Introduction
Bonjour Ă tous !
Bienvenue dans les Chroniques de Dimidum !
Vous trouverez ici la version corrigée et revue, ainsi que la suite des textes "La Fac".
N'hésitez pas à commenter, à donner votre avis, à m'écrire etc.
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Billet Provisoire
Bonjour Ă tous !
Simple questionâŻ; prĂ©fĂ©rez-vous lire les Chroniques de Dimidum dans cet ordre-lĂ , oĂč les billets sont anti-datĂ©s, ou souhaitez-vous que je les classe du plus rĂ©cents au plus anciens ?
Cordialement, la Biz
Chapitre 1
Les lunes de Dimidum Ă©taient pleines en ce soir de Sabbat. Comme Ă chaque fois, dâimmenses fĂȘtes Ă©taient organisĂ©es par les Mages et la FacultĂ© nây Ă©chappait pas. Chaque SororitĂ©, mĂȘme non magique, profitaient de lâoccasion pour organiser des fĂȘtes dionysiaques. CâĂ©tait lâoccasion pour les Ă©tudiants de toutes les espĂšces de se mĂ©langer.Â
 Nielbek arriva devant le bĂątiment de la fraternitĂ© Omegomongus. La vielle bĂątisse aux portes immenses vibrait dĂ©jĂ de musique. Il tenait sous le bras un balai, ornĂ© de motif de flammes, aux brins brulĂ©s, fumants encore. Il maugrĂ©a. Il Ă©tait toujours le premier arrivĂ© du groupe, ça devenait fatiguant. Il nâavait quâune envie ; se saoulĂ© toute la soirĂ©e. De toute façon, il ne pourrait rentrer quâĂ pied avec son balai en rade. Il se posa sur les marches, sortit sa pipe et commença Ă la bourrer en regardant autour de lui ; les Omegomongus Ă©tait une fraternitĂ© sportive, qui regroupaient ainsi de nombreuses disciples acadĂ©miques et tout autant dâespĂšces. Il savait quâil y aurait dâautres nains Ă ce sabbat, mais il nâavait jamais fait partie de ces pousseurs de fonte. Un brin chĂ©tif pour un nain, il avait nĂ©anmoins un physique types dâOrfĂšvres, seul son apparence dĂ©notĂ© avec les standards.Â
Un Centaure arriva en caracolant, deux Nymphes dĂ©jĂ bien enjouĂ© sur son dos. Ses derniĂšres Ă©taient trĂšs peu vĂȘtues, ce qui semblaient ĂȘtre une norme chez elles. Il sâarrĂȘta devant lâescalier et bondit en haut de ce dernier. Les Nymphes criaient. Nielbek se boucha briĂšvement les oreilles et alluma sa pipe. Lâobsession pour lâapparence des membres de Omegomongus le fatiguaient dĂ©jĂ . Une fumĂ©e bleue et une forte odeur de cannabis se rĂ©pandit autour de lui. Il sâamusa quelque instant Ă faire des figures de fumĂ©es ; ça impressionnait toujours dans ce genre dâendroit oĂč le contrĂŽle de sa personne virait Ă lâobsession. CâĂ©tait ironique, car leurs sabbats Ă©tait les plus dĂ©jantĂ©s de tout le campus.Â
Ptolemn apparu devant lui dans un craquement sonore, de la fumĂ©e sortant du sol Ă chacun de ces pas. Putain, paye ta classe. La robe du sorcier dansait en mouvement ample Ă chacun de ces pas. Il portait des chaussures en cuir Ă bout pointu, un pantalon cigarette, et un duo chemise blanche et veston aux motifs ondoyant, parfaitement assortie Ă sa robe. Il avait disciplinĂ© son afro en une sĂ©rie de twists, agrĂ©mentĂ© en leurs pointes par divers bijoux. Il sâapprocha de Nielbek, qui Ă©teint sa pipe.
-âOh tâinquiĂšte, tu nâĂ©tais pas obligĂ© de lâĂ©teindreâ
-âOarf tâinquiĂšte, câest par respect et puis ça sera dĂ©jĂ bien assez enfumĂ© comme ça Ă lâintĂ©rieur, autant tâĂ©pargner ça quand on est dehors.â
-âCâest trĂšs noble Ă toi Nielbek, mais jâai ma cape comme tu le voisâ
-âAttends, câest une cape en poils de Civette Spatiale ?! Mais ça coute une fortune !â Et dans tes cheveux, câest des amulettes en Mydrilise ? Damase Ă ce que je vois ! Et je vois quâon a sortie les Ă©meraudes allléé!â
-âBien jouĂ©, et je vois que tu as sortie ta tenue des grands soirs !â
-âEh ouais mon gars ; la classique Bottes TN, tavu, le petit chino, la titâ chemise, ambiance Lumberjack, la casquette assortie aux dĂ©tails des lacets, jâai mĂȘme Ă©tait fait faire ma barbe. Ăa change de comment je me sape pour aller en cours hein ! â
-âAttend, lĂ , ta barbe est faite?! Ptolemn sâĂ©tait reculĂ© dâun pas et dĂ©visageait du regard la barbe de Nielbek, une moue trĂšs dubitative sur les lĂšvres.
-âQuoi.â rĂ©pondit sĂšchement Nielbek.
-âNanan rien, câest juste que⊠Ton coiffeur sait que ça sâhydrate une barbe ?â
-âMais jâen sais rien moi, je vais chez les Orcs Ă cĂŽtĂ© du bĂątiment de MinĂ©rologie, ils sont pas chers, tâa une biĂšre servie pendant nan câest tranquille.â
-âOuais ok, alors dĂ©jĂ , tu vas mettre ça sur ta barbe, câest un baume dâurgence, ça va tâaider Ă la discipliner un peu. Ăa va sauver les meubles, et ensuite, je tâemmĂšne chez le coiffeur la semaine pro. Laisse-moi tâoffrir ça. Câest un centaure. Mais il sâoccupe de touts les nains qui ont les cheveux crĂ©pus comme toi que je connais, il saura comment sauver⊠çaâ... ajouta-t-il en agitant la main en rond autour de lâamas hirsute qui poussaient au bas du visage de Nielbek. Dans le mĂȘme geste, il sortit une fiole au liquide ambrĂ©.
-âOk, merci, jâvais essayer de faire genre tu mâas pas insultĂ©, mais pourquoi tu mâoffrirais un truc si cher ? Jâtâai fait quoi ? Tu veux quoi en Ă©change ?â
-âOK, je ne vais pas te vannait sur la capacitĂ© de ton peuple Ă repĂ©rer les richesses et Ă se mĂ©fier. Mais sans toi, jamais jâaurai connu EugĂ©nie !â
-âMais gros, tâa connu EugĂ©nie parce que je connais ZĂ©li, câĂ©tait ma voisine du dessus, jâai quasiment grandi avec elle. Câest sa faute si jâaime autant les engins volants. Et juste pour ça, tu veux mâoffrir un coiffeur ? Et attend voir, câest pour ça que tu tâes fait tout beau ce soir ? Wesh tâa le bĂ©guin de ouf pour elle !
-âEuh ouais, câest ZĂ©li qui a arrangĂ© les choses pour ce soir, EugĂ©nie nâaime pas trop les sabbats des Omegomongus, câest trop dĂ©cadent. Mais je nâavais pas dâidĂ©e de comment me rapprocher dâelle en restant respectueux, on nâa aucun cours en communs, on ne frĂ©quente pas les mĂȘmes bibliothĂšques, sans vous jamais je lâaurai rencontrĂ©â
-âEh bien tiens, regarde justement qui arriveâ lâinterrompit Nielbek en montrant la pleine lune ; ZĂ©li faisaient des figures aĂ©riennes avec sa Air-Board, tandis quâEugĂ©nie volait derriĂšre elle, agrippĂ©e Ă un parapluie noir. Ptolemn soupira en souriant. Nielbek grimpa sur lâune des statuts de Sphinx qui ornait les escaliers, sortit des fumigĂšnes de sa poche et les enflamma en sautillant. ZĂ©li lui rĂ©pondit en lançant moult cris, posant sa planche avec grĂące sur le sol.Â
-âYo Ptolemn, bien ou quoi ?!â lui lança ZĂ©li en lui tendant la main. Elle portait sa touffe de cheveux roux en chignon haut maintenu par un bandana. Elle portait, elle aussi, une chemise rouge Ă carreaux, avec un pantalon cargo aux nombreuses poches. Ă ses pieds, de grosses bottes. Ptolemn lui rendit son check en souriant.
-âParer Ă cĂ©lĂ©brer ce sabbat de fou ma Grande ?!â lui demande Nielbek du haut de son sphinx, tendant une pipe Ă son amie.
-âEt comment ! Jâavais mon dernier examen Ă©crit aujourdâhui, il me reste juste un oral la semaine prochaine, alors allons mettre fin Ă cette sobriĂ©tĂ© !â
EugĂ©nie atterrie en faisant trois petits sauts. Elle portait un chapeau pointu violet, un voile rose pale qui descendait en cascade sur ses Ă©paules et une robe longue droite pourpre. Les yeux de Ptolemn brillait. Nielbek et ZĂ©li Ă©changĂšrent des petits coups de coude en rigolant. Elle replaça son chapeau, et sâavança vers Ptolemn.
-âBonsoir, dĂ©solĂ© pour le retard, ZĂ©li est une catastrophe quand elle se prĂ©pare en fumant, elle a essayĂ© une dizaine de tenues.â
-âBonsoir EugĂ©nie. Ne tâexcuse pas, ça mâa donnĂ© lâoccasion de discuter avec Nielbek. Tu es trĂšs belle ce soir.â. Ptolemn souriait tendrement.Â
-âBon aller, on va pas sâĂ©terniser ici ! Go !â lança ZĂ©li en grimpant les marches.
Les quatre amis pĂ©nĂ©trĂšrent Ă lâintĂ©rieur du bĂątiment. La musique Ă©tait assourdissante. Un immense bar occupĂ© tout un pan de la piĂšce. De nombreuses crĂ©atures y Ă©tait accoudĂ©s, tenant plus ou moins bien sur leurs membres. Dans un coin, avait Ă©tait amĂ©nagĂ©s divers fauteuils et canapĂ©s, oĂč des sorciers faisaient dĂ©couvrir des sorts Ă des Succubes, dans lâespoir de passĂ© une nuit quâils nâoublieraient pas de si tĂŽt avec ces crĂ©atures Ă la rĂ©putation dangereuse. Autour dâeux, un petit escalier descendait vers un bassin au centre de la piĂšce, oĂč Nymphes et SirĂšnes dansaient en levant les bras. Si les Succubes Ă©taient habillĂ©es courts, les Nymphes et les SirĂšnes Ă©taient pratiquement nues. Un groupe de SorciĂšres, toutes divinement fines et musclĂ©es, se joint Ă elles en riant, entrainĂ© par deux incubes Ă la peau pourpres. Des faunes observaient avec une attention toutes particuliĂšre la scĂšne. La baie vitrĂ©e Ă©tait ouverte ; dehors, un groupe de Centaures se livraient Ă un combat de lutte amical contre des Orcs. PrĂšs de lâimmense feu, des nains sâĂ©tait regroupĂ©s pour faire griller de la viande, assistĂ©s par dâautres sorciers. Ils faisaient tourner de longues pipes entre eux.Â
Eugénie se rapprocha de Ptolemn, un peu intimidée.
-âOn dirait que le sabbat est dĂ©jĂ bien entamĂ©.â lui souffla Ptolemn en lui offrant la protection de son bras. Dâun mĂȘme geste, ZĂ©li et Nielbek allumĂšrent leur pipe.Â
-âBon, on va vous chercher des soft Ă boire, vous voulez bien nous trouver un coin oĂč se posait ?â
Ptolemn observa la piĂšce, ne sachant oĂč se dirigeait. EugĂ©nie tendit le bras :Â
-âRegarde, il y Ă une cursive en haut avec des tables et des fauteuils de libres, et je vois un pentacle de diminution sonore tout autour de la piĂšce, on devrait y ĂȘtre bien. Mais je ne sais pas oĂč est lâescalier qui y mĂšne.â
-âJâai la solution lui rĂ©pondit Ptolemn en souriantâ. Ils se tĂ©lĂ©portĂšrent dans un craquement. La musique Ă©tait beaucoup plus discrĂšte en haut. La cursive Ă©tait en fait en pente douce et montĂ© en spirales vers la coupole du bĂątiment. EugĂ©nie Ă©ternua.
-âPardon, je suis un peu allergique Ă la poussiĂšre de Pornaline.â
-âCâest ma faute, jâaurai dĂ» te demander avant, dĂ©solĂ©, je suis un peu nerveux.â
âPourquoiâ lui demanda EugĂ©nie en cherchant une table libre. Ils passĂšrent devant un groupe de faunes qui fumait un Ă©trange narguilĂ©.
-âEuh et bien, je crois que jâessaye de tâimpressionner. Jâai pensĂ© Ă cette soirĂ©e toute la semaine, jâai mĂȘme failli rater mon examen de Botanique, je nâarrĂȘtais pas de penser Ă toi. ON sâĂ©tait vu que deux fois auparavant, au dĂ©jeuner, grĂące Ă nos amis communs, mais je serai pas comment te le dire, tu mâa laissĂ© une impression trĂšs agrĂ©able. Et je te trouve vraiment trĂšs jolieâ bĂ©gaya Ptolemn. Il savait parfaitement ce quâil voulait lui dire, mais il avait trop peur de la faire fuir en lui parlant de coup de foudre.
-âOh, câest mignonâ lui rĂ©pondit elle en souriant, un peu gĂȘnĂ©e. Elle avait le cĆur qui battait la chamade. Sâil savait ce quâelle ressentait pour lui. Ils sâassirent sur le canapĂ© en cuir foncĂ©. Il y avait deux fauteuils du mĂȘme cuir qui lâencadrait et une table basse. Cela devrait convenir Ă leurs deux acolytes.
-âJe vais envoyer Slama indique le chemin Ă ZĂ©liâ expliqua EugĂ©nie en tapotant son chapeau. Ptolemn lâobserva avec curiositĂ©. Une petite salamandre sortit du chapeau en baillant. Regarda autour dâelle et sâenvola.
