Le domaine Haut-Coteau — la famille De-Bréval
la grande table en bois recouverte d'une nappe à carreaux ; la glycine grimpant sur la façade principale ; l'odeur de la peau chauffée par le soleil ; le grand portail vert du bout de l'allée ; les sandales d'odile retournées sur l'herbe tout juste coupée ; une allée de cyprès aux aiguilles cramées par le soleil ; la grande veste de papa sur le porte-manteau de l'entrée, qu'il a promis à françois d'hériter un jour ; des bouteilles qui s'entrechoquent ; des cigales qui chantent dans la chambre d'enid, "allez, ouste!" ; un trou dans le volet qui laisse passer un rayon empoussiéré dans le salon ; le miroir de cécile oublié sur la commode ; et les boucles de joséphine sur le pallier après que marinette les ait coupées ; des mains qui plongent dans les pêches trop mûres pour en chercher l'odeur juteuse ; depuis le grenier, une vue sur la mer au-delà de la pommeraie ; "baptiste fais pas ça !" et baptiste qui recommence ; "putain ce gosse.." ; "language, enid !" ; la lampe de chevet qui grésille à cause des mouches coincées dans l'ampoule ; le rire de guillaume qu'on entend entre les branches, et celui de claire qu'il déclenche toujours, comme une chanson d'amour ; les pierres calcaire de terrasse où la mousse n'a jamais réussi à pousser ; les doigts tâchés de cerise de victoire, sur le piano désaccordé de joséphine ; des dîners de famille qui ne se prolongent bien après l'heure de coucher des petits - "enid, va dormir maintenant !"
Le domaine Haut-Coteau, c'est une affaire de famille, une institution – dans le village, les mauvaises langues diront que ce n'est rien de plus qu'une transaction, la grossière réussite du bel inconnu qui s'est approprié le verger des Cabernan, le premier jour de l'été 1995. Pourtant, elles étaient là elles aussi, à se réjouir dans leurs vêtement du dimanche, les cheveux tressés avec soin et les souliers vernis, à se presser à l'entrée de la petite église, se hissant sur leurs talons pour apercevoir au moins quelques secondes ce riche entrepreneur du continent dont la moustache élégante et le sourire charmeur avaient tôt fait le tour du village. Et quand Simon a béni cette union, que Claire a fait voler haut dans les airs son bouquet d'agapanthes, tout Brambles s'est exclamé "Vive les mariés !" en regardant Guillaume l'embrasser. L'on n'avait rien vu de pareil et l'on n'aurait jamais pensé que le petit verger d'Augustine et de Joseph deviendrait l'exploitation fruitière dont tous les habitants s'arracheraient les produits sur le marché, chaque mercredi matin.
Le domaine de Haut-Coteau, l'on y accède par le grand portail vert d'eau au pied des collines rebondies. Ceinturé d'un muret en pierre sèche, entre lesquelles les amoureux glissent toujours leurs petits mots, il est surplombé par le manoir De-Bréval que l'on peut apercevoir entre le dense feuillage de ses vergers. Très bien entretenue, la propriété accueille la famille de Claire et Guillaume – cinq de leurs enfants (l'on entendra toujours Odile soupirer rêveusement en regardant la chaise de Cécile, partie vivre avec son mari dans le centre du village), les parents de Claire, la gentille Marinette, le dévoué Rémi, les deux chiens de la famille, Polydore et Muscle, le cheval Prince et le rat Hélicoptère.
le domaine Haut-Coteaula famille De-Bréval, les deux chiens, le cheval prince, le rat hélicoptère, rémi et marinettetrigger warnings : famil
@holeysock on cherche nos soeurs, nos parents, nos amis, nos collègues... des gens humains qui vivent ensemble et font avancer cette grande entreprise qu'est le domaine Haut-Coteau, plus qu'une affaire de famille, une institution.
🍐🍋🟩🤍🍇🍊🍓🍒














