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Nina Simone (1978) : My Father
Le mouvement prolĂ©tarien aura vraisemblablement, comme les autres, ses prophĂštes et des prĂȘtres fanatiques.
Georges Palante, in Mercure de France, 1909
24 [mars 1892] - Je nantis le Mont-de-Piété de notre argenterie. Déjeuné, rue Copernic, chez une Anglaise cossue qui me présente à ses deux filles. On me parle naturellement de Bourget et de Daudet. Je déclare avec simplicité que ce sont des lectures de domestiques. Me voilà brûlé dans cette maison.
Léon Bloy, Le Mendiant ingrat

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Henry de Monfreid : Lettre Ă Armgart
OuarabillĂ©, 29/12/11 ChĂšre amie, C'est au milieu des montagnes du Tchertcher que ta lettre me trouve, apportĂ©e de D. Daoua par un courrier. En hĂąte je rĂ©ponds un mot que je vais envoyer cette nuit pour que mon papier prenne la poste de lundi. Je suis en pĂ©rĂ©grination avec ma suite qui se compose : d'un Somali et d'un Abyssin qui font office de boys et de mon esclave noire. La cavalerie se compose de 2 mulets et d'un Ăąne. Je viens d'arriver Ă l'Ă©tape ; il est 5 heures, le soir tombe. Mes boys Ă©gorgent un mouton, font du feu et le dĂźner se prĂ©pare. Le temps est frais le soir dans ces montagnes ; on dirait une fin de journĂ©e d'Ă©tĂ© en Cerdagne. Comme tu vois je mĂšne une vie bizarre et j'ai peu de regret de mes semblables au milieu de ces sauvages. J'ai su les prendre et j'en fais ce que je veux. Tu me demandes si les femmes sont jolies ? Mon Dieu, c'est affaire de goĂ»t. A mon sens elles sont fort belles. Elles n'ont rien du type nĂšgre et sont remarquablement bĂąties pour la plupart. La mienne est d'origine Somali de Guardafui. C'est une race mince et vigoureuse et en mĂȘme temps fort intelligente. Le rĂŽle de ces femmes est celui de l'esclave de l'homme. Elles chassent les mouches pendant son sommeil, elles l'Ă©ventent, et tout cela avec une patience dont nous n'avons pas idĂ©e. Elles couchent par terre pendant la nuit Ă la façon des chiens. Je suis bien aise d'avoir fait cette acquisition, d'abord par raison de santĂ©, parce que toute l'Abyssinie est syphilitique et certaines nĂ©cessitĂ©s peuvent devenir un terrible danger. Ensuite je suis moins seul et si je viens Ă ĂȘtre malade de la fiĂšvre, comme cela vient de m'arriver, je suis au moins soignĂ©. [...]
J'ai la sensation nette que tout le monde se trompe, que tout le monde est trompĂ©, que l'esprit humain est tombĂ© dans les plus Ă©paisses tĂ©nĂšbres. Exemple. Il m'arrive de penser que le cĂ©lĂšbre Microbe, explicatif de tous les maux, dont la mĂ©decine contemporaine fait si grand Ă©tat, doit ĂȘtre et ne peut pas ĂȘtre autre chose que le plus subtil mensonge du vieil Ennemi. De quoi s'agit-il, en effet, sinon de prouver (!) que toutes les causes morbides sont naturelles au lieu d'ĂȘtre spirituelles, comme l'avaient toujours cru les hommes en qui habitait le Dieu vivant ? Les physiologistes l'ont vu, ce microbe. Ils l'ont vu de leurs gros yeux. Ah ! les braves gens, qui se sont donnĂ© tant de peine pour arriver Ă ne pas comprendre que telle est la forme que prend pour eux le Principe mĂȘme du Mal, l'antique DĂ©mon qui fut un Esprit cĂ©leste, et que leur microbe est le dernier travestissement de la DĂ©sobĂ©issance ! (Le Mendiant Ingrat, Journal, 29 mai 1892)
Et mĂȘme si je nâavais pas le loisir de prĂ©parer, chose dĂ©jĂ bien plus importante, les cent masques quâil convient dâattacher Ă un mĂȘme visage, ne fĂ»t-ce que selon les yeux qui le voient et le sens oĂč ils en lisent les traits et pour les mĂȘmes yeux selon lâespĂ©rance ou la crainte, ou au contraire lâamour et lâhabitude qui cachent pendant tant dâannĂ©es les changements de lâĂąge, mĂȘme enfin si je nâentreprenais pas, ce dont ma liaison avec Albertine suffisait pourtant Ă me montrer que sans cela tout est factice et mensonger, de reprĂ©senter certaines personnes non pas au dehors mais en dedans de nous oĂč leurs moindres actes peuvent amener des troubles mortels, et de faire varier aussi la lumiĂšre du ciel moral, selon les diffĂ©rences de pression de notre sensibilitĂ©, ou selon la sĂ©rĂ©nitĂ© de notre certitude sous laquelle un objet est si petit, alors quâun simple nuage de risque en multiplie en un moment la grandeur, si je ne pouvais apporter ces changements et bien dâautres (dont la nĂ©cessitĂ©, si on veut peindre le rĂ©el a pu apparaĂźtre au cours de ce rĂ©cit) dans la transcription dâun univers qui Ă©tait Ă redessiner tout entier, du moins ne manquerais-je pas avant toute chose dây dĂ©crire lâhomme comme ayant la longueur non de son corps mais de ses annĂ©es, comme devant, tĂąche de plus en plus Ă©norme et qui finit par le vaincre, les traĂźner avec lui quand il se dĂ©place.
BIPĂDE : Rester sans idĂ©e sur mille sujets, plutĂŽt que d'accepter celles qui ont cours : prĂ©jugĂ©s, lieux communs, convictions, derniers cris. Ce choix fait mal : il blesse une tyrannie du cerveau, qui prĂ©fĂšre penser faux que laisser un vide. Une poule sait tout.
Tony Duvert, Abécédaire malveillant, 1989.
Quand on connaĂźt bien les coulisses, plus question d'aller dans la salle. Encore moins sur scĂšne. OĂč ?
Georges Perros, Papiers collés III, p. 9