-âEst-ce que câest ton familier ?â
-âOui, on a toujours eu des salamandres dans ma famille, une sorte dâhĂ©ritage en hommage au dragon. Beaucoup dâIhmils ont des reptiles pour familiers.â
-âSympa. Je tâavoue que je ne connais presque rien sur le peuple Ihmils. Tout ce que je sais, câest que vous avez des similaritĂ©s avec les Asgyres. Il me semble quâhistoriquement il y a eu une alliance pour vous accueillir Ă la suite des guerres, non ?Â
-âOui. Les anciens Asgyres, quand ils ont appris le gĂ©nocides qui Ă©taient menĂ©s contre nous, on mit en place des vaisseaux dâĂ©vacuations. Câest la gĂ©nĂ©ration de mon arriĂšre-grand-pĂšre et de mes grands-parents. Mes parents et moi-mĂȘme sommes nĂ©s sur Dimidium. Nous nâavons pas connu la guerre, nous avons pu garder nos traditions et notre magies grĂące au soutien des Asgyres. Nous remercions GaĂŻllah pour ça.âÂ
-âCâĂ©tait sa volontĂ© de vous amener parmi nous. Si tu en as envie, jâaimerais beaucoup en apprendre plus sur ta communautĂ©, et sur toi aussi si ça ne te dĂ©range pas.â lui rĂ©pondit Ptolemn.Â
-âEn gĂ©nĂ©ral, je nâen parle pas, câest un peu un tabou. Mais nous sommes de la mĂȘme religion, et jâen confiance en toi. Je te trouve trĂšs respectueux. Et mĂȘme si jâai grandi ici, et que je suis allĂ©e Ă lâĂ©cole des sorciers, je nâai pas vraiment eux lâoccasion de frĂ©quenter des Asgyres. Et surtout, tu es le premier Alchemist que je rencontre.â
Par son compliment. Il enchaina :
-âCâest vrai que les Alchemist ne sont pas nombreux. La plupart ont suivi des prophĂ©ties annonçant le Grand Plan et ont fuis dans dâautres galaxies. Mes parents sont Asgyres, ils ne croient pas Ă ces prophĂ©ties. Du coup ma famille est la seule de toute la planĂšte Ă ĂȘtre Alchemist. Jâai grandi dans un cocon. Mes seuls contacts avec lâextĂ©rieur venaient des lieux de priĂšres. Ce nâest pas trĂšs courant chez les Alchemist de faire des Ă©tudes en dehors du Cercle, mais jâai la chance dâavoir des parents trĂšs ouverts, qui me soutiennent dans ce choix. Quant aux familiers, nous avons plus souvent des mammifĂšres ici, et câest le familier qui nous choisit. Du coup, je suis le seul dâune famille qui possĂšdent des chiens, Ă ĂȘtre accompagnĂ© par un chat. Mais Sumi ne sâest jamais laissĂ© faire, elle Ă un sacrĂ© caractĂšreâ rigole Ptolemn.Â
ZĂ©li Ă©tait accoudĂ©s au bar et les regardait discuter Ă lâĂ©tage. Ils Ă©taient mignons tous les deux. Elle espĂ©rait trouver un jour quelquâun avec qui partageaient de tels sentiments. La Salamandre dâEugĂ©nie se posa sur son Ă©paule et lui chuchota quelque chose Ă lâoreille. Elle acquiesça et chercha Nielbek des yeux. Elle aurait jurĂ© quâil se tenait debout sur le bar, il y Ă encore quelques secondes ; Slama lui mit un petit coup de tĂȘte et indiqua un immense Lycan. Nielbek Ă©tait en vive conversation avec lui, lui expliquant avec de grands gestes comme correctement utilisĂ© un Erguillet. Le Lycan lâĂ©coutait attentivement, hocha son Ă©norme tĂȘte. Il tenta une blague et se prit un coup de bottes sur le museau. Cela ne devait pas lâavoir trop blessĂ©, car il sourit de la rĂ©action de Nielbek, qui continuait de gesticuler. ZĂ©li rigola aussi. Nielbek avait grandi dans les mines, et elle sâĂ©tonnait toujours de sa capacitĂ©s Ă sympathiser avec des espĂšces aussi diffĂ©rentes de lui. Elle fit signe Ă la salamandre de veiller sur lui et de lui indiquer leur emplacement. Un VipĂ©ride sâapprocha dâelle. Sa peau jaune reflĂ©tait la lumiĂšre des candĂ©labres accrochaient au plafond.
-âQuâessst-ssce que je te sssers ?â
-â Hum, je vais prendre une biĂšre pour le nain qui ai avec le Lycan lĂ -bas, une rousse si tu as, moi je vais prendre un Snake Bite et deux jus de Betteraves sâil te plait. Je peux payer en Or ?â
-âPas de ssssoucis, jâai du change. âIl tourna complĂštement son corps pour attraper deux chopes et commença Ă tirer les biĂšres, puis regarda ZĂ©li en inclinant la tĂȘte. Il sortit sa langue bifide deux fois, posa le verre de biĂšre blonde/cidre devant elle et lui demanda :
-âSssuplĂ©ment venin ? Au fait, tu ne sssserai pas lâune des Mages qui a manifestĂ© dans le bĂątiment des Volalenns pour les droits LGBTQIA ?â
-âEuh si, on nâĂ©tait pas trop nombreuses, il y Ă quasiment une omerta instaurĂ©e par les fĂ©es sur le sujet. Mais on a eu un sacrĂ© renfort de la part des Harpenn et des Manticoreus. JâespĂšre quâon pourra faire en sorte de rendre notre SororitĂ© plus âfriendlyâ
-âContinue le combat ma ssssoeur. On a rĂ©ussssi il y Ă des annĂ©es chez les Sssmignya, et sssa Ă impacter tout le monde reptiliens. Une vĂ©ritable rĂ©volussssion. Je tâoffre tes cocktails, je te prĂ©pare quelque chose de sssympa pour les deux lĂ -haut.â
-âTu les connais ?â Le VipĂ©ride hocha la tĂȘte en commençant Ă prĂ©parer les cocktails.Â
-âLâAlchemist est en cours de Posstion avançés avec des doctorants, on est enssemble en TP mĂ©disscinale. TrĂšs respectueux, trĂšs mature pour sson age. Et sssa copine sssâest fait remarquer par sssa rĂ©activitĂ©. Une Lizzarde faizzait une crise dâhypothermie pendant un cours de desssin anatomique, et elle lâa tout de ssuite rĂ©chauffĂ© avec un ssort. Il nây avait aucuns autres reptiles dans la salle, et elle a eu la rĂ©action parfaite. Nos essspeces ne cohabite pas vraiment, alors quand quelque chose de poszitif se passent, tout le monde en parle dans la communautĂ©. Tiens, voila tes cocktails, je vais apporter sssa biĂšre au nain, ça fera 0.2ozs.â
 ZĂ©li dĂ©posa quelques pĂ©pites dâor dans la main Ă©cailleuses tendu du barman.
-âGarde la monnaie, on se revoit plus tardâ
-âMeersssiâ.
 ChargĂ© de ses trois grands verres, elle chercha des yeux un moyen de montĂ© Ă lâĂ©tage. Deux centaures, lâun portant une NaĂŻades sur le dos, le second une Succube, se dirigĂšrent vers un pentagramme de levage. Elle les hĂ©la et monta dessus avec eux. Les filles rigolaient fort, les centaures bandaient leurs muscles, et ZĂ©li regrettait de ne pas avoir rallumĂ© sa pipe pour masquer lâodeur de paille et de testostĂ©rones qui se dĂ©gageaient dâeux.Â
ArrivĂ©e Ă lâĂ©tage, elle se dirigea vers ses amis, qui rigolaient ensemble Ă prĂ©sent. Elle aimait bien voir EugĂ©nie essayait de contrĂŽler son rire en se pinçant le nez, mais visiblement, Ptolemn prenait un grand plaisir Ă faire rire cette derniĂšre. Elle sâassit avec eux, sur lâun des deux et rejoint leur discutions sur la mode.
Nielbek fut interrompu dans son explication du meilleur moyen de planer avec un Erguillet par la salamandre dâEugĂ©nie, apporter avec sa biĂšre par le VipĂ©ride. Le Lycan leva son verre pour trinquer avec lui.
-âAu savoir des Nains, qui ont visiblement beaucoup Ă apprendre Ă des ĂȘtres des forets comme nous !â
-âAu Savoir des Nainsâ rĂ©pondit Nielbek qui bu une grande rasade de sa biĂšre et se tourna vers la salamandre ;Â
-âTu peux prĂ©venir les autres quâon va se poser dehors pour fumer ? â La Salamandre soupira et prit son envol. Alors quâil allait descendre du bar pour suivre le Lycan lui proposa ses Ă©normes pattes velues.
-âWesh tâes sĂ©rieux lĂ ? Câest offensant pour les nains.â
-âOh pardon, sâexcusa le Lycan Ă la fourrure noir. Câest plus une coutume chez nous, on est pas tous des Lycans Loups, et les grands comme nous propose souvent un coup de pattes aux plus petits, comme les Alotelos.â
-âOk, jâai compris la moitiĂ© des mots de ta phrase.â rĂ©pondit sceptique Nielbek en grimpant sur le Lycan.
-âTâinquiĂšte, je vais tâen prĂ©senter, tu pourrais bien plaire Ă mon meilleur ami, câest un Alotelo, un renard quoiâ
-âWesh, chuis restĂ© dans ma grotte trop longtemps moi, jâen ai jamais vuâ
-âAhaha, câest presque normale. Lui rĂ©pondit le Lycan en sortant par la plus grande partie de la porte. En fait, sur ce continent, il nây Ă quasiment que des Lycans Loups, moi je viens dâune meute qui vivait dans le Grand Nord, et qui a Ă©migrĂ© pour sa sĂ©curitĂ© au Sud, du coup jâai grandi avec des plus petits que moi. Je suis venue avec un de mes frĂšres de meute Ă©tudiĂ© la PharmacopĂ©e ici. Lui est en Ă©cole dâInfirmier. Du coup de bases, vous voyez pas beaucoup de Lycan car la plupart font des Ă©tudes plus techniques ou directement dans lâindustrie spatial, et on sort pas beaucoup de nos meutes.â
Slama arriva Ă©puisait Ă la table dâEugĂ©nie. Elle lui fit un signe de la patte avant, debout sur ces pattes arriĂšre. EugĂ©nie sortit de la nourriture de son sac Ă mains.
-âQuâest-ce qui se passe ?â demanda ZĂ©li, sceptique.
-âEh bien apparemment, il y a eu une querelle entre fĂ©es qui la forcer Ă faire un grand dĂ©tour, et aprĂšs elle sâest prise une vague projetĂ©e par la queue dâun SirĂšne, et si jâai bien compris, il est plus difficile de volĂ© au-dessus des Orcs, car leur chaleur corporelle modifie les courants. Ah et Nielbek sâest liĂ© dâamitiĂ© avec un Lycan, ils sont dehors et nous invite Ă les suivre.â rĂ©pondit Ptolemn calmement. ZĂ©li le regarda, interloquĂ©e.
-âLes Asgyres ont aussi des familiers avec qui ils communiquent par TĂ©lĂ©pathie, je lui ai montrĂ© comment faire avec Slama en tâattendant.â ZĂ©li continua Ă les regarder, interloquĂ©e, mais souriante.
-âTu devrais tâentrainer aussiâ argua EugĂ©nie. Tu pourrais peut-ĂȘtre y arriver ?â
-âNon merci, jâai dĂ©jĂ un dĂ©mon comme familier lol, et câest assez spĂ©ciale. Il est toujours lĂ , mais on le remarque pas tout le temps. >enfin vous, parce que moi je lâentends et je lui rĂ©pondsâ rigola ZĂ©li.
-âCâest-Ă -dire ?â demande Ptolemn.
-âDĂšs que ZĂ©li est lĂ , cherche un chat noir ou un fĂ©lin noir. Câest la forme de son dĂ©mon dans cette dimension.â rĂ©pondit EugĂ©nie. Ptolemn regarda autour de lui, et remarqua que les dessous de verre reprĂ©sentait des chats noirs. Lâun dântre eux lui fi un clin dâĆil.
-âOn le rejoint du coup ? Je mangerais bien un morceau â demanda EugĂ©nie en aidant sa salamandre Ă regagner lâintĂ©rieur de son chapeau.
-âOoooh jâavoue, jâai trop faim aprĂšs cette pipe ! Et je fumerais bien avec des Lycans, ça peut ĂȘtre drĂŽle.â Les trois amis se lĂšvent et se tĂ©lĂ©portĂšrent dans le jardin. Les Lycans sursautĂšrent en les voyant soudain apparaitre. Nielbek termina de tirer sur lâErguillet et les accueillis en crachant une Ă©paisse fumĂ©e :
-âYoooo !â
-âYooooooooo !â lui rĂ©pondit ZĂ©li en tirant Ă son tour sur le Erguillet, sortant un sachet dâherbes vertes, accueilli par une slaves dâaboiement et de hurlements de la part des Lycans. Ils Ă©taient une dizaine, des Loups Gris, un immense Loup Noir, quelques Alotelos (Renard) aux pelages allant du gris au noir en passant par le roux et deux Arbiloups arborant encore leur pelage clair dâĂ©tĂ©s. Â
Nielbek, toussotant, prĂ©senta son groupe dâami aux Lycans. CanĂ© se chargea de prĂ©senter les Lycans Ă lâautre groupe. ZĂ©li nâavait pas perdu de temps et commençait dĂ©jĂ Ă Ă©changer son herbe avec dâautres, avachis sur le canapĂ©. EugĂ©nie Ă©tait restĂ©e accrochĂ© au bras de Ptolemn, se sentant ridiculement petite Ă cĂŽtĂ© de CanĂ© le gĂ©ant. Scus, lâAlotelo murmura quelque chose, sur la pointe des pieds Ă lâArbilouve et ils se dirigĂšrent vers eux.Â
-âSalut, moi, câest Scus. Dit moi si je me trompe, mais tu es bien un de ces Ă©tudiants de Potionologie qui sâintĂ©resse de prĂšs Ă son utilisation mĂ©dicale ? Il me semble tâavoir vu rĂ©viser dans la bibliothĂšque universitaire de MĂ©decine il y Ă quelque temps.â demanda Scus Ă Ptolemn. CanĂ© releva grand les oreilles, visiblement intriguĂ©. Ptolemn rigola et rĂ©pondit :
-âOui, câest bien moi, je pensais pas mettre fait remarquer ? Câest parce que je ne porte pas la traditionnelle blouse ? JâĂ©tais venue chercher des informations sur la Belladone pour mon examen de Botanique.â
-âTu tâinteresse aux propriĂ©tĂ©s Ă©tendues de la Belladone ? â SâĂ©tonna CanĂ© en remuant la queue. Les deux jeunes mĂąles commencĂšrent Ă dĂ©battre de ce sujet, Scus les observant dâen bas. Pendant ce temps, son amie Arbilouve sâĂ©tait approchĂ©s dâEugĂ©nie. Elle posa sa main sur son cĆur et se prĂ©senta :
-âSalut ! Moi, câest Eya ! Jâai cru comprendre que tu avais faim ?â lui lança-t-elle dâun ton enjouĂ©. EugĂ©nie la regarda avec un air surpris. Eya Ă©tait Ă peine plus grande quâelle, sa fourrure Ivoire et blĂ© Ă©tait partiellement cachĂ© par des vĂȘtements qui cachaient presque autant son corps que le sien. Et ce geste, elle nâavait jamais vu quelquâun qui ne soit pas religieux lâeffectuer. Elle lui rĂ©pondit en souriant et en lui rendant son salut :
-âSalut ! EugĂ©nie, comment tu sais que jâai faim ?â
-âJe te prie de mâexcuser, jâai senti lâodeur de ton estomac et jâai entendu tes gargouillements, et puis je pensais que câĂ©tait une maniĂšre sympa de sympathiser, dĂ©solĂ© si jâai commis un impair, lâĂ©cole dâInfâ mâa donnĂ© des rĂ©flexes un peu particulier.â
-âNon non il nây Ă pas de mal, et tu as totalement raisons, tu sais oĂč je peux trouver de la nourriture⊠â
-âAdaptĂ© ?â termina Eya en lui adressant un clin dâĆil.
-âOui, rigola EugĂ©nieâ
-âSuis-moi, je vais âaider, et puis si ça te dĂ©range pas on pourra en ramener pour les deux lĂ â lui rĂ©pondit Eya en indiquant de la patte CanĂ© et Ptolemn, qui riaient dĂ©jĂ ensemble. Les deux jeunes femelles sâĂ©loignĂšrent en direction des barbecues. Ptolemn suivie EugĂ©nie des yeux, bien quâengagĂ© dans un dĂ©bat passionnĂ© sur les Ă©volutions possible de la Pharma si plus de travail de collaboration Ă©tait effectuĂ© avec la Potiono. En dehors de Nielbek et ZĂ©li, quâil avait rencontrĂ© au cours de lâannĂ©e, il nâavait pas beaucoup dâamis sur le campus. CanĂ© non plus, en dehors de la communautĂ© des Lycans. CâĂ©tait agrĂ©able de pouvoir parler avec quelquâun qui ne remarquait pas votre diffĂ©rence se dire les deux mĂąles. ZĂ©li de son cĂŽtĂ© rigolait bien avec Nielbek et les autres Lycans, avachis, tous en tas sur le canapĂ©. Quand elle remarqua une sirĂšne toute seule dans un bassin un peu Ă lâĂ©cart. Elle sâexcusa auprĂšs du groupe et se dirigea vers elle. La SirĂšne la regardait avançait vers elle. Elle Ă©tait assise sur un rocher, sa queue encore dissimulĂ© dans lâeau. ZĂ©li effectua un petit pas de danse :Â
-âHĂ©, tu es toute seule ?â
-âOui, les sirĂšnes de ma SororitĂ© tenait absolument Ă venir, mais le bassin est trop chaud pour moi, jâavais besoin de me rafraichirâ rĂ©pondit-elle en montrant sa queue de baleine.
