Sur le FIL (flux instinctif libre)
Avant de déclencher des foudres, venons en paix. Je ne prétends pas avoir de réponse juste ou vraie, je propose un point de vue, une expérience du monde par un filtre qui me plaßt. Parlons-en !
Pourquoi les femmes mettent-elles des tampons ? Parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement. Parce que le sang qui s'écoulent de leur utérus chaque mois, elles le subissent. Elles n'ont pas le choix. Que ce soit avec des tampons, des éponges, des serviettes, jetables ou lavables, des cups, ce sang elles doivent l'éponger, le recueillir, l'éliminer. Elles doivent le cacher, l'absorber, le faire disparaßtre. Et elles ne peuvent pas faire autrement.
AprĂšs les serviettes hygiĂ©niques et les tampons dans le prolongement de la rĂ©volution industrielle, apparaissent les protections lavables et la coupe menstruelle. VĂ©ritable rĂ©volution pour notre intimitĂ© malmenĂ©e par les reprĂ©sentations qu'on en fait (c'est sale, ça pue, ça coule, y a des poils, ça gratte, ça s'infecte, c'est pas beau !), cette derniĂšre devrait elle aussi bĂ©nĂ©ficier dâune baisse de TVA. Car elle a un dĂ©faut. Le mĂȘme que toutes les autres protections pĂ©riodiques : elle est indispensable. Encore une fois, on ne peut pas faire autrement.
Que s'est-il passĂ© pour que des femmes crĂ©atrices, donneuses de vie, aux talents multiples et Ă la force infinie ne puissent pas faire autrement ? Comment se fait-il que nous, ces femmes puissantes, fortes et belles, dĂ©pendions des protections menstruelles, n'ayons pas le choix ? Mais avez-vous seulement imaginĂ© une seconde que, peut-ĂȘtre, nous pouvons faire autrement ?
Pendant des siÚcles, on a considéré la femme comme assistée. à tous les stades de sa vie, elle est une grande enfant qui ne maßtrise ni sa pensée, ni ses émotions, ni ses actes, et qui, par dessus tout, ne maßtrise pas son corps. Qui n'en a pas le droit.
Peut-ĂȘtre qu'aujourd'hui la plupart d'entre nous pensent que tout cela est loin, que si les femmes veulent, les femmes peuvent. Ce qui me bouleverse et me dĂ©sespĂšre, c'est que les femmes sont les plus ferventes ennemies des femmes, et les premiĂšres Ă ne pas savoir ce dont elles sont capables.
Dépossédées de notre féminité, déconnectées de notre corps que la société nous a habituées à subir, à aimer seulement sous condition, nous devenons notre propre détracteur, et au lieu de travailler en équipe avec chaque courbe, chaque poil, chaque sensation, nous exigeons, nous imposons, nous n'écoutons pas, nous ne ressentons plus.
Alors il est vrai que, ni l'utĂ©rus ni le vagin ne sont des sphincters, et quâil faut muscler son pĂ©rinĂ©e, pourtant vous pouvez le faire, vous pouvez dĂ©cider du moment oĂč votre sang menstruel est Ă©vacuĂ©.
Pour qu'un enfant apprenne Ă ĂȘtre propre, il faut lui enlever sa couche. Il y a quelques accidents au dĂ©but, c'est normal, le corps doit apprendre. Et ça devient automatique. MĂȘme en dormant, mĂȘme Ă la piscine, mĂȘme en voyage, vous n'ĂȘtes pas incontinent, vous retenez votre urine. Vous avez des muscles. Vous les utilisez. Vous savez reconnaĂźtre l'envie d'uriner. Et vous y allez, quand vous en avez envie. C'est pareil pour les rĂšgles. Effectivement, ça n'est pas le mĂȘme endroit, pas la mĂȘme envie, pas la mĂȘme texture (il faudra un jour rĂ©vĂ©ler au monde Ă quoi ressemble rĂ©ellement la muqueuse utĂ©rine !), mais vous pouvez le faire !
Toutes les femmes, de tous les ùges, ayant tout type de rÚgles peuvent le faire, c'est naturel, c'est logique. Pour cela, il faut apprendre à écouter son corps, apprendre à reconnaßtre ses sensations. Cela fait tellement longtemps que nos corps et esprit ne travaillent pas bien ensemble, que l'un impose à l'autre, lui reproche des tas de choses, tout le temps ! Cela ne sera pas facile tout de suite, pas dÚs le premier cycle. Il faut du temps pour vous refaire confiance. Vous vous en moquerez, vous remettrez un tampon, votre cup, et ça fera son chemin, vous aurez le temps d'y réfléchir, et vous réessayerez, et vous y arriverez.
Vous avez certainement remarquĂ© certains matins, oĂč vous aviez vos rĂšgles prĂ©cisĂ©ment en allant aux toilettes. Pas avant, pas la nuit. Vous avez dĂ©jĂ observĂ© que sous la douche ou Ă la piscine, Ă la plage, vous n'aviez pratiquement rien. « Lâeau coupe les rĂšgles » rĂ©pĂ©tons-nous. Et parfois, juste avant de faire l'amour Ă cette pĂ©riode, vous avez une petite accalmie bienvenue...
Bien sĂ»r, comme pour tout, comme pour le sexe, les relations entre les gens, votre mĂ©tier, il a fallu apprendre. Alors Ă l'adolescence, quand une petite fille devient une femme, elle devrait savoir qu'elle a le choix. Qu'elle peut faire autrement. Ensuite, elle choisira certainement une serviette pour commencer, parce que ça fait moins peur. Et puis, plus tard, elle prendra confiance, elle voudra mettre un tampon, ou une cup. Enfin, quand elle se sentira plus sĂ»re d'elle, quand elle connaĂźtra mieux son corps, et comme elle saura que c'est possible, que sa mĂšre et les autres femmes le font, elle dĂ©cidera peut-ĂȘtre de ne rien porter.
En pratique, avoir le temps d'essayer, ĂȘtre chez soi ou savoir qu'il y a des toilettes pas loin, forcĂ©ment, ça aide. Mais si d'une protection H24 nous pouvions seulement passer Ă une aide ponctuelle pour un rendez-vous dont la durĂ©e est inconnue, une prĂ©sentation qui risque de se terminer tard, un voyage particuliĂšrement Ă©prouvant, ça serait dĂ©jĂ Ă©norme. Pour notre corps, notre esprit, notre budget mais aussi pour la planĂšte ! Dans les faits, Ă chaque femme son rythme et ses habitudes, et aucune mĂ©thode n'est mieux qu'une autre. La meilleure sera celle que vous choisirez en toute connaissance de cause.
Aimez-vous, faites-vous confiance, essayez le flux instinctif libre.