Les noires
Mes jours s’essoufflent peu Ă peu par la monotonie du quotidien. Sous le dĂ©filement des saisons, mon corps se noie tel un navire Ă©chouĂ©. Je fond doucement sous mes flaques de sel et deviens une essence Ă©bène. Tout en me dĂ©versant sur l’écume, je reste hâtive. Je ne demande qu’une Ă©tincelle pour rĂ©animer mon feu.Â
Sous typhons et cyclones, ma flamme reste toujours indomptable. Elle est la lueur qui guide les voiliers chavirĂ©s par mes tempĂŞtes. Tous les jours, elle me consume de l’encens qui me brĂ»le Ă perpĂ©tuitĂ©.Â
Tu as beau vouloir mettre fin à mon incendie, mais je finirai toujours par renaître de mes cendres.
Les noires - Décembre 2020