-âEt puis, dansĂ© avec autant de mĂąles qui me regarde, jâaime pas trop.â ajouta-t-elle.
-âJe te comprends, câest pour ça que jâĂ©vite de rester trop avec eux. Ils ont faim, câest dingue. Ăa fait quelques heures Ă peine que je suis arrivĂ©e, mais jâai dĂ©jĂ lâimpression que ça vire Bacchanales lĂ -dedans. Mais je suis venue avec des amis qui nâaiment pas trop ce genre dâambiance, et on a trouvĂ© le groupe de Lycans lĂ -bas, ils sont plus respectueux.â
-âJe suis entiĂšrement dâaccord avec toi. Pour moi, câest un peu trop âhĂ©tĂ©ronormĂ©â. Je serai bien venue vous rejoindre, vous avez lâair sympa, mais jâai vraiment besoin de me refroidir. Je tâai remarquĂ© dĂšs que tu tâes tĂ©lĂ©portĂ© dans le jardin, jâaime beaucoup ton parfum.âÂ
ZĂ©li sortit sa pipe en souriant.Â
-âParfum dâorigine naturel : Tu fumes aussi ?â
-âĂa mâarrive, mais je prĂšfere ĂȘtre en bonne compagnie, comme maintenant par exempleâ lui rĂ©pondit la SirĂšne en sortant une drĂŽle de pipe Ă eau. Elles se sourirent en allumant leurs calumets respectifs.
-âComment tu tâappelles ?â demanda la SirĂšne.
-âZĂ©li, et toi ?â
-âArylenn.â
-âEh bien Arylenn, puis-je tâoffrir une boisson pour accompagner ce moment ?â
-âVolontiers. Est-ce que ça te dĂ©rangerait de me ramener aussi une bouteille dâeau ?â
-âPas de soucis ma belle, un cocktail en particulier te ferait plaisir ?â, lui rĂ©pondit ZĂ©li avec un clin dâĆil. Arylenn lui sourit en ramenant ses longs cheveux verts derriĂšre son oreille. Le regard de ZĂ©li suivit le mouvement, puis coula sur ses clavicules, avant de revenir subitement sur ses yeux. Elle se mordait discrĂštement la lĂšvre. Cette sirĂšne Ă©tait magnifique. Elle avait des yeux bleu foncĂ© qui pĂ©tillait, des taches de rousseurs aussi vertes que ces cheveux qui parsemait son visage rond et une bouche Ă croquer.Â
-âSurprend moi.â
ZĂ©li passa sa langue sur ses lĂšvres et se dirigea Ă lâintĂ©rieur. Arylenn la regarda sâĂ©loignait. Elle sourit en la voyant se retourner. Elle nâaurait pas pensĂ© une soirĂ©e aussi agrĂ©able. Finalement les anciens avaient raisons, les pleines lunes de Juny Ă©taient propices aux rencontres. Elle remit discrĂštement les deux gros coquillage qui composĂ© son soutiens-gorge et maintenait son opulente poitrine, lissa son gilet en Ă©cailles. Elle profita de lâattente au bar pour se remaquiller discrĂštement.Â
ZĂ©li fendit la foule dĂ©nudĂ© Ă lâintĂ©rieur pour atteindre le bar. Tout le monde Ă©taient plus quâalcoolisĂ©. Elle nâaimait pas ce genre dâambiance. Le VipĂ©ride qui lâavait servi en dĂ©but de soirĂ©e vint immĂ©diatement Ă sa rencontre.Â
-âQuâesst-sce quâil te faut ?â
-âĂcoute, jâai rencontrĂ© une sirĂšne etâŠâ
-âSsssay no more.â la coupa le VipĂ©ride en effectua un petit geste de la main. Il sortit divers bocaux aux couleurs farfelus et lui composa un cocktails. Il dĂ©posa le breuvage ainsi quâune gourde dâeau Ă cĂŽtĂ© dâelle.
-âComment tu a su pour lâeau ?â
-âUne SsssirĂšne qui sssâĂ©loigne pour rester dans le basssin arctic ? Elle Ă probablement sssoif en plus dâavoir chaud. Je connais mon mĂ©tier mademoiszelle !â lui rĂ©pondit-il en souriant.
-âJe te remercie, combien je te dois ?â
-âCsssâest pour moi. Par contre, jâai remarquĂ© que vous vous ĂȘtes Ă©loignĂ©s avec ton groupe dâamis ; restez Ă lâĂ©cart, jâai entendu parler dâune embrouille qui allait Ă©clater. Je te fais sssigne sssi ssa dĂ©gĂ©nĂšre, que vous ayez le temps de partir.â Elle le remercia en tapant deux fois sur sa poitrine, et se tĂ©lĂ©porta dehors. Arylenn sursauta en la voyant revenir si vite, avec une boisson bleu vif.
-âLe Barman nous a composĂ© ça, il mâa dit que tu devrais apprĂ©cier.â De minuscules mĂ©duses flottaient Ă lâintĂ©rieur de la boisson. Un verre, deux pailles. Arylenn sourit.Â
-âEt du coup, tu Ă©tudies quoi ?â
-âJe suis en Soins des crĂ©atures magiques.â
-âOh tiens, comme ma coloc !â
-âEt toi ?â
-âDĂ©monologie, jâai pas vraiment eu le choix, jâai Ă©tĂ© choisitâ
-âWow, impressionnant, tu es la premiĂšre DĂ©moniste que je rencontre ! Tu es une sorciĂšre du coup ?â
-âEt toi la premiĂšre sirĂšne avec une queue de baleine que je rencontre. Vous ĂȘtes toutes aussi belles ?â
-âAhaha, tu cherches Ă me sĂ©duire câest ça ? Câest vrai que câest rare quâon aille Ă©tudier aussi loin de nos tribus, mais on avait vraiment besoins de quelquâun pour devenir vĂ©tĂ©rinaire avec out ce qui se passe.â
-âSi jâarrivais Ă te sĂ©duire, ça serai vraiment une bonne soirĂ©e. Du coup, tu viens dâoĂč ? â rĂ©pondit ZĂ©li.Â
-âDu grand Nord, et toi ?â
-âJâai grandi ici. Nielbek Ă©tait mon voisin, et jâai connu EugĂ©nie, la sorciĂšre en pourpre que tu vois lĂ -bas, pendant mes annĂ©es Ă lâinternat pour SorciĂšres. AprĂšs ça on est venue Ă©tudier ici, et ça mâa fait trop plaisir de retrouver mon pote Niel ! Et comme ça jâai rencontrĂ© Ptolemn, il est cool. Et ce soir, on a sympathisĂ© avec les Lycans. Quelques-uns sont en mĂ©decine, mais le groupe que tu vois partir en titubant sont tous en Ă©tudes MinĂ©ralogie. Mais depuis que je suis arrivĂ© Ă la FacultĂ©, tu es dĂ©finitivement la meilleure rencontre que jâai faite.â Arylenn lui sourit en regardant dans ses yeux. Elle posa ses lĂȘvres sur lâune des deux pailles, prit une gorgĂ©e du cocktail et rĂ©pondit :
-âJe nâai pas trop eu lâoccasion de rencontrer du monde en dehors des Leukosys, et je suis clairement pas trĂšs fan de leur mentalitĂ©. Je pense me prendre un bassin Ă moi en ville lâannĂ©e prochaine. Histoire de pouvoir me retrouver. Alors faire ta connaissance, alors que jâhĂ©sitais Ă quitter ce clan, ça me conforte dans mon idĂ©e quâil vaut mieux parfois avancĂ© Ă contre-courant. On y fait de trĂšs jolies rencontres.â.
EugĂ©nie observait la conversation au loin, heureuse de voir que ZĂ©li faisait enfin une rencontre qui avait lâair sĂ©rieuse. Elles venaient de terminer de manger. Eya et elles nâavaient pas arrĂȘtĂ© de papoter, assise sur deux chaises, observant CanĂ© et Ptolemn qui nâarrivaient pas Ă finir leurs repas tant ils Ă©taient Ă©pris dans leurs conversations. Il ne restait du petit groupe dâorigine quâeux quatre, Nielbek et Scus. Les deux petits mĂąles sâĂ©taient lancĂ©s dans une conversations consistant Ă noter les diffĂ©rents mĂąles prĂ©sent Ă cette soirĂ©e, y allant gaiment de leurs petits ragots acerbes. Soudain, CanĂ©, Eya et Scus se redressĂšrent, leurs oreilles tendus. CanĂ© sâĂ©tait instinctivement rapprochĂ© de Eya, cette derniĂšre tenant par le bras EugĂ©nie. Scus se leva sur lâaccoudoir du canapĂ©. Tous trois Ă©taient silencieux et humaient lâair. Ptolemn regarda EugĂ©nie qui semblait dĂ©sormais inquiĂšte, puis Nielbek, qui fronçait les sourcils. Lâambiance venait de changer radicalement.
-âMec, ça va ?â demanda-t-il alors Ă Scus.
-âNon, il y Ă quelque chose qui cloche. Ăa sent pas bon.â lui rĂ©pondit CanĂ© en lui faisant un signe de la patte pour se regrouper.
-âOn devrait partir, oĂč est ton amie, la SorciĂšre ?â demanda Eya Ă EugĂ©nie. EugĂ©nie tourna la tĂȘte en direction du bassin. Slama sortit prĂ©cipitamment de son chapeau. Le VipĂ©ride qui les avait servis toute la soirĂ©e agitait sa langue en lâair. Slama fonça vers le couple de jeunes femelles. Alors que les deux jeunes femelles se rapprochaient de plus en plus lâune de lâautre, discutant, une nuĂ©e de Harpies commença Ă tourner autour de la fraternitĂ©. Slama commença Ă gesticuler devant elles ;Â
-âJe ne te comprends pas, essaye de mimer ce qui se passe.â lui dit ZĂ©li.
-âPas besoin, jâai compris le message. Le VipĂ©ride au Bar, il dit : BARREZ-VOUS.â. Lâinterrompit Arylenn. Slama hocha la tĂȘte vigoureusement. ZĂ©li rĂ©flĂ©chi une seconde et dit Ă Slama :
-âMare des rĂȘvesâ. La salamandre reparti en volant aussi vite quâelle le pouvait. Arylenn observait les Harpies descendent avec apprĂ©hension.Â
-â La mare des rĂȘves est Ă une vingtaine de minutes dâici, elle est rĂ©putĂ©e pour ĂȘtre trĂšs froide, et câest dans un coin tranquille. Il y Ă sabbat des Raskers pas loin, câest trĂšs tranquille, et on pourra y chercher Ă boire. Ăa te va ? â Expliqua ZĂ©li en se tournant vers Arylenn. Elle plongea et demanda :Â
-âMais comment tu vas me suivre ? Tu devrais retourner avec tes amis, et on se rejoint au bord de la mare.â. ZĂ©li rit, sâagenouilla Ă hauteur du bassin :
-âNon ma belle, je te laisse pas toute seule ce soir, jâai ma planche, je peux voler Ă tes cĂŽtĂ©s.â Arylenn sâapprocha dâelle et dĂ©posa un baiser furtif sur ses lĂšvres avant de plonger et de rĂ©apparaitre dans la riviĂšre qui coulait en direction du campus un peu plus loin.
-âTu viens ?â ZĂ©li se mordit la lĂšvre en souriant, appela sa planche dâun geste de la main et se dirigea vers Arylenn. Elle sentait son cĆur battre si fort dans sa poitrine ; en un an sur le campus, jamais elle nâavait pu se rapprocher autant dâune autre femelle. Elle se sentait tellement bien avec elle. Ce sabbat avait finalement quelque chose de magique.
Slama arriva en papillonnant des ailes, la gueule grande ouverte vers le groupe. Dâune mĂȘme voix pressĂ©es, EugĂ©nie et Ptolemn sâĂ©criĂšrent ;Â
-âOn bouge maintenant, la mare des rĂȘves.â Les Lycans levĂšrent des sourcils interrogatifs.
-âJe sais oĂč câest, suivez-moi !â rĂ©pondit Nielbek en se levant du canapĂ©. La troupe sâĂ©loigna rapidement du bĂątiment oĂč des cris commençait Ă remplacer la musique.Â
Arylenn sautait rĂ©guliĂšrement en dehors de la riviĂšre, toujours au cĂŽtĂ© de ZĂ©li, qui faisait glisser sa planche Ă la limite de la surface de lâeau, les deux femelles riaient, lâair et les embruns caressant leurs peau. Elles arrivĂšrent les premiĂšres Ă la Mare. Cette derniĂšre Ă©tait situĂ©e au cĆur de la frets, dans une clairiĂšre. Bien que les lunes Ă©clairĂ©s le campus, des Ă©tudiants avaient disposĂ© des lampions remplis de lucioles le long des arbres qui entourĂ©s la mare. Lâambiance avec quelque chose de magique. Les deux jeunes femmes sâarrĂȘtĂšrent, essoufflĂ©es. ZĂ©li sauta de sa planche et plongea dans lâeau. Elle Ă©tait Ă moitiĂ© immergĂ©e. Arylenn sâapprocha dâelle.
-âMais, tu vas ĂȘtre trempĂ©s si tu coninue Ă avancer vers moi.â lui dit, surprise Arylenn.
-âJe nâen fiche, je ferai sĂ©cher mes vĂȘtements. La mare est Ă une trentaine de minutes de marches, on a un peu de temps seules avant que mes amis arrivent.â lui rĂ©pondit ZĂ©li en sâenfonçant dans lâeau. Elle avait Ă prĂ©sent de lâeau jusquâau menton.
-âMais tu vas attraper froid !â rĂ©pondit Arylenn en sâapprochant de ZĂ©li. ZĂ©li commença Ă nager doucement vers elle. Elle comprit alors.
-âAlors tu vas pouvoir te rĂ©chauffer dans mes brasâŠâ termina Arylenn tandis que ZĂ©li se rĂ©fugiait contre elle. Elles nâavaient pas rĂ©alisĂ© leurs diffĂ©rence de taille jusquâĂ ĂȘtre dans les bras lâune de lâautre. ZĂ©li se dĂ©tendit alors que la main dâArylenn descendait le long de son dos. Sa queue lâa maintenant un peu en dehors de lâeau. Elle rĂ©alisa quâelle ne sâĂ©tait jamais senti autant apaisĂ© que dans les bras de cette sirĂšne. Arylenn caressa les cheveux de ZĂ©li qui sâĂ©chappaient en bataille de son chignon. Elle avait lâimpression que son cĆur allait sortir de sa poitrine. Jamais elle nâavait ressenti dâattirance pour une autre SirĂšne. Mais cette sorciĂšre lui faisait dĂ©couvrir des sensations insoupçonnĂ©es en elles. ĂclairĂ© par la douce lumiĂšres des lucioles, les deux femelles sâembrassĂšrent tendrement.
