Sel des larmes
Or le jour suit son cours et les temps ont changé : Souviens-toi du halo des soleils intrépides, Qui nous plonge dans l’eau, sous les voiles limpides, Nous berce en rires francs, loin des feux du danger... Or la nuit tombe au soir dans ses peurs et ses charmes : Je vois dans ses secrets les portes de la mort, Éveillée les yeux clos, j’entends le ciel qui dort, Sur ma bouche esseulée, j’essuie le sel des larmes. Mes racines et ma chair subissent des dommages, Comme un saule pleureur, dont se répand la sève, Feuilles au vent mauvais, qui va, attise et lève, Confondant les enfers et le cri des orages, Dans un brasier ancien trop longtemps délaissé... Bois ce fragile été, tu ne fais que passer.
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