« Je n’aime pas les gens. » Et si ce n’était pas vraiment ce que ton cœur voulait dire ? Peut-être que tu ne détestes pas les êtres humains. Peut-être que tu détestes ce qu’on leur apprend à devenir. Les masques. La compétition. La peur. Les conversations sans âme. Cette obligation permanente de paraître heureux, fort, intéressant, alors qu’au fond, tant de gens sont simplement épuisés. Tu ne rejettes pas l’humain. Tu rejettes l’artificiel. Tu regardes ce monde et tu vois des êtres qui se croisent sans se rencontrer, qui parlent sans se dire, qui sourient sans être heureux. Et quelque chose en toi refuse de s’y habituer. Ce n’est pas forcément de la misanthropie. C’est peut-être une fatigue profonde face au faux. Un besoin presque viscéral de retrouver du vrai. Du simple. Du profond. Du vivant. Parce que derrière les apparences, tu le sais : les êtres humains ne sont pas forcément mauvais. Ils sont souvent blessés. Écrasés par la peur, la performance, la comparaison, le bruit. Alors tu t’éloignes. Tu fais le tri. Tu préfères parfois la solitude à une présence qui sonne faux. Et peut-être que tu n’es pas en train de devenir froid. Peut-être que tu es en train de devenir incapable de te contenter du superficiel. Le monde peut continuer à courir. Toi, tu cherches autre chose. Des regards sans masque. Des paroles qui ont du poids. Des liens qui ne demandent pas de jouer un rôle. Et un jour, tu comprendras : tu n’avais pas cessé d’aimer les gens. Tu attendais simplement de pouvoir les aimer sans mensonge. Alors tu n’es pas brisé. Tu es peut-être simplement en train de te désintoxiquer de l’artificiel… pour enfin retrouver le vrai.
