CanĂ© marchait au cĂŽtĂ© de Ptolemn. Ils Ă©taient les deux plus grand du groupe et avait dĂ©cidĂ© de fermer la marche. Ils Ă©taient Ă prĂ©sent suffisamment loin du bĂątiment des Omegomongus pour ĂȘtre en sĂ©curitĂ©. Ils avaient repris leurs discussions avec toujours autant de passions. Ptolemn Ă©tait heureux de cette soirĂ©e. Il sâĂ©tait beaucoup rapprochĂ© dâEugĂ©nie ; elle lui avait jetĂ© des regards toute le soirĂ©e, lui souriant, venant lui demander sâil sâamusait autant quâelle. Il se sentait vivant, amoureux. Jamais encore il nâavait ressenti des sentiments aussi fort pour une femme. Il sourit Ă EugĂ©nie quand cette derniĂšre se retourna. CanĂ© lui
 demanda :
-âTu es amoureux de cette jeune sorciĂšre non ?â Ptolemn le regarda avec des yeux surpris.Â
-âDĂ©solĂ©, je tâai vu la regarder en souriant toute la soirĂ©e. Ton cĆur sâemballe quand elle vient te parler, et tu as une odeur particuliĂšre. Et tu a lâair plus serein aussi quand elle est prĂšs de toi.â Ptolemn rigola. Il sâassura que les deux femelles Ă©taient suffisamment loin devant eux pour rĂ©pondre Ă CanĂ© :
-âOui, tu as raison, tu mâas eu mon frĂšre. Jâai eu le coup de foudre pour elle quand je lâai vu la premiĂšre fois. En fait, ZĂ©li et Nielbek ont pratiquement grandi ensemble, et ZĂ©li et EugĂ©nie se sont rencontrĂ© Ă lâinternat. Jâai rencontrĂ© Nielbek le premier jour du cursus de Potiono. On a direct accrochĂ©s ensemble. Et câest comme ça quâil y Ă trois semaines, on sâest retrouvĂ© Ă dĂ©jeuner tous les quatre ensembles. Et elle mâa Ă©blouie. Je savais pas quoi dire, jâĂ©tais subjuguĂ©. La seconde fois quâon sâest vu, câest Ă peine si jâai rĂ©ussi Ă faire une phrase complĂšte. Nielbek lâa remarquĂ©, et il en a parlĂ© Ă ZĂ©li, qui a manigancĂ© pour quâon puisse se retrouver tous les deux ce soir. Je nâavais jamais autant passĂ© de temps avec elle, jâai lâimpression dâĂȘtre sur un nuage. â CanĂ© lui sourit en retour. Mon frĂšre. Ces mots-lĂ avait pour lui un sens fort. Depuis quâil Ă©tait arrivĂ© dans la FacultĂ©, il nâavait pas eu lâoccasion de discuter avec des ĂȘtres Ă le peau aussi foncĂ© que la sienne. Les codes de sa culture lui manquaient, et il Ă©tait heureux de pouvoir les partagĂ©s avec cet humain, qui lâavait accueilli plus chaleureusement que les Lycans de sa promotion. Â
-âJe suis dĂ©solĂ© de tâavoir accaparĂ© une partie de la soirĂ©e, jâai rarement lâoccasion dâavoir des conversations aussi intĂ©ressantes et pointu avec quelquâun.â lui rĂ©pondit CanĂš en baissant les oreilles.
-âOh non ne tâexcuse pas. Câest pareil pour moi, je veux dire en dehors de Nielbek et encore, jâai rarement lâoccasion dâavoir des conversations aussi poussĂ©s. Et puis ça fait du bien de pouvoir rire de certaines choses, tu vois ce que je veux dire. Et en parlant de sentiment, tu as remarquĂ© que la Renarde qui parle avec EugĂ©nie a le bĂ©guin pour toi au fait ?â
-âQuoi ? Pardon ? Tu dĂ©lires ? Et ce nâest pas une renarde, mais une Arbilouve. Et non, câest pas possible, ce quâelle me trouverait de toute façon non, tu te trompes, je tâassure, câest pas possible, pas moi non. Je suis trop grand, trop noir pour lui plaire non non.â
-âOuh lĂ , ça fait beaucoup de mots pour me contredire. Alors primo, de tout les Lycans prĂ©sent ce soir, y comprit votre ami Scus, tu es le seul Ă qui elle a apportĂ© Ă manger. Elle est allĂ©e te chercher Ă boire toute la soirĂ©e, et elle te regarde sans cesse. Secundo ; tu nâes pas trop grand ou trop noir. Câest des conneries que les jaloux raconte. Tu es trĂšs bien telle que tu es, et câest probablement parce que tu es si diffĂ©rent des autres Lycans que tu lui plais. Tertio : je vais pas te dire que tu devrais avoir plus confiance en toi. Moi-mĂȘme il mâa fallu du temps pour mâassumer et me revendiquer. Je sais ce que câest que dâĂȘtre âle seul de son sous-genreâ. Câest un processus qui prend du temps. Mais si tu as envie dâen parler, et que tu tesens pas de tâouvrir Ă tout ça face Ă tes semblables, sent toi libre de le faire avec moi. Et sâil sâavĂšre que jâai tort au sujet dâEya, je te paye un resto ! Et sâil sâavĂšre un jour que jâavais tort, je te paye un resto ?â
-âAhaha, ça va te couter cher ça mon frĂšre, je suis encore un Lycan en pleine croissance ! Mais tu as peut-ĂȘtre raisons. Câest vrai quâelle est jolie. Câest Scus qui me lâa prĂ©sentĂ©, on a grandi ensemble lui et moi, mĂȘme si on vient de sous-espĂšces diffĂ©rentes, et quâon a pris des chemins de vie diffĂ©rent. Ils font lâĂ©cole dâinfirmiers ensemble. Jâaurai dĂ» me douter quâil avait une raison de faire çaâ.
Eya et EugĂ©nie avaient papotĂ© toute la soirĂ©e. EugĂ©nie adorait sa colocataire ZĂ©li, mais ça nâĂ©tait pas vraiment la Fille avec qui parlait de cuisine, et de mariage ou de futures familles. Eya partageaient cela avec elle.
-âEya, je peux te poser une question indiscrĂšte ?â
-âOui, vas-yâ
-âQuand tu mâas parlĂ© la premiĂšre fois, tu as fait ce geste de la main sur le cĆur, et jâai remarquĂ© que tu tâhabillais toi aussi de maniĂšre pudique. Il y Ă une raison Ă tout ça ?â
Eya rigola doucement :Â
-âJe peux bien te le dire, je pense pas que câest toi qui Ă©mettras un jugement de valeurs ; je suis orpheline et jâai Ă©tait Ă©levĂ© dans un couvent de FĂ©es Soignantes. Mes sĆurs ont dĂ©cidĂ© dâentrer dans les ordres et sont partis dans le Sud, mais jâai prĂ©fĂ©rĂ© suivre un cursus dâInfirmiĂšre plus classique. Jâai grandi coupĂ©s des autres Arbiloups, mais quand je vois la plupart dâentre des miennes... Je sais pas comment expliquez ça, je ne me reconnais pas dans leurs comportements. Je ne comprends pas pourquoi elles sont si bruyantes. La seule personne avec qui jâai rĂ©ussi Ă ĂȘtre ai, câest Scus. On Ă©tudie ensemble. Et Ă cause de son orientation sexuel, il se fait rejeter comme moi par les Lycans de ce pays.â
-âJe comprends. Merci de tâĂȘtre ouverte Ă moi. Je tâavoue que je me sens aussi un peu seule. Jâadore ZĂ©li, on se connait depuis nos 11 ans, mais jâai pas grand-chose en commun avec elle. Je serai trĂšs heureuse de pouvoir boire un thĂ© de temps en temps avec toi !â
-âAvec plaisir ! Je termine mes examens le mois prochains. AprĂšs ça on pourra se poser en terrasse et nos bĂ©guins pour ces grands gaillardsâ lui rĂ©pondit enjouĂ©e Eya, en se retournant pour sourire Ă CanĂ©, qui lui rendit maladroitement son sourire. Â
-âQu-est-ce que tu veux dire ?â demanda EugĂ©nie en rougissant.
-âOn est capable de sentir ce genre de choses en tant que Lycan. MĂȘme si Ă force je pense que CanĂ© aurait besoin de sous-titres.â
EugĂ©nie vĂ©rifia par-dessus son Ă©paule si Ptolemn pouvait lâentendre et confessa :
-âJe crois que jâai eu un coup de foudre pour lui. Câest Nielbek qui me lâa prĂ©sentĂ© et je sais pas, mon cerveau sâarrĂȘte de fonctionner quand il est lĂ . Je me suis jamais intĂ©ressĂ© aux mĂąles, jâĂ©tais trop concentrĂ© sur mes Ă©tudes et ma religion, mais lui⊠Il est parfait.â
Les deux femelles pouffĂšrent en sâenfonçant dans la forets.Â
Nielbek menait la marche, beuglant des chansons paillarde avec son nouvel ami Lycan.
-âOn en a encore pour 5 min de marche Ă partir dâici.â. Scus sortit deux champignons de sa veste, et en tendit un Ă Nielbek.
-âTiens, câest marrant et pas trop violent, je les gardais pour un moment spĂ©cial avec CanĂ©, mais je pense quâil nâen aura finalement pas besoin ce soir. Et puis jâai bien envie de voir Ă quoi tu ressembles quand tu planes ; ça vomit des arc-en-ciel les nain gay ?â lui dit-il en lui enserrant lâĂ©paule. Nielbek lança un regard interrogatif Ă son nouvel ami ;
-âComment tu sais ça ?! Jâen ai Ă peine parlĂ© Ă ZĂ©li. â lui chuchota Nielbek en mĂąchouillant.
-âNe tâinquiĂšte pas, ton secret est bien gardĂ© avec moi. Jâen suis aussi. Et je sais pas si câest pareil chez les nains, mais câest dĂ©licat de faire son coming-out parmi les Lycans de ce continent. Ah et je le sais parce quâon a passĂ© la soirĂ©e Ă parler de mĂąles.â
Les deux mĂąles explosĂšrent de rire.
Le petit groupe Ă©tait arrivĂ© Ă la Mare. ZĂ©li Arylenn se sĂ©parĂšrent dans un dernier baiser. Arylenn transporta ZĂ©li dans ses bras jusquâa un rocher. ZĂ©li grimpa dessus et sâagenouilla et embrassa une derniĂšre fois la belle SirĂšne. Dâun claquement de doigts, en fi sĂ©chĂ©s sa robe. Ses cheveux sâĂ©chappĂšrent dans un petit soulĂšvement de vapeurs en une afro aĂ©rĂ©s. Arylenn interrompit la tentative de baiser en voyant Nielbek et Scus arrivaient en sautillant :
-âOn va se revoir hein ?â
-âBien sĂ»r que jâai envie de te revoir, jâai envie dâapprendre Ă te connaitre !â
ZĂ©li salua son groupe et leur prĂ©senta Arylenn. Cette derniĂšre proposa dâaller chercher des boissons. Eya et EugĂ©nie se proposĂšrent pour aider, mais Arylenn leur expliqua quâelle avait accĂšs Ă un bar secret dans le fond de la mare. Pendant ce temps-lĂ , CanĂ© avait trainĂ© un tronc dâarbres pour en faire un siĂšge, et Ptolemn allumait un feu pour rĂ©chauffer tout le monde. Scus et Nielbek courait dans les bois en riant. La soirĂ©e se terminait finalement dans une ambiance douce et agrĂ©able, quâaucun nâaurait soupçonnĂ©s.Â
Chapitre 2
-âMeuf, je stresse tellement pour aujourdâhuiâ maugrĂ©a EugĂ©nie en essayent dâajuster son bandana sous son chapeau pointu. ZĂ©li passa la tĂȘte par lâembrasure de leurs salles de bain, sa brosse Ă dents coincĂ©s dans sa bouche couverte de mousse et agita un doigt en direction de son amie : le bandana sâajusta parfaitement sous le chapeau, les petites mĂšches de cheveux bien calĂ©s en dessous.
-âCâest impressionnant, depuis quâon se connait tu as toujours eu plus de facilitĂ©s que moi Ă coiffer les cheveux, comment ça se fait ? â Demanda EugĂ©nie en se tourna vers sa colocataire. Cette derniĂšre cracha dans le lavabo et sortie de la salle de bain en frottant une serviette dans ces cheveux.
-âBah faut dire jâai eu de quoi mâentrainer â une tignasse frisĂ©e rousse sâĂ©chappa de la serviette. âJe ne peux rien en faire, ils ont leur vie propre. Tu vois cette raie ridicule au milieu, pas moyen de la changer de place. Ăa fait 25 ans que jâessaye de faire quelque chose de mes cheveux, et mĂȘme la magie ne mâaide pas. Mais au moins, je maitrise bien la tĂ©lĂ©kinĂ©sie en gĂ©nĂ©ral. Dommage que je nâai pas tes talents culinaires.â
EugĂ©nie rie en lançant le cafĂ©. ZĂ©li enfila une robe longue noire Ă bretelles fines et vint sâassoir Ă cĂŽtĂ© de sa colocataire.
-âBon, dit moi ce qui te fais peur.â
-âJâai deux examens ; un en droit et juste aprĂšs en Dragonisterie, et celui-lĂ je le sens pas. Jâadore les crĂ©atures magiques, mais les dragons, câest une autre paire de manches. Ils mâimpressionnent avec leurs capacitĂ©s de tĂ©lĂ©pathie et leurs immenses connaissances.â
-â Je te comprends, mais voit ça comme un avantage ; tu fais un double cursus en droits et crĂ©atures magiques, ça devrait les intriguer, tu as dĂ©jĂ des convictions trĂšs fortes. Câest une approche Ă lâopposĂ© des autres personnes dans ton cursus, qui veulent juste travailler avec des dragons, je pense que ça peut jouer en ta faveur, surtout si tu tombes sur Apalala. Il apprĂ©ciera ça, et puis, câest juste un examen de physiologie non â
-âEuh oui, mais comment tu sais tout ça ?â
-âBah tu sais, la SirĂšne quâon a croisĂ© au sabbat des Omegomongus ?â
Eugénie acquiesça en buvant une gorgée de café.
-âBah on sâest bien rapprochĂ© pendant la soirĂ©e, avant que vous nous rejoigniez Ă la mare. Et hier on a passĂ© la journĂ©e Ă discuter via boules de cristal. Elle stresse aussi pour lâexamen, les dragons terrestres, câest pas son fort. Je la rejoins pour manger Ă midi, si tu veux te joindre Ă nous ?â
Un chat calicot entra pas la fenĂȘtre. Il portait dans sa gueule un petit morceau de papier.
-âCâest le chat de Ptolemn ?â sâĂ©tonna ZĂ©li.
-âHi hi, oui, il mâa envoyĂ© des fleurs hier dâailleurs, pour que je puisse me faire une infusion. Il avait peur que jâai attrapĂ©e froid lors de la soirĂ©e. Je crois quâil se passe quelque chose avec lui. Mais jâai aucune idĂ©e de comment faire⊠â
-âFaut dire, Ă lâĂ©cole, tu nâĂ©tais pas trĂšs intĂ©ressĂ©e par les garçons. Je pense pas que ça soit trĂšs diffĂ©rent de mes relations, je pourrais peut-ĂȘtre tâaider ? Et je pense que tu as de la chance quâil ait son propre appartement !â
-âOuhla, on en est pas encore lĂ ! Ah moins que tu nâaimes plus vivre avec moi ?â sâoffusqua faussement EugĂ©nie
-âNon, câest pas ça, mais tu vois dans ma relation naissante, je me heurte au fait que les sirĂšnes nâaime pas trop voir des terrestres trainĂ©es dans leurs souterrains et dans leurs bassin, et câest donc un peu dĂ©licat de trouver des endroits oĂč pouvoir parler tranquillement avec Arylenn. Au moins avec son propre appart, vous avez un endroit safe en dehors des ragots du campus. Je me demande Ă quoi ressemble son appart ; jâimagine un petit trou remplis de bouquins et de papiers, avec des fioles qui fument dans tout les sens.â EugĂ©nie rougit en lisant le message :
-âIl organise une soirĂ©e chez lui, câest une invitation officielle. Il prĂ©cise aussi que tu es la bienvenue avec ton amie. Il possĂšde une piscine reliĂ©e au rĂ©seau souterrains marins, au moins vous pourriez avoir de âlâintimitĂ©â. Et il demande ce quâon fait ce midi.â
-âEt ça, ça suffit Ă te faire rougir ?â
-âEn fait, Sumi Ă ajouter un commentaire tĂ©lĂ©pathique, comme quoi il serait vraiment vraiment trĂšs touchĂ© si jâacceptais de venir le voir.â EugĂ©nie termina son cafĂ© et attrapa son sac Ă dos.
