En France, comme dans les pays anglo-saxons, la confusion est à son comble. Entre les traditionalistes de la dite "Manif' pour Tous" qui crient "Pas touche à mes stéréotypes de genre !" en exhibant leurs enfants en premiÚre ligne et la derniÚre Marche de Fiertés qui a décidé d'exiger que la notion d'identité sexuelle dans le droit français se plie sans questionnement à la derniÚre vague de l'idéologie postmoderne transgenre, une petite mise au point conceptuelle semble plus que nécessaire sur un mot que l'on entend souvent et partout, qui cristallise beaucoup de tensions et que l'on définit rarement : le genre. Au final, qu'est-ce que le genre ? Pourquoi tant de gens s'étripent à ce sujet ? Que se passe-t-il et comment peut-on faire sens de toutes ces contradictions ? Faisons donc un petit retour sur ce concept central du féminisme avant qu'il ne soit confisqué et transformé par les théoriciens postmodernes et queers. Voici comment, pour [...]
Voici comment, pour ma part et en tant que fĂ©ministe, jâai lâhabitude dâen rĂ©sumer lâenjeu :
Le genre est au sexe ce que la race est Ă la couleur de peau.
Le sexe et la couleur de peau sont des rĂ©alitĂ©s biologiques, identifiables et mesurables (organes visibles, taux dâhormones, etc.).
Par contre, la race est une des catĂ©gories formĂ©es par la pensĂ©e raciste. Câest lâidĂ©ologie selon laquelle nos aptitudes et notre psychologie sont dĂ©terminĂ©es par notre couleur de peau.
De mĂȘme, le genre est une des catĂ©gories formĂ©es par la pensĂ©e sexiste. Câest lâidĂ©ologie selon laquelle nos aptitudes et notre psychologie sont dĂ©terminĂ©es par notre sexe.
La pensĂ©e raciste Ă lâĂ©tat pur veut que le Blanc ait (entre autres) des facultĂ©s intellectuelles supĂ©rieures au Noir, qui serait plutĂŽt un ĂȘtre dâinstinct. âBlancâ et âNoirâ sont compris comme Ă©tant des essences intĂ©rieures, quâon ne peut pas dĂ©passer : on leur a donnĂ© comme marqueur de reconnaissance extĂ©rieure la couleur de peau, et on les a appelĂ© des âracesâ. La pensĂ©e raciste sert Ă lĂ©gitimer un modĂšle politique de domination des gens dâune catĂ©gorie de couleur de peau sur ceux dâautres couleurs ; en lâoccurrence, la domination des Blancs sur les personnes de couleur. On lâappelle aussi le suprĂ©macisme blanc.
La pensĂ©e sexiste Ă lâĂ©tat pur veut que lâHomme ait (entre autres) des facultĂ©s intellectuelles supĂ©rieures Ă la Femme, qui serait plutĂŽt un ĂȘtre dâĂ©motions.  âHommeâ et âFemmeâ sont compris comme Ă©tant des essences intĂ©rieures, quâon ne peut pas dĂ©passer : on leur a donnĂ© comme marqueur de reconnaissance extĂ©rieure le sexe, et on les a appelĂ©s des âgenresâ. Historiquement, on les a aussi appelĂ©s âĂ©ternel masculinâ et âĂ©ternel fĂ©mininâ. La pensĂ©e sexiste sert Ă lĂ©gitimer un modĂšle politique de domination des gens dâune catĂ©gorie de sexe sur ceux de lâautre sexe ; en lâoccurrence, la domination des hommes sur les femmes. On lâappelle aussi la domination masculine ou le patriarcat.






















