Aux corps qui ont su se trouver, aux corps qui traversent le temps, aux corps qui se reconnaissent encore malgrĂ© les saisons, malgrĂ© les blessures, malgrĂ© les silences. Aux corps qui n'ont jamais oubliĂ© le chemin de leurs mains, qui savent qu'une caresse peut parfois rĂ©parer davantage qu'un long discours. Aux corps qui ont vieilli sans cesser de s'Ă©merveiller, qui portent les traces de la vie comme on porte les rides . Aux corps qui ont appris que le dĂ©sir n'est pas seulement une brĂ»lure, mais une prĂ©sence, une confiance. Aux corps qui se cherchent encore au milieu de la nuit. Aux corps qui savent que l'amour ne se mesure ni Ă la perfection, ni Ă la jeunesse, mais Ă cette infinie capacitĂ© de revenir l'un vers l'autre, encore et encore. Aux corps qui osent la vulnĂ©rabilitĂ©, qui n'ont plus peur de trembler, de pleurer, de rire, de dĂ©sirer. Aux corps qui font de leurs cicatrices une terre fertile oĂč renaĂźt la tendresse. Aux corps qui s'aiment assez pour ralentir, pour Ă©couter le cĆur battre avant les mots, pour comprendre que la plus belle Ă©treinte est souvent celle oĂč l'on se sent enfin accueilli tout entier. Aux corps qui choisissent chaque jour de ne pas seulement se toucher, mais de se rencontrer. Parce qu'au fond, il n'existe pas de plus belle histoire que celle de deux ĂȘtres qui continuent, malgrĂ© le temps, Ă se dĂ©couvrir comme si c'Ă©tait la toute premiĂšre fois.
Nelly Delas