-âHonnĂȘtement, je pense pas que Ptolemn tentera quoique ce soit dâinconvenant. Il est aussi religieux que toi, et je pense que câest ce qui fait quâil ne veut pas ĂȘtre dans une fraternitĂ©, il y Ă trop de dĂ©rives. On en reparle cet aprĂšs-midi ? Tu mâenvoies un hibou quand tu sors de ton examen, je passe la matinĂ©e Ă la bibliothĂšque, jâai mon oral final de DĂ©monologie cet aprem.â
-âĂa marche, bonne rĂ©vision.â lui souhaita chaleureusement EugĂ©nie. ZĂ©li sortit de leur appartement, traversa un couloir recouvert de bois et ouvrit une porte qui donnait sur le vide. Elle tendit la main et sa planche de Airboard arriva Ă sa hauteur. Elle grimpa dessus et glissa jusquâa sa destination. Elle aimait bien le campus de sa ville ; une grande riviĂšre reliĂ©e tous les bĂątiments pou permettre aux aquatiques de se dĂ©placer. Il nây avait pas de bitumes comme certaines universitĂ©s modernes, ce qui en faisait un lieu de prĂ©dilection pour les Centaures et les Faunes. Ils se retrouvaient gĂ©nĂ©ralement en grands groupes avec des elfes et des fĂ©es dans les forets qui jouxtait lâentrĂ©e des mines. Elle sâamusait Ă chaque fois de voir comment la sociĂ©tĂ© avait changĂ©. Il y Ă encore 50 ans, jamais on aurait pensĂ© quâun Centaure puisse faire des Ă©tudes de MinĂ©ralogie, oĂč quâun Nain face de la DĂ©monologie. Ou encore que les SirĂšnes aillent dans les mĂȘmes campus que les Harpies. Mais son universitĂ© avait rĂ©ussi Ă prouver au monde magique quâune entente Ă©tait possible, dans une sociĂ©tĂ© adaptĂ©e Ă tous. Alors quâelle descendait doucement vers la bibliothĂšque souterraine, elle se fit quasiment renversĂ© par un nain sur un balai. Il sâarrĂȘta juste avant le mur et descendit pĂ©niblement de son engin. ZĂ©li sauta agilement de sa planche, qui reparti dans les airs.
-âBah alors Nielbek, tu testes une nouvelle monture ?â
-âMâen parle pas ma sĆur, jâai refait les branches de mon balai, tâsais comme je lâavais cramĂ© pendant le dernier sabbat. Il pousse de ouf maintenant, faut que je raccourcisse le manche pour plus de maniabilitĂ© avant de me faire tuer. Tâa pas idĂ©e comment je me suis fait insulter par les fĂ©es de ta SororitĂ© en passant trop prĂȘt de leurs douches. Jâessayais juste dâĂ©viter de rencontrĂ© dans une Harpie, elles mâintĂ©ressent pas de toute façon.â
-âTu viens rĂ©viser tes potions ?â
-âOuais, et toi, quâest-ce-que tu fais ici ?â
-âJe suis liĂ© Ă un DĂ©mon du 7e cercle, et il affectionne venir dans la bibliothĂšque des Nains, quelque chose avoir avec les anciennes Ă©nergies. On va en profiter pour bosser un peu avant mon oral.â
ZĂ©li et Nielbek descendait lâescalier colossal qui menait dans les profondeurs de la bibliothĂšque.
-âAu fait, jâai reçu un message dâun goĂ©land. Eh la vache, câest grand ces trucs-lĂ , limite je pourrais le chevaucher pour aller au bar. Bref, le piaf mâapporte son message et ça dit un truc du genre DĂ©sole de tâimportuner, je sais que câest pas commun pour nos deux espĂšces de se cĂŽtoyer, mais je te vois passer tous les jours au-dessus de mon bassin et jâaimerais vraiment bien te connaĂźtre, et câest signĂ©, mais jâarrive pas Ă lire la signature tu crois que ta copine pourrait mâaider ?â
-âOuuuuh mais câest que tu fais tourner les tĂȘtes mon cher ! Ăcoute on Ă rendez-vous prĂšs de la clairiĂšre aux trĂšfles, dans la mare des songes tâsais Ă cĂŽtĂ© du bĂątiment de philo Ă midi. Ptolemn et EugĂ©nie seront lĂ aussi, joint toi Ă nous et puis on verra bienâ
-âIls sont pas encore ensemble ces deux lĂ ? SĂ©rieux ça se voit quâil la kiff grave, elle devrait tenter sa chance. Il me semblait quâils Ă©taient super proche pendant le sabbat, mais je me souviens pas trĂšs bien de la fin de la soirĂ©eâ
-âOuais, mais tu connais EugĂ©nie ⊠â Nielbek sâarrĂȘta soudain. Il frissonnait.
-âJe crois que ton dĂ©mon arrive, je me sens pas super bien⊠Tu sais oĂč me trouver. Ăa te dĂ©range de me prendre sur ta planche pour aller Ă la mare, jâai vraiment eu peur ce matin sur mon balai.â Demanda Nielbek, pĂąle comme un linge.
Un chat noir attendait en bas de lâescalier. Son ombre mouvante semblait faite de tentacules et de volutes de fumĂ©es, mais elle dĂ©goulinait sur le mur.
-âOuais pas de soucis. Et tu devrais voir avec Astros, le faune, il est douĂ© pour les balais custom, câest lui qui mâa refait lâalignement de ma planche. Allez je te laisse !â
Le chat souri. Le monde des vivants avait vraiment changĂ© depuis quâils maĂźtrisaient le voyage spatial. Et cela allait permettre la rĂ©alisation du Grand Plan. ZĂ©li Ă©tait prometteuse et la Grande Instance avait dĂ©jĂ dĂ©terminĂ© son rĂŽle de chevaliĂšre de lâApocalypse des mondes extra-terrestre bien avant sa venue au monde. Et en plus, elle faisait des grattouilles derriĂšre les oreilles particuliĂšrement apprĂ©ciables.
Chapitre 3
EugĂ©nie sortie de son examen de droit, les doigts encore tachĂ©s dâencre. Elle remercia son Dieu pour le sujet sur lequel elle Ă©tait tombĂ©s. De lâanalyse de texte de loi et un argumentaire Ă prĂ©parer quatre heures minus 2. Bien quâelle ait eu terminĂ© son sujet en avance, le Chronotemporalisateur Ă lâentrĂ©e de la salle dâexamen lâamena trĂšs peu en avance de la sortie des autres Ă©lĂšves. Certains avaient lâair dĂ©pitĂ©s. Elle nâavait pas le temps de sâapitoyer sur eux. Elle sortit sa baguette de sa robe et la leva vers le ciel. En un craquement, elle se tĂ©lĂ©porta devant le bĂątiment de Dragonisterie. Elle vĂ©rifia sa tenue dans un petit miroir de poche sortie de sa robe ; tout allait bien. Elle sentait son cĆur battre la chamade. Elle sortit un long kimono de son sac et lâenfila ; deux dragons volaient dessus dans un ciel Ă©toilĂ©. Elle lâenfila et fourra dans les poches sa baguette, son grimoire, un extincteur, une Ă©norme boite de gĂąteaux Ă la viande, un crapaud. Et rĂ©flĂ©chi quelques secondes et dĂ©cida de glisser sa salamandre dans son chapeau. Elle avait créé un micro-univers Ă lâintĂ©rieur de ce dernier afin de lui apporter du confort.
Elle regarda sa montre ; il Ă©tait lâheure. Bien que le bĂątiment de Dragonisterie fut un fait une petite bicoque tordus et pleines de portes, elle Ă©tait trĂšs intimidĂ©e par le lieu. Elle poussa une porte ancienne et lourde et entra dans la prairie.
Elle soupira : au moins, elle nâaurait pas affaire Ă un Dragon dâeau ou un GĂ©ant des pierres cracheur de feu. Elle regarda autour dâelle ; derriĂšre la porte se referma, ne laissa quâun montant et la porte au milieu de la plaine. Lâherbe Ă©tait lĂ©gĂšrement bleutĂ©e, de petites fleurs de diffĂ©rentes nuances de bleues poussaient de-ci delĂ . Un peu plus loin, il y avait un rocher. Elle dĂ©cida de sâen approcher. Elle nâavait reçu aucune instruction pour son examen, contrairement Ă certains de ces camarades. Sur le rocher, il y avait un Instrutout. CâĂ©tait un objet rigolo, un instrument capable de se transformer en nâimporte quel instrument, parfaitement calibrĂ©. Elle le prit en mains et fut heureuse de voir que sa premiĂšre forme Ă©tait un Oud. Elle profita du calme pour en jouer quelques notes. Si le Dragon quâelle devait rencontrer Ă©tait trop loin, il ne lâavait probablement pas senti arrivĂ©. Mais de la musique, ça lâattirerait. Rien ne produisait de la musique dans ce monde-lĂ .
Son Oud produisait les harmoniques quâelle ne maitrisait pas. Elle sentait une vague de nostalgie lâenvahit. Elle commença Ă fredonner une chanson de son enfance. Un puissant courant dâair la fit sâarrĂȘtait. Le Dragon venait dâarrivĂ©e. Elle sâagrippa fermement Ă son chapeau, lâOud posait sur les genoux.
Balahuur. Je vous prie dâexcuser mon retard, Mademoiselle, jâĂ©tais partie mangĂ©.
-âNon non, il nây Ă pas de mal, jâespĂšre que je ne vous ai pas dĂ©rangĂ© en jouant de la musiqueâ
Non, je garde un Instrutout pour que les gens puissent me prĂ©venir. Mais il y avait bien longtemps que je nâavais pas entendu dâOud. Sur ma planĂšte dâorigine, câĂ©tait un instrument traditionnel. Vous jouiez un air Ihmil si je ne me trompe ?
-âOui, ma famille est de cette tribu. Nous avons fui la planĂšte il y Ă plusieurs gĂ©nĂ©rations, pendant la Grande PandĂ©mie, mais un peu avant les Invasions AndromĂ©dienne.
Jâai vĂ©cu cette guerre malheureusement. CâĂ©tait terrible, beaucoup de Dragons sont morts, certains on rĂ©ussit Ă sâĂ©chapper grĂące au renfort dĂ©moniaque. Nous devons beaucoup aux SorciĂšres. Nous sommes dâailleurs quelques-uns Ă avoir Ă©migrĂ© sur cette planĂšte. Jâestime quâenseigner est un bien mince remerciement envers votre espĂšce pour ce quâelle Ă fait pour nous. Si ça ne vous dĂ©range pas, avant votre examen, jâaimerais que vous terminiez cette chanson. Chantez lĂ avec votre cĆur, je vous prie.
EugĂ©nie dĂ©glutie. Son arriĂšre-grand-pĂšre lui avait enseignĂ© lâhistoire de sa famille, comment eux et les dragons avaient partagĂ© les montagnes, ce battant contre les CarĂ©tiens pendant des siĂšcles. Elle lui devait de lui rendre hommage. Elle sâĂ©claircit la voix, et la laissa sâenvoler en volutes mĂ©lodieuses, lâOud lui rĂ©pondant sa mĂ©lodie. Le temps autour dâeux changea ; un vent violent agitait la plaine, mais Balahuur les en protĂ©gea avec ses grandes ailes. Il grondait avec le rythme de la chanson, les yeux clos. La derniĂšre note de la chanson resta dans lâair, en suspend pendant que le vent se calmait.
Merci.
EugĂ©nie porta sa main droite Ă son cĆur et sâinclina respectueusement.
Passons Ă votre examen ; il se dĂ©roulera en deux parties ; une analyse physiologique et un examen prĂ©liminaire pour vous orienter lâannĂ©e prochaine vers un cursus dâĂ©tudes de la Dragonisterie.
Pendant de longues minutes, EugĂ©nie rĂ©pondit aux questions pointues du Dragon sur les caractĂ©ristiques physique de ce dernier. Elle avait lâimpression de faire un sans faute.
Pourquoi les Carétiens nous chasser t-il ?
Cette question-lĂ nâĂ©tait pas au programme. Les dragons ailĂ©s des plaines Ă©tait une espĂšce trĂšs rĂ©pandue dans diverses galaxies, et Balahuur cherchaient ainsi Ă tester ses connaissances personnelles et son hĂ©ritage culturels.
-âLes CarĂ©tiens pensaient que les Dragons Ă©taient lâincarnation de leurs enfers, et que les exterminĂ©s irait dans le sens des commandements de leurs religions. On trouve des traces de cela dans leurs Ăvangiles. Ils ont menĂ© des sĂ©ries dâalliances Ă©conomiques avec dâautres peuples athĂ©es afin dâatteindre les dragons dâautres rĂ©gions du monde. Certains peuples pensaient que les cornes de dragons, les dents, les ailes, recelaient des propriĂ©tĂ©s thĂ©rapeutiques. Certains cultes de sorciers pensaient que les os de Dragons leur confĂšreraient suffisamment de pouvoir pour contrĂŽler un dĂ©mon. Tout ceci est faux, comme les Ihmils ont tentĂ©s de le prouver avant dâĂȘtre Ă leur tour massacrer. Notre religion nous enseignes que tous ĂȘtres vivants, visibles ou non, est la crĂ©ation de Dieu, et que nous devons chercher Ă vivre en harmonie, et respecter chacune de ces crĂ©ations.
Est-ce pour cela que vous avez choisi de faire un double cursus en droit et créatures magiques ?
-âOui. Sur cette planĂšte, notre peuple a enfin pu construire une maison oĂč personne ne viendrait la persĂ©cuter, et mĂȘme si la sociĂ©tĂ© de cette planĂšte a beaucoup Ă©voluĂ©, il y Ă encore du travail Ă faire dans lâĂ©galitĂ© entre les espĂšces. Mes pouvoirs magiques me permettent de communiquer avec beaucoup dâespĂšces, et je compte leur offrir une voix pour les dĂ©fendre. â
Câest trĂšs noble Ă vous. Mais pourquoi la Dragonisterie ? Vous auriez pu prendre Philosophie Centauresque en spĂ©cialitĂ© ?
-âOutre lâhistoire personnelle de ma famille avec les Dragons, je pense que jâai beaucoup Ă apprendre auprĂšs de vous sur la maniĂšre de voir les lois. Vous ĂȘtes parmi les crĂ©atures avec la plus longue espĂ©rance de vie de ces mondes. Votre sagesse est un atout.
IntĂ©ressant. Je discutais avec les autres Dragons des diffĂ©rents Ă©lĂšves de ce cursus, mais vous ĂȘtes bien la seule Ă avoir un dessein qui pourraient rĂ©ellement amĂ©liorer les mondes. JâapprĂ©cie grandement cela chez vous. Je pense que vous avez le potentiel pour cela. Vos rĂ©sultats dâexamens sont excellent pour le moment, je vais voir Ă basĂ© un cursus dâapprentissage avec dâautres Dragons basĂ©s sur un systĂšme de dissertations. Je serai honorĂ© dâĂȘtre votre mentor.
