Acceptons la mort et déconfinons.
30 avril 2020.
Face Ă la menace que constituait le COVID 19 lors de son apparition, le confinement Ă©tait indispensable et a Ă©tĂ©, sans aucun doute, salutaire. Il Ă©tait impĂ©ratif (i) dâinterrompre la propagation du virus, (ii) dâadapter notre systĂšme de santĂ© et (iii) dâĂ©duquer la population sur la maniĂšre de se comporter pour limiter les risques.
Malheureusement, ce remĂšde prĂ©sente des effets secondaires terribles. Lâimpact du confinement sur lâactivitĂ© Ă©conomique de notre pays est sans prĂ©cĂ©dent. Les effets psychologiques liĂ©s Ă lâisolement sont lourds, voire dramatiques. Certaines consĂ©quences du confinement seront irrĂ©versibles.
Dans ce contexte, le dĂ©bat autour du dĂ©confinement fait rage. Quand (et comment) devrions-nous dĂ©confiner ? Il est vraisemblable que le virus ne disparaisse pas Ă court terme et que son (Ă©ventuel) vaccin ne soit pas opĂ©rationnel avant de nombreux mois. DĂšs lors, la dangerositĂ© du virus demeure telle quâau premier jour. La diffĂ©rence avec le dĂ©but de lâĂ©pidĂ©mie rĂ©side dans (i) la mise Ă niveau de notre systĂšme de santĂ© et (ii) lâĂ©ducation de la population. Ces deux paramĂštres ont une incidence trĂšs forte sur la mortalitĂ© liĂ©e au virus. Nous sommes dĂ©sormais en capacitĂ© de limiter les cas mortels. Mais nous ne pouvons les Ă©luder totalement.
Alors, la question qui se pose - mais quâune certaine pudeur semble interdire de formuler clairement - est celle de savoir si nous sommes prĂȘts, pour libĂ©rer notre pays, Ă accepter que des personnes meurent du Covid 19 par lâeffet du dĂ©confinement ?
Nous le devons.
Le caractĂšre exceptionnel du virus et de ses consĂ©quences sur notre mode de vie ne doit pas nous faire oublier que la mort fait partie de notre quotidien et que nous nous devons de lâaccepter. Nous lâavons toujours fait jusquâĂ maintenant. Prenons lâexemple dâun autre virus : le VIH (Sida). Le virus a Ă©tĂ© identifiĂ© pour la premiĂšre fois en 1981 puis formellement caractĂ©risĂ© en 1983. Selon les statistiques publiĂ©s en 2018, 74,9 millions de personnes ont Ă©tĂ© infectĂ©es par le VIH depuis le dĂ©but de l'Ă©pidĂ©mie et 32 millions sont dĂ©cĂ©dĂ©es de suite de maladies liĂ©es au sida(https://www.unaids.org/fr/resources/fact-sheet). PrĂšs de 40 ans aprĂšs son apparition, aucun vaccin nâa Ă©tĂ© Ă©laborĂ©. Nous ne sommes ainsi pas parvenus Ă Ă©liminer le VIH. Nous nâavons pour autant pas interdit les rapports sexuels. Nous nous sommes adaptĂ©s. Nous avons rĂ©inventĂ© notre sexualitĂ© et gĂ©nĂ©ralisĂ© lâutilisation du prĂ©servatif. Certains diront que la comparaison ne serait pas pertinente car les virus sont trop diffĂ©rents. Prenons alors un exemple beaucoup plus gĂ©nĂ©ral : les accidents de la route. Nous ne sommes pas parvenus Ă les Ă©viter totalement. 1,3 millions de personnes meurent sur la route chaque annĂ©e dans le monde. Nous nâavons pourtant pas interdit la circulation routiĂšre. Nous avons Ă©laborĂ© des mesures de sĂ©curitĂ© et acceptons de vivre avec les risques inhĂ©rents Ă ces modes de transport. Les autres exemples, tirĂ©s des principales causes de mortalitĂ©, sont tout aussi parlants (https://www.fhpmco.fr/2019/12/12/fhpmco-causes-mortalite-france/).
De la mĂȘme maniĂšre que pour les autres risques auxquels nous nous sommes accoutumĂ©s, nous devons nous adapter face aux risques liĂ©s au Covid 19. Nous adapter pour apprendre Ă vivre avec ce virus. Vivre diffĂ©remment, certes, mais vivre quand mĂȘme. Et la clĂ© rĂ©side dans le fait dâaccepter la mort que le virus ne manquera pas de causer. Alors dĂ©confinons de maniĂšre responsable mais assumĂ©e.
Plutarque a dit : « LâinsensĂ© est plus prĂ©occupĂ© de la crainte de la mort que du dĂ©sir de vivre. »
Ne nous laissons pas tromper par la crainte de la mort et embrassons la vie avec ses dangers et ses espérances. Libérons nos vies et notre pays.













