On oublie que la mort existe...
Ou peut-ĂȘtre fait-on semblant.
On s'inquiĂšte pour un rien, et parfois pour beaucoup.
On rĂąle pour cinquante mĂštres Ă parcourir sous la pluie,
pour une mĂšche de cheveux coupĂ©e trop court, pour un agenda trop rempli d'obligations que l'on a nous-mĂȘmes empilĂ©es, comme si le temps Ă©tait une matiĂšre infinie, une ressource inĂ©puisable.
Et puis... il y a ce jour.
Celui qui nous rappelle que la vie est fragile.
Celui oĂč le tĂ©lĂ©phone sonne, oĂč les mots s'Ă©tranglent, oĂč le monde s'arrĂȘte.
Une personne qui nous rendait fier s'en va, une maman doit laisser sa fille,
un regard s'éteint, et avec lui, une partie de nous vacille.
Alors on se fait des promesses.
De ne plus remettre Ă demain.
De rire plus fort, d'aimer sans demi-mesure.
D'oser, d'alléger, de ne plus se laisser happer par l'illusion du contrÎle.
On se jure de choisir la lumiĂšre.
Mais la vie, cette magicienne, reprend son cours.
Les urgences factices reviennent.
Les cinquante mĂštres redeviennent une contrainte, la mĂšche trop courte redevient un drame, et l'agenda se remplit Ă nouveau, insidieusement.
Jusqu'au prochain rappel.
Et si, cette fois, on tenait parole ?
Si on choisissait vraiment, chaque matin, la lumiĂšre ?
Pas en de vaines promesses, mais en gestes concrets.
Un regard plus tendre, un café pris sans se presser,
un "je t'aime" dit sans raison, une main serrée avec intention.
Parce qu'il n'y a pas de plus grand oubli que celui de la vie elle-mĂȘme.
Et pas de plus bel hommage Ă ceux qui partent que de la vivre pleinement, ici, maintenant, sans plus jamais faire semblant.
J'ai une pensée infiniment douce et emplie d'amour pour toutes ces mamans et tous ces papas qui ont dû laisser leurs enfants trop tÎt, trop vite...
Et pour tous ces enfants qui ont dĂ» grandir d'un seul coup, portant en leur cĆur l'Ă©cho d'un amour devenu absence, mais jamais silence.