-âMais, ce genre de systĂšme nâest mis en place quâĂ partir du master habituellement ? â
Oui. Mais il y Ă bien longtemps que nous attendions le retour de quelquâun qui se ferait la voix de tous. Afin que votre esprit ne soit pas submergĂ© par le temps que nous vous demanderons de consacrĂ© Ă notre discipline, nous utiliserons la âSalle-en-dehors-du-tempsâ.
-âCâest un honneur.â
Câest une grande responsabilitĂ© que nous vous confions. Mais nous savons aussi que vous ĂȘtes entourĂ©s des bonnes personnes. Vous pourrez compter sur cette Ă©trange dĂ©moniste aux cheveux sauvages. Vos vies sont liĂ©es, tout comme lâest la mienne avec son dĂ©mon.
-âMerci Balahuurâ.
Je vais repartir en chasse. Mon monde vous ai ouvert Ă tout moment, venez donc jouer de lâOud si vous avez envie de me parler. Et rendez hommage Ă votre ArriĂšre Grand-PĂšre. Adheraman. Sâil est encore de ce monde, je serai ravie de le revoir.
EugĂ©nie resta coite pendant que le Dragon prenait son envol. Elle se dirigea les jambes tremblantes vers la porte. Ă peine franchit, le chat Calico de Ptolem lâattendait devant.
-âAttend, je te prie de mâexcuser une minute, il faut que je fasse quelque chose.â
Elle toqua trois fois sur son chapeau et la salamandre sortit.
-âJâai besoin que tu rentres Ă la maison. Ne rĂąle pas, câest important. Va voir mon le grand ArriĂšre et dit lui que Balahuur veut le revoir. Et ajoute que tout va bien.â
La Salamandre hocha vigoureusement la tĂȘte et dĂ©ploya des petites ailes cachaient par le camouflage de sa peau tachetĂ©e. En un instant, elle avait disparu.
Le chat de Ptolemn poussa un petit ronronnement.
-âTu nâas pas de message ?â
Le chat commença à avancer en oscillant de la queue.
-âAttend, câest Ptolemn qui tâa envoyĂ© pour me chercher ?â
Le chat se retourna avec un air outré, souffla du museau, haussa la queue, ferma ses grands yeux deux fois et continua sa marche.
-âExcuse-moi, je ne suis pas habituĂ© aux familiers Asgyres. Je ne comprends pas encore trĂšs bien votre langage. Tu as dĂ©cidĂ© de mâaccompagner ?â
Le chat rĂ©pondit avec un roucoulement mĂ©lodieux. EugĂ©nie le suivit en souriant elle avait hĂąte de le retrouver. Elle fit un dĂ©tour vers un grand nichoir. Elle toqua deux fois contre le bois sombres de ce dernier et une petite chouette chevĂȘche en sortie.
-âBonjour, jâai besoin que tu ailles remettre un message Ă ZĂ©li Carboza. Elle devrait se trouver dans la bibliothĂšque des Nains. Jâai besoin que tu lui dises que : mon examen câest incroyablement bien passĂ©, et que jâai plein de choses Ă lui raconter aprĂšs son Oral. Dit lui que je suis en route pour la mares des Songes. Fin du message. Je peux te payer avec une boule de mĂ©lange asticots graines ?â La petite chouette hulula gaiment. EugĂ©nie sortie de sa poche un petit emballage en tissus, et en tira une boule de graisse, dâasticots sĂ©chĂ©es et de graines diverses. La chouette la pris dans ses serres et sâenvola. EugĂ©nie la regarda partir en direction de la foret. Il avait plu presque tout le printemps cette annĂ©e, et avec les examens, elle nâavait pas remarquĂ© que lâĂ©tĂ© Ă©tait arrivĂ©e. Mais avec ce dernier examen, elle reprenait conscience du monde qui lâentourait ; elle prit une grande inspiration et apprĂ©cia cette odeur fraiche par-dessus celle de la chaleur qui montait. Elle en savait pas encore pourquoi, mais cet Ă©tĂ© lui semblait trĂšs diffĂ©rent de tous ceux quâelle avait dĂ©jĂ vĂ©cu, il y avait comme un parfum dâheureux changement dans lâair.

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Chapitre 4
ZĂ©li Ă©tait assise Ă une longue table, elle avait posĂ© son sac sur la table, Ă cĂŽtĂ© dâune lampe de style art nouveau en forme de champignons, parĂ©s de facettes de diverses nuances de verts et de gris. Lâantique bibliothĂšque, finement taillĂ© dans la roche, Ă©tait Ă©tonnamment dĂ©sertes. Le chat qui lâaccompagnait sâĂ©tait transformĂ© en une panthĂšre noir, au pelage si sombre qui absorbĂ© toute lumiĂšre.
Ma chĂšre ZĂ©li. Comment te sens-tu Ă lâapproche de cet oral ?
-âNerveuse. Jâai entendu dire quâil ne sera pas exactement le mĂȘme pour les dĂ©moniste qui avait dĂ©jĂ Ă©tait choisi par un dĂ©monâ lui rĂ©pondit-elle en croisant ses jambes, le pied droit au-dessus du genoux gauche.
Les rumeurs sont vraies. Ton examen sera diffĂ©rent, dâautant plus que tu es la dĂ©moniste la plus puissante de ce campus. Le but de cet oral sera dâĂ©valuer ton niveau pour savoir et de tester ma maitrise. Je nâai pas le droit de tâen dire plus malheureusement.
-âMalheureusement ?â
Oui, jâaurai bien aimĂ© pouvoir tricher, et te faire passer cette Ă©tape. Pour moi, tu as accompli tout ce que le Grand Plan prĂ©voyait pour toi. Mais câest Ă ton professeur dâen juger. Et depuis toutes ces annĂ©es, je tâai vu prendre en puissance, choisir la sagesse plutĂŽt que la violence. Et je tâaime bien.
-âCâest touchant ça mon cher Nehkurson !â
Bon, on est quand mĂȘme pas lĂ pour boire le thĂ©, mĂȘme si ça arrivera bientĂŽt. Comment estimes-tu tes connaissances sur lâhistoire des enfers et son organigramme ?
-âTu me fais bucher ce sujet depuis quâon se connait, du coup, câest du par cĆur. Je pourrais aussi dĂ©velopper sur le rĂŽle des dĂ©monistes et leurs engagements ainsi que lâimpact que cela peut avoir au sein de la hiĂ©rarchie.â
Excellent. Que sais-tu du grand plan ?
-âQue tu en parles depuis toujours, et que, quel que soit le choix que je fais dans ma vie, cela suit ce Grand Plan. Mais plus sĂ©rieusement, câest une voix qui guident de nombreux ĂȘtres Ă des niveaux variĂ©s.
TrĂšs bien. Je constate avec dĂ©lice que nous nâavons nul besoin de rĂ©viser plus, mais jâai encore quelques questions Ă te poser ;
Le fĂ©lin avait posĂ© sa tĂȘte sur les genoux de ZĂ©li, et semblait rĂ©clamer une grattouille derriĂšre les oreilles. Elle sâexĂ©cuta en souriant.
Ton Amie EugĂ©nie, demande lui de te parler de son examen. Câest important. Elle est importante pour toi dâailleurs, as-tu idĂ©e de comment elle tâa influencĂ© au cours de ces annĂ©es ?
-âHonnĂȘtement, jâai jamais vraiment compris pourquoi ni comment on a fini dans la mĂȘme chambre Ă lâĂ©cole, mais je pense quâon sâest toutes les deux beaucoup influencĂ©. Je lâai aidĂ© Ă sortir de sa carapace, aujourdâhui elle commence mĂȘme doucement Ă envisager de sortir avec un homme. Quant Ă elle, je pense quâelle mâa retenu de partir du mauvais cĂŽtĂ©. Tu te souviens Ă quel point je pouvais chercher le conflit avec les professeurs ; sans elle, je pense que jâaurai Ă©tĂ© au bout de ces conflits, et par exemple, je nâaurai pas cherchĂ© Ă devenir une sorciĂšre plus puissante. Je serai juste restĂ© focalisĂ© sur mes pseudo talents de dĂ©moniste. Je me rends compte maintenant que je nâĂ©tais clairement pas aussi puissante que je suis en train de le devenir. Dâailleurs, je me demandais si ça avait pas un impact sur le reste de ma magie ; jâai de moins en moins de difficultĂ©s Ă jeter des sorts, jâai plus besoin de rĂ©flĂ©chir, câest comme si ça coulait naturellement.â
Oui, câest liĂ©. Pas avec tous les dĂ©monistes, mais les plus puissants remarquent une augmentations de leurs capacitĂ©s naturels, ça varie dâun individu Ă un autre.Â
âJusquâa oĂč ça peut aller ?â
Je nâen ai aucune idĂ©e. Avant toi, je nâavais jamais eu un lieu aussi puissant avec un ĂȘtre de cette dimension. Il y Ă un lien rare entre nous. Et câest pour ça que jâai entiĂšrement confiance en toi pour ton examen. Essaye de croire en toi comme je crois en toi, et tout te rĂ©ussira.
-âMerci Nehkurson, je vais faire de mon mieux et puis ça nous permettra de vĂ©rifier la thĂ©orie de Grand Plan !â ZĂ©li regarda lâhorloge qui toquait au plafond.
-âOuhla, il faut que jây aille moi, Nielbek doit mâattendre. Tu mâas dit tout ce que tu avais Ă me dire ?
Oui, ne tâinquiĂšte pas. Mange bien ce midi, tu auras besoin de force. Je te laisse tranquille dâailleurs, je reviendrais plus tard, tu as besoin de pouvoir te dĂ©tendre avant de pouvoir te concentrer.Â
ZĂ©li ramassa son sac et sortit en trottinant de la grande salle. Elle grimpa les marches trois par trois et se retrouva Ă©blouie au dehors. Il faisait plus chaud que ce quâelle avait pensĂ© en sâhabillant ce matin. Nielbek fumait la pipe avec dâautres Nains Ă lâombre dâun chĂȘne. Elle lui fit un signe de la main et appela sa planche par la mĂȘme occasion.Â
-âEh ZĂ©li ! Câest la derniĂšre fois que jâessaye de rĂ©viser un examen dans la salle au-dessus de celle oĂč ton dĂ©mon fait son apparition. JâĂ©tais littĂ©ralement hantĂ© par des visions cauchemardesques. Heureusement que jâavais les cours de Ptolemn pour mâaider, sinon ça aurait Ă©tĂ© impossible.â MaugrĂ©a Nielbek.
-âJe suis dĂ©solĂ© Nielbek, jâaurai bien fait ce rendez-vous chez moi, mais le rĂšglement des Volalenn interdit les apparitions dĂ©moniaques. Ils ont mĂȘme due dĂ©placer notre chambre parce quâelle produisait quand mĂȘme trop dâĂ©manations. Bref, on y va ? Tu as dĂ©jĂ commandĂ© quelque chose Ă manger ?â sâexcusa-t-elle auprĂšs de son ami en montant sur sa planche.Â
-âjâai reçu une chauve souris de Ptolemn, il âa dit que comme on serait tous rĂ©unis, il sâoccupait de nous commander des sandwichs.â lui rĂ©pondit-il en grimpant sur lâavant de la planche.
-âElle est Ă©quipĂ©e dâun anti-chute de passager ta Board ?â lui demanda-t-il dubitatif.
-âYep, Astros me lâa installĂ© il y Ă quelques semaines. Faut vraiment que je vous mette en relations avant quâil quitte le campus.â
-âQuâil quitte le campus ? Pourquoi faire ?â demanda Nielbek en sâasseyant Ă lâavant, les jambes dans le vide. La planche sâĂ©leva doucement tandis que ZĂ©li lui rĂ©pondait :
-âOui, il avait commencĂ© un cursus de Philosophie des crĂ©atures magiques, et il Ă©tait hĂ©bergĂ© dans la fraternitĂ© Terracid. Mais il a dĂ©truit sa chambre et faillit faire sâeffondrer les galeries en bidouillant un moteur de moto spatial. Il sâest fait virer, mais a rĂ©ussi Ă trouver un appart en ville. Pour payer son loyer, il a commencĂ© Ă filer un coup de mains dans un garage, qui fait autant du spatial que du magique. Et lĂ , ils lui ont proposĂ© un joli contrat, avec un apprentissage pour pouvoir finir ingĂ©nieur mĂ©canicien polyvalent dans quelques annĂ©es. Dâun cĂŽtĂ©, câest cool quâil ait trouvĂ© sa voie, mais mon petit mĂ©cano va me manquait !â Expliqua ZĂ©li en faisant onduler sa planche sur le dessus de la forĂȘt. Nielbek ralluma sa pipe, tira deux longues bouffĂ©es dessus.
-âCâest vrai quâil a de la chance. Jâai choisi Potiono parce que je trouvais ça cool, et tu connais mes frĂšres, je passe inaperçu dans ma famille. Mais jâai aucune putain dâidĂ©es de ce que je vais faire Ă la fin de mes Ă©tudes. Jâai pas envie de retourner vivre sous terre⊠âÂ
Une chouette chevĂȘche surgit soudain des bois et vient se poser sur la casquette de Nielbek. Il sâeffraya, lĂącha sa pipe et plongea dans le vide, retenu par le bout de sa botte par le systĂšme anti-chute.
-âPar la barbe de mes aĂŻeules !â jura-t-il. ZĂ©li se retient de rire et lĂącha un sortilĂšge lasso pour faire remonter Nielbek. Elle se surprit du peu dâeffort quâelle eut Ă fournir pour remonter son ami. La petite chouette se nettoya rapidement le plumage avant de pĂ©pier son message. ZĂ©li sortit une grosse chenille sĂ©chĂ© et lui jeta.
-âCâĂ©tait un message dâEugĂ©nie, elle est en route pour la mare, son examen sâest bien passĂ©. On arrive dans 3 minutes environ, tu vas bien ?â Nielbek lui rĂ©pondit avec un grand sourire :
-âCâĂ©tait marrant ton truc !â Les deux amis rigolĂšrent, et ZĂ©li plongea dans la forĂȘt en slalomant entre les arbres.Â
Ptolemn arriva le premier Ă la Mare des Songes. Il eut tout juste le temps de poser son cartable quâune roulotte tirĂ© par un petit Centaure arriva. Un faune ouvrit la fenĂȘtre et le hĂ©la :
-âMonsieur Flalem ! Bien le bonjour !â Le faune Ă©tait trĂšs barbu et chevelu et sa toison rousse recouvrait la quasi-intĂ©gralitĂ© de son torse. Il Ă©tait suffisamment petit pour loger Ă lâintĂ©rieur de ce qui semblait ĂȘtre une cuisine. Le centaure dĂ©crocha lâattelage de son dos et vient Ă la rencontre de Ptolemn.
-âMonsieur Flalem, encore merci pour lâoccasion que vous nous offrez aujourdâhui, merci de soutenir nos projets ainsi !â lui dit-il dâune voie rauque. Il portait ses cheveux longs en un chignon et avait lui, aussi une impressionnante barbe rousse. Il portait un gilet de cuir brut. Contrairement aux autres Centaures, la partie Ă©quine de son corps nâĂ©tais pas celle dâun grand cheval ou dâun cheval de traits ; câĂ©tait celle dâun poney Shetland Ă la robe baie TigrĂ©. Il portait des guĂȘtres assortis Ă son gilet, avec de gros boutons en acier ornĂ© du mĂȘme logo de sabots qui ornait leur caravane.
-âCâest normal Sheperd ! Vous avez toujours Ă©tĂ© de trĂšs bons locataires, jamais un retard, alors câĂ©tait normal que je vous aide Ă investir dans votre projet. Comment sâest passĂ© cette premiĂšre semaine ?â
Le faune pris la parole en enfilant un tablier. Pendant ce temps-lĂ , le centaure avait ouvert la seconde partie de la charrette et Ă©tait en train dâinstaller un four et un barbecue.Â
-âIncroyable ; aucun problĂšme dâapprovisionnement, le feu ne sâest pas Ă©teint, et on a eu suffisamment de clients pour faire des bĂ©nĂ©fices !â
-âVous mâen voyais ravie !â Leur rĂ©pondit Ptolemn en sâasseyant sur une pierre pour attendre ces amis.Â
-âEt aujourdâhui, câest lâoccasion de tester nos produits sur un nouveau public !â lui lança Sheperd en transfĂ©rant des braises du four vers le barbecue.
