourd'hui, non. Je le suis pas. Et j'imagine que toi non plus. Alors si on pouvait remettre les choses au clair une bonne fois pour toute et savoir oĂč on va, si y'a encore un nous, oĂč si c'est mieux un toi et moi. Alors faut qu'on en parle. Parce que moi, ton silence, je ne le comprends pas.