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Cette diffĂ©rence quâon voit souvent chez un mĂȘme auteur entre le style de ses lettres, le style de son Journal, sâil en tient un, et le style de ses articles, de ses livres, est tout de mĂȘme une chose curieuse. On ne peut nier que le premier est supĂ©rieur au second, avec tout lâintĂ©rĂȘt du naturel, du vrai et de la spontanĂ©itĂ©. On ne peut nier que dĂšs que nous Ă©crivons un article, un livre, pour le public, en un mot, nous faisons tous plus ou moins de la rhĂ©torique, nous avons tous quelque chose dâapprĂȘtĂ©, mĂȘme ceux de nous qui sont les plus simples. Jâai pensĂ© Ă cela ce matin par expĂ©rience personnelle : le style de mon Journal â et le style de mes chroniques.
Paul Léautaud, Journal, Dimanche 23 Juillet 1922
Qualquer mĂșsica, ah, qualquer, Logo que me tire da alma Esta incerteza que quer Qualquer impossĂvel calma! Qualquer mĂșsica - guitarra, Viola, harmĂłnio, realejo... Um canto que se desgarra... Um sonho em que nada vejo... Qualquer coisa que nĂŁo vida! Jota, fado, a confusĂŁo Da Ășltima dança vivida... Que eu nĂŁo sinta o coração!
Lear.â Quel Ăąge as-tu ?
Kent.â Je ne suis pas assez jeune, seigneur, pour mâamouracher dâune femme Ă lâentendre chanter, ni assez vieux pour en raffoler nâimporte pour quelle raison.
La Limonade (Annegarn) par Plexus
Parmi l'énumération nombreuse des droits de l'homme que la sagesse du XIXe siÚcle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s'en aller.
Baudelaire, préface aux Histoires extraordinaires de Poe

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Venaille : Tragique, 1 [1]
Robin : C'est l'Úre des poétereaux...