Arylenn surgit de lâeau Ă cĂŽtĂ© de Ptolemn, qui sursauta.
-âSalut Ptolemn ! Oh pardon si je tâai effrayĂ©, jâai nagĂ© Ă toute vitesse pour ĂȘtre sĂ»re dâarriver Ă temps !â
-âBonjour Arylenn, ne tâinquiĂšte pas je comprends que tu sois heureuse et pressĂ©e, jâai cru comprendre que toi et ZĂ©li vous Ă©tiez bien rapprochĂ©sâ lui rĂ©pondit-il avec un sourire.
-âComment tu sais ça ?â lui demanda-t-elle en attachant ces longs cheveux en un chignon.
-âJâai discutĂ© hier avec EugĂ©nie, elle mâa dit que vous aviez parlĂ© la journĂ©e Ă parler et que câĂ©tait agrĂ©able dâentendre ZĂ©li si heureuse.âÂ
-âCâest vrai et puis câest cool de pouvoir traĂźner avec des terrestres, je commence Ă en avoir ras le bol des SirĂšnes.âÂ
-âComment ça se fait ? Il se passe quelque chose ? Tu veux en parler ?â
-âBah je sais pas trop si tu pourras comprendre, quoique⊠â lui dit-elle en le regardant de haut en bas.
-âBon le racisme chez les SirĂšnes câest trĂšs vicieux. Ils sont racistes non seulement quand tu as une couleur trop diffĂ©rente du blanc, et câest encore pire quand tu nâas pas une queue de poissons. Jâavais aucune idĂ©e que je me heurterais à ça en arrivant dans ce pays, mais il y Ă une montĂ©e de lâextrĂ©miste de la FiertĂ© SyrĂšniennes. Et avec ça, il y Ă un vĂ©ritable recul de lâacceptation des personnes LGBTQIA, alors moi qui sors avec une Terrienne, je commence Ă avoir peur. Dit toi quâaujourdâhui, personne de mon espĂšce ne mâa adressĂ© la parole. Jâai pas envie dâen parler Ă ZĂ©li pour le moment, e peux te faire confiance ?â
-âBien sĂ»r. Je suis dĂ©solĂ© dâapprendre ça. Je tâavoue quâen tant que Terriens qui vit en dehors du campus je nâavais aucune idĂ©e de ce genre de rĂ©alitĂ©. Je peux quâen partie comprendre ce que tu traverses, tu auras remarquĂ© quâil nây Ă pas beaucoup de personnes Ă la peau ou au pelage Noirs sur le campus. Je prends conscience seulement depuis cette annĂ©e des diffĂ©rences de niveaux sociaux quâil y Ă dans notre sociĂ©tĂ© en fonction de notre couleur. Ăa me dĂ©goute. Ăcoute, si tu as besoin dâun endroit oĂč tu peux te rĂ©fugier, tu peux venir chez moi, je suis connectĂ© aux rĂ©seaux des riviĂšres sous-terrains, jâai en quelque sorte une chambre dâamis disponible. Dâailleurs jâai fait abaisser la tempĂ©rature de lâeau pour que tu puisses y ĂȘtre Ă lâaise pendant la soirĂ©e de demain.â
-âCâest trĂšs gentil Ă toi, mais de quelle soirĂ©e tu parles ?â
-âOh pardon, jâai envoyĂ© les invitations ce matin, EugĂ©nie et ZĂ©li viennent, elles me lâont confirmĂ© et jâai supposĂ© quâelles venaient avec toi. Je suppose quâavec les examens, elle nâa pas encore eu le temps de tâen parlĂ©. Je suis dĂ©solĂ©, ça me semblait lisible que tu viennes, et comme je ne connaissais pas ton nom de famille, je ne savais pas oĂč envoyĂ© lâinvitation⊠â
-âAhaha, câest marrant que ça se goupille comme ça. Jâaccepte ton invitation, et du coup, je mâappelle Athapascanes. Et je vais rĂ©flĂ©chir Ă ton offre, jâavais prĂ©vu de repartir dans ma tribu cet Ă©tĂ©, et puis jâallais chercher une grotte et peut-ĂȘtre un job pour lâannĂ©e prochaine. Bref, on en reparle pendant la soirĂ©e de demain, il me semble que jâentends les deux nazebroques qui arrivent.â
La forĂȘt rĂ©sonnait en effets des rires de ZĂ©li et Nielbek. La planche troua quelques branches en pĂ©nĂ©trant dans la clairiĂšre. ZĂ©li profita de lâĂ©lan de cette derniĂšre et plongea dans la mare. Arylenn plongea avec le sourire. Nielbek toussota deux fois, toujours assis sur la planche et salua Ptolemn de la main.
-âWesh maggle ! Bien ou quoi ? Eh ça sent bon ce qui vient de la roulotte !â
-âSalut Nielbek, tranquille et toi ? JâespĂšre que tu as faim ! Ce que tu sens, câest la Brisket fumĂ©e lĂ©gendaire des frĂšres Orkney ! PrĂȘt pour ton oral de cet aprem ?â
-âOuah heureusement que jâavais tes cours, sinon je me saurai gaufrer. â
Les deux jeunes femmes remontĂšrent Ă la surface, sâembrassant tendrement. ZĂ©li releva la tĂȘte, ces longs cheveux frisant autour de son crĂąne.
-âNielbek; si tu te lĂšves, tu pourras piloter la planche, essaye, câest pas difficile. Lâantichute restera actif avec toiâ
Nielbek lui jeta un regard interrogatifs et se redressa. Il appuya son poids sur le cĂŽtĂ© gauche de la planche, qui bougea Ă peine. Il appuya plus fort, puis finit par se dĂ©placer sur le bord extrĂȘme de la planche et y appuya des deux pieds, rĂ©ussissant enfin Ă dĂ©placer franchement cette derniĂšre.
-âOuais bon on sent que câest ta planche et quâelle est rĂ©glĂ© pour toi !â lui cria en rigolant Nielbek. Arylenn, qui tenait toujours ZĂ©li dans ses bras, en profita pour nager vers la berge et sauta dâun mouvement souple sur un rochet Ă cĂŽtĂ© de celui de Ptolemn. Les jeunes femme Ă©changĂšrent un dernier baiser et ZĂ©li se leva et siffla sa planche, qui glissa Ă ses pieds, permettant Ă Nielbek de descendre. ZĂ©li renvoya sa planche et revint sâasseoir Ă cĂŽtĂ© dâArylenn.
-âAu fait, Ptolemn organise une fĂȘte demain, ça te dit quâon y aille ensemble ?â
-âOui carrĂ©ment, ça fera du bien dâĂȘtre en dehors du campus. Ptolemn, tu sembles connaitre la roulotte lĂ -bas, tu sais si elle sert autre chose que de la viande ?â. Le Centaure Sheperd retira ses gros gants, attrapa un grand menu et sâapprocha du groupe :
-âBonjours jeunes gens ! Les frĂšres Orkney pour vous ouvrir ce midi : Mademoiselle, pour vous rĂ©pondre : oui, nous faisons aussi du poisson, des insectes et des lĂ©gumes. Chaque jour nous proposons un sandwich du jour avec ces ingrĂ©dients-lĂ , et nous avons aussi nos burgers, avec des frites de pommes de terres, de racines, dâinsectes et de crustacĂ©s disponibles !â
-âVous servez du poisson ?! DĂ©mons des Mers, jâai pas pu en manger depuis que je suis arrivĂ© sur le campus, ça me manque tellement !â ZĂ©li interrompit le duo :
-âAttends, pourquoi il nây Ă pas de poissons servis chez les SirĂšnes ?â
-âEuh, câest politique. Une sororitĂ©, affiliĂ© Ă des groupes extrĂ©mistes, a obtenu cette interdiction de la facultĂ©. Les SerpenditĂ©s et les sirĂšnes comme moi doivent se rabattre sur des mollusques et des algues. â
-âCâest bizarre, il faudra que tu mâexpliques un peu plus tout ça.â. EugĂ©nie arriva devant le petit groupe. Ptolemn se leva le premier pour lâaccueillir. Elle lui tend les mains en souriant. Il les prit dans les siennes, serra un peu et la salua :
-âBonjour EugĂ©nie, je vois que Sumi Ă©tait avec toi ?â
-âBonjour Ptolemn, oui, elle a eu envie de mâaccompagner.â EugĂ©nie retira une de ces mains de celles de Ptolemn et lança un salut au groupe de gauche Ă droite.Â
-âSalut ZĂ©li, salut Arylenn, salut Nielbek ! Bonjour Messieurs !â Nielbek lui rendit vaguement son salut, trop occupĂ©s Ă lire le menu de la roulotte.Â
-âSalut EugĂ©nie ! Alors, comment sâest passĂ© ton examen ?â
âSuper bien ! Mais jâai super faim, je te raconte ça pendant le repas ?â lui rĂ©pondit-elle. Elle nâavait pas retirĂ© sa main de celle de Ptolemn. Ce dernier souriait bien plus que dâhabitudes et deux fossettes venaient creuser ces joues. Son regard pĂ©tillait. Il releva les yeux et croisa le regard dâArylenn, qui lui lança un clin dâĆil. Alors que ZĂ©li et EugĂ©nie discutait du menu, ZĂ©li capta le rad de Ptolemn, qui lui montra des yeux quâEugĂ©nie lui tenait la main. LA jeune femme ouvra les yeux en grand et regarda Arylenn, qui lui dit silencieusement Jâai vu, câest trop mignon.
Nielbek prit la parole le premier :
-âJe vais vous prendre le sandwich du jour Ă la Brisket, supplĂ©ment viandes, oignons, pas dâautres cruditĂ©s, moutarde et crĂšme de fromage, avec une portion de frites aux fromages.â Sheperd prit note. Arylenn continua :
-âJe vais vous prendre le sandwich au loup de mer, avec algues et crustacĂ©s.â
-âComme vous aimez le poisson, je vous rajoute un supplĂ©ment shirako ? Ăa se marie bien avec le poisson grillĂ©.â
-âJe veux bien, câest le prix dâun supplĂ©ment classiques ?â
-âCâest la maison qui offre, on nâa pas grand monde qui aime ça.â
-âMoi je vais vous prendre un burger de ScarabĂ©es sâil vous plait, avec une portion de frites de pommes de terre et des anneaux de racines.â enchaĂźna ZĂ©li. Pendant ce temps, EugĂ©nie avait remarquĂ© quâelle tenait toujours la main de Ptolemn, elle rougit immĂ©diatement. Il remarqua sa gĂȘne et retira sa main. Il lui murmura :
-âNe tâinquiĂšte pas, ce nâest pas grave, je suis heureux de ce moment.â Elle ne dĂ©colora as. Arylenn et ZĂ©li Ă©changeaient des petits coups dâĆil en souriant, amusĂ© de la situation entre les deux humains. Nielbek quant Ă lui avait retirĂ© sa veste et Ă©tait en train de nouer une serviette Ă carreaux autour de son coup, par-dessus sa barbe. Ptolemn prit la parole.
-âJe vais vous prendre le lobster rolls, sans oignons sâil vous plait.â. Sheperd se tourna vers EugĂ©nie, toujours pivoine :
-âEt pour vous mademoiselle ?â EugĂ©nie bĂ©gaya. ZĂ©li prit la parole :
-âLa mĂȘme chose quoi moi sâil vous plaitâ. Le Centaure reparti avec le tableau noir et annonça la commande. Nielbek se tourna enfin et sâexclama :
-âWaaah quâest-ce qui tâarrive EugĂ©nie ?â. Arylenn lui jeta un regard noir et sâaspergea dâun coup de queue, gĂ©nĂ©rant lâhilaritĂ© du groupe. Nielbek se secoua et ZĂ©li claqua des doigts. Le Nain disparut dans un nuage de vapeur. Avant quâil ait pu commencer Ă rĂąler, le faune agita la cloche : le Centaure sâavançait vers eux en tenant un immense plateau sur lesquels reposait les boites avec les commandes du groupe. Il servit tout le monde dans lâordre, et leur souhaita un bon appĂ©tit. Tout le monde commença Ă dĂ©faire les divers papiers. Alors quâils avaient prĂ©vu initialement de discuter pendant le repas, ce dernier sâavĂ©rait tellement gouteux quâils se turent. Nielbek fut le premier Ă terminer le repas et sâapprocha de la roulotte. Le faune et le Centaure discutant en fumant la pipe. Ils se tournĂšrent en voyant arriver Nielbek qui sâadressa ainsi :
-âMerci beaucoup Messieurs. Vous mâavez offert le meilleur repas de midi que jâai pu manger sur ce campus. Et pour un prix dĂ©fiant toute concurrence. JâespĂšre vraiment pouvoir vous revoir au plus vite. Que nos barbes restent grasse dâavoir aussi bien mangĂ©. â
Le groupe le regarda surpris. Jamais il nâavait vu leurs ami sâexprimait ainsi. Il poursuivit :
-âEt voici votre dĂ». Je vous prie dâaccepter de garder la monnaie.â Il termina sa phrase par un Ă©norme rot, gras et longs. Les deux cuisiniers le regardĂšrent avec respect et tendirent leurs mains. Nielbek y dĂ©posa une petite bourse en cuir, et ils se serrent les mains.
-âCâest un plaisir de vous avoir remplis la pense ! Que nos ceintures aient encore longtemps la force de soutenir nos ventres pleins !â
EugĂ©nie Ă©tait Ă©cĆurĂ©e. Arylenn pouffait, Ptolemn prit la parole :
-âAttend, il se passe quoi lĂ ?â. ZĂ©li rĂ©pondit :
-âOarf, un truc de nains visiblement. Ils ont Ă©changĂ© les formules traditionnels et le salut qui est rĂ©servĂ© Ă , je cite â mise Ă terme du contrat pignoratif relevant des deux partis selon de contrat social du boustifailleur et du popotier â en gros, câest le compliment le plus Ă©levĂ© que se font les nains entre eux pour se remercier dâavoir bien mangĂ©. â
-âOk, câest⊠intĂ©ressantâ. Fit Ptolemn, quelque peu Ă©cĆurĂ©, comme EugĂ©nie.Â
Le reste du groupe se leva Ă son tour pour payer, ZĂ©li payant pour Arylenn. Pendant ce temps, Nielbek avait sortis un hamac de son sac et lâaccrochais entre deux arbres. Arylenn vint Ă sa rencontre :
-âTu vas faire une sieste ?â
-âYup, une bonne bouffe comme ça, ça sâhonore par le repos des braves. Une petite trentaine de minutes et je serai requinquĂ©s !â
-âTu nâas pas peur de rater ton rĂ©veil ?â
-âNon, ZĂ©li mâa offert une cafetiĂšre-rĂ©veil Ă pattes pour mon anniversaire. Câest mon objet magique prĂ©fĂ©rĂ©. Dans trente minutes, elle viendra me rĂ©veiller avec un cafĂ©. Je lâai appelĂ© George.â
-âCâest rigolo, tu fais souvent des micros sieste ?â
-âCâest la base Cousine, tâes plus productif si tu gĂšres correctement ton rythme de sommeil.â
-âEn fait sur pleins de points les Nains ressemblent Ă ceux de mon peuple, câest rigolo. Bonne sieste du coupâ lui dit Arylenn en replongeant. Elle nagea quelques instants sous lâeau sur le dos et se dit que cet Ă©tĂ© lui rĂ©servait quelque choses de particuliers. Des courants froids circulaient depuis la derniĂšre pleines lunes, et ce nouveau groupe dâamis avait lâair incroyable. EugĂ©nie Ă©tait en train de raconter Ă ZĂ©li et Ptolemn comment câĂ©tait passĂ© son examen, et ce quâallait lui rĂ©server lâannĂ©e prochaine. Arylenn sortit de lâeau et sâassit sur le rochet de ZĂ©li. Les deux jeunes femmes Ă©changĂšrent un petit bisou. ZĂ©li lui demanda silencieusement tu vas bien ? Arylenn rĂ©pondit en murmurant :
-âOui, je suis heureuseâ elle prit la main de ZĂ©li cette derniĂšre lui sourit et continua la conversation. EugĂ©nie demanda alors :
-âEt toi Arylenn, comment ça sâest passĂ© ? ZĂ©li mâa dit que tu Ă©tais nerveuse.â
-âOui, jâavais vraiment peur de tombĂ© sur un gĂ©ant de feu par exemple. Moi, je suis tombĂ© sur une jeune Vouivre ! Jâai pu rĂ©pondre Ă toutes ces questions, et aprĂšs elle mâa interrogĂ© sur hum, ma tribu. Elle se demandait si nous avions encore des Vouivres. Je lui ai expliquĂ© quâelles avaient toute disparus quand le DĂ©mon est apparus.â. Nehkurson apparus Ă ZĂ©li sous forme de panthĂšre ; son pelage Ă©tait ornĂ© dâun motif de squelette. Ta petite amie vient du grand Nord si je me souviens bien. On nâa plus aucune connections avec cette rĂ©gion depuis la Guerre de Sang Temps. Câest Ă©trange quâelle parle dâun dĂ©mon qui y serait apparus. Si un dĂ©mon y Ă©tait, on le saurait. Jâai un mauvais pressentiment. Il va falloir te tu creuses cette piste. Et il disparut immĂ©diatement aprĂšs. ZĂ©li regarda Arylenn. Nehkurson Ă©tait le premier Ă la considĂ©rĂ©e comme sa âpetite amieâ. CâĂ©tait son dĂ©mon personnel, il devait sâavoir les sentiments quâelle avait pour elle. Elle serra la main de cette derniĂšre.Â
La cafetiĂšre Ă pattes de Nielbek sâextirpa de son sac. Ptolemn lâa suivi avec attention. CâĂ©tait une petite cafetiĂšre italienne, pourvu de pattes mĂ©canique. Elle tenait dans son anse une tasse cabossĂ©e en mĂ©tal. Elle trottinant en fumant jusquâau hamac de Nielbek. Ce dernier se retourna et la salua. Il bailla, ramassa ses cheveux sous sa casquette et sâĂ©tira. La cafetiĂšre sauta sur ses genoux et lui tendit la tasse. Il la prit en main et la cafetiĂšre commença Ă verser son cafĂ© dans la tasse. Il la remercia et descendit du hamac. En un tour de mains, sans lĂącher sa tasse de cafĂ©, il plia le hamac et se dirigea ers ses amis.
-âBien dormi ?â demanda Arylenn. Ptolemn Ă©tait fascinĂ© et amusĂ© par la cafetiĂšre. EugĂ©nie lâobservait avec curiositĂ© ; il Ă©tait mignon quand il Ă©tait fascinĂ© par quelque chose.Â
-âCarrĂ©ment, je me sens prĂȘt pour mon examâ. ZĂ©li, je te remercierai jamais assez pour cette cafetiĂšre !â
-âCâest aussi de la part de mes parents, ça fait 20 ans quâon se connait, fallait bien fĂȘtĂ© ça.â lui rĂ©pondit-elle en ramassant son sac.Â
-âJe nâen avais jamais vu, câest ⊠fascinant comme objet.â sâĂ©merveilla Ptolemn. ZĂ©li embrassa Arylenn qui lui demanda :
-âJe peux te revoir Ă la sortie de ton examen ? On peut aller se boire quelque chose en ville ?â
-âAvec plaisir, je tâenvoie un cormoran. Passe une bonne aprĂšs-midi ma chĂ©rie.â. Arylenn arrĂȘta ZĂ©li avant quâelle ne lâembrassa, la regarda dans les yeux, regarda ses lĂȘvres, sourit :
-âBon courage pour ton oral. Je crois en toi, ma chĂ©rie.â et elle lâembrassa. Elle salua ensuite ses nouveaux amis et plongea. Nielbek et ZĂ©li se mirent en route.
-âTu nous rejoins Ptolemn ? Nos examens sont dans la mĂȘme zone.â demanda Nielbek.
-âEuh oui, je vous rejoins jâen ai pour une minute.â rĂ©pondit-il en se tournant vers EugĂ©nie. Nielbek et ZĂ©li se regardĂšrent dâun air entendu et sâenfoncĂšrent dans la forĂȘt.
-âJe voulais profiter de ce moment pour te parler : je suis vraiment heureux que tu viennes Ă mon anniversaire. Depuis le dernier Sabbat je nâarrĂȘte pas de penser Ă toi. Et je te promets de respecter toujours respectueux avec toi.â EugĂ©nie lui prit les mains.
-âEt et euh, je, jâai vraiment apprĂ©cie que lâon ait passĂ© des heures Ă discuter hier. Tu es la personne que je suis le plus heureux dâavoir rencontrĂ© cette annĂ©e.â EugĂ©nie lui sourit. Les pommettes de Ptolemn Ă©tait plus foncĂ©s, il rougissait ;
-âMoi aussi je suis heureuse de tâavoir trouvĂ©, euh pardon rencontreâ. EugĂ©nie vira de nouveau au cramoisi. Ptolemn ri et dĂ©posa un baiser lĂ©ger sur sa joue.
-âJe dois y aller, on se voit demain ?â
-âOui oui, avec plaisir, et tu me diras comment ça sâest passĂ© ton examen.â bĂ©gaya EugĂ©nie. Ptolemn sâĂ©loignait pour retrouver ces amis. Il effectua un petit pas de danse quand EugĂ©nie le hĂ©la :
-âAu fait, je peux tâoffrir quelque chose ?â.Â
Il se retourna et lui répondit en souriant :
-âEugĂ©nie, tu mâas dĂ©jĂ offert un cadeau magnifique, chacun instants prĂšs de toi est un cadeau.â Et il sâenfonça dans la forĂȘt. Il fredonnait. EugĂ©nie souriant, toujours Ă©carlate. Elle nâentendait que son cĆur battre dans ses oreilles. Seule dans la clairiĂšre, elle tournoya sur elle-mĂȘme, et sortit son parapluie de son sac. Elle le dĂ©plia et sâenvola en riant. Elle avait hĂąte de voir ce que ces vacances allait lui rĂ©server.Â
Chapitre 5
 Ptolemn rejoint Nielbek et ZĂ©li qui sâĂ©tait dĂ©jĂ bien enfoncĂ©s dans la forĂȘt.
-âĂa va mon gars ? Tu gigotes beaucoup lĂ . Si câest Ă cause ton pantalon trop serrĂ©s, jâai quelque chose pour ça dans mon sacâ suggĂ©ra Nielbek. ZĂ©li lui mit une petite claque derriĂšre la tĂȘte, faisant tomber sa casquette. Tandis que celui-ci la ramasser avec un air interrogatif, ZĂ©li demanda :
-âAlors, ça se passe comme tu veux avec EugĂ©nie ?â
Ptolemn avança jusquâĂ arrivĂ© entre ces deux amis.
-âFranchement, mieux que tout ce que jâavais pu rĂȘver. Je vous remercierais jamais assez tous les deux. Et non Nielbek, je nâai pas de problĂšme Ă cet endroit-lĂ , mais merci de tâen soucier, je commence Ă douter de ma capacitĂ© Ă danser maintenant !â Les trois amis explosĂšrent de rire et continuĂšrent leurs marches.
-âJe comprends pas pourquoi tu nous remercies Ă chaque fois. Je veux dire, jâai pas fait exprĂšs de te prĂ©senter ZĂ©li, câest pas pote dâenfance, jâĂ©tais juste content de la retrouver ici aprĂšs son Ă©cole.â. Argua Nielbek. ZĂ©li poursuivi :
-âNielbek Ă raison. Et je ne tâai pas intentionnellement prĂ©sentĂ© EugĂ©nie, câĂ©tait ma coloc de dortoir Ă lâĂ©cole. Je pensais pas que vous vous entendriez aussi bien. Et si tu parles du dernier Sabbat, elle me rabĂąchait dĂ©jĂ les oreilles Ă ton sujet, câest mĂȘme pas un coup de pouce que je vous ai donné⊠â
-âJâai lâimpression que sans vous, sans vos existences, jamais je nâaurai Ă©tĂ© capable de faire le premier pas vers une aussi jolie et intelligente jeune femme.âÂ
Les trois amis sortaient de la forĂȘt. Devant eux se dressĂ© plusieurs bĂątiments : une Ă©glise de bois noirs, aux fenĂȘtres obstruĂ©es, un nuage noir tourbillonnant au-dessus de son clocher ; un bĂątiment cubique, trouĂ©e dâune multitude de fenĂȘtres, et dont le toit Ă©tait ornĂ©s dâencore plus de cheminĂ©es, et une petite maison en bois clair, avec un perron accueillant.Â
-âLetâs go pour le dernier examen de la saison ! Merde pour ton oral ZĂ©li !â lui lança Nielbek en sautillant en direction du bĂątiment cubique.Â
-âToi aussi Nielbek !!! JâespĂšre que tout ira bien pour lui, ça mâembĂȘterait quâil foire son annĂ©e.âlui rĂ©pondit-elle alors quâil ne pouvait plus lâentendre.Â
-âNe tâinquiĂšte pas pour lui. Il fait le gars lĂ©ger, qui semble nâen avoir rien Ă faire. Mais je tâassure quâil a beaucoup changĂ© depuis le dĂ©but de lâannĂ©e. Il a vraiment Ă©coutĂ© mes conseils, il a changĂ© sa maniĂšre de noter ces cours. Et câest un oral dâorientation, ils veulent surtout Ă©valuer vers quelle spĂ©cialitĂ© le dirigĂ© lâannĂ©e prochaine. â
-âIl parait que les Ă©lĂšves qui nâont pas le niveau ne sont mĂȘme pas convoquĂ©s. Mais alors, vous pourriez dĂ©jĂ savoir le rĂ©sultat de vos examens avant la date officiels ?â
-âNous pourrions. Mais câest comme en droit, il y Ă une sorte de limitateur de conversations et de mĂ©langeur de rencontres. Les admis et les non-admis ne se croisent plus. Certains sujets de conversations nous sont impossibles Ă aborder. Notre esprit se met immĂ©diatement Ă penser Ă autre chose. Avant que tu nâaies lâidĂ©e de dire que ça pourrait ĂȘtre un outil de manipulation des masses, ce type de sortilĂšges est rĂ©glementĂ© par une commission indĂ©pendante, constituĂ© de professeurs choisit de maniĂšre alĂ©atoire, qui change Ă chaque examen, et qui se charge dâappliquer ce filtre au cas par cas. Et comme ultime prĂ©caution, tous les Ă©lĂšves sont convoquĂ©s Ă des examens le mĂȘme jour, mais certains oublient subitement cet examen et vont vaquer Ă leurs occupations.â
-âAttends, ya un dernier truc qui mâĂ©chappe ? Comment tu connais tout ça, et comment ça se fait que tu ne rejoignes pas Nielbek ?â
-âMes parents sont dâanciens professeurs dâuniversitĂ©s et ont plusieurs fois participĂ© Ă ce procĂ©dĂ©. Et si je ne suis pas âconvoquĂ©sâ Ă cet examen, câest parce que je lâai dĂ©jĂ passĂ© au semestre prĂ©cĂ©dent, et câest pour ça que je suis dĂ©jĂ une partie des cours du doctorat. LâannĂ©e prochaine je validerais ma licence, mais jâentamerais dĂ©jĂ des cours dâun niveau MaĂźtre. Et en vĂ©ritĂ©, jusquâĂ ce que Nielbek se dirige vers le bĂątiment, je nâĂ©tais pas sĂ»r quâil soit admis, et je ne me rappelais pas avoir dĂ©jĂ passĂ© cet entretien.â
-âOk câest carrĂ©ment chelou. Du coup tu mâaccompagnes Ă mon examen de dĂ©monologie ?â
-âSi tu veux. AprĂšs je rentrerais chez moi, jâai encore plusieurs achats Ă faire. Tu penses quâArylenn apprĂ©cierais que je lui achĂšte du poisson pour la soirĂ©e ?â Les deux amis se dirigeait vers lâĂ©trange Ă©glise. Diverses personnes, tous en toge noires ou violettes se massaient dĂ©jĂ devant.
-âJe pense que ça lui ferait plaisir, mais tu devrais directement lui demander ? Elle mâa expliquĂ© quâelle nâa pas vraiment dâamis par ici, je pense que le simple fait que tu penses Ă elle lui ferait plaisir. Et quand je suis arrivĂ©, vous aviez lâair de bien parlĂ©, on dirait quâelle te fait dĂ©jĂ confiance.â
-âMerci pour tes conseils ZĂ©li, je ferai tout pour me montrer digne de la confiance que mâaccorde ton amie. Excuse-moi, mais pourquoi ne portes-tu pas de toges ? Je croyais que câĂ©tait la tenue rĂ©glementaire des DĂ©monistes ?â
-âAhaha, non, câest un dĂ©lire de mode, de petit bourgeois prĂ©tentieux qui se croit puissants parce quâils sont dĂ©monistes. La plupart dâentre eux nâa rĂ©ussi quâĂ invoquer un dĂ©mon insignifiant. Câest le plus bas niveau des dĂ©mons. Perso je prĂ©fĂšre porter une tenue confortable, du coup, je suis un peu mal vue par eux.â
-âJe croyais que tous les DĂ©monistes avaient un dĂ©mon personnels, comme toi.â
-âNon, câest trĂšs rare. Les premiers dĂ©mons apparaissent pendant la maitrise et certains deviennent Grand Docteur sans avoir Ă©tĂ© choisis. Ce nâest pas le dĂ©moniste qui choisit, mais le DĂ©mon. Je vais devoir te laisser, dĂ©jĂ que je les fais jaser, si en plus il me voit trainer avec le seul Alchemist du campus, ils vont baver jusquâĂ la fin des temps. On se voit demain du coup ?â
-âĂa marche, Ă demain ! Et puis bon courage pour ton examen !â ZĂ©li le salua de la main en sâavançant dans lâĂ©glise. Les autres Ă©lĂšves de sa promotion sâĂ©cartaient autour dâelle, comme si elle Ă©tait une pestifĂ©rĂ©e. Cette attitude lâamusait. Elle descendit lâescalier qui dĂ©marrai sous lâimposant portique. Une fois arrivĂ© dans lâamphithéùtre sous-terrains, elle fit signe Ă Skamos. Tout comme elle, il ne portait pas de toge. Il arborait un simple t-shirt noir en dessous de sa salopette en jeans usĂ©e. La peau pourpre de lâIncube luisait lĂ©gĂšrement sur son crĂąne Ă la lumiĂšre des bougies prĂ©sent dans lâamphithéùtre.
-âCoucou ma belle ! PrĂȘt pour ce dernier examen ?â
-âCoucou mon chou ! Ăcoute oui on va dire ça. Ăa me stresse un peu de savoir que mon sujet sera diffĂ©rent.â
-âMâenfin tu devrais pas, tu sais moi aussi jâai un examen diffĂ©rent des autres, enfin je veux dire quoi, ça serait dĂ©bile de me poser des questions sur un dĂ©mon, duhâ rĂ©pondit-il de maniĂšre magistrale en indiquant ces cornes qui poussaient sur on crane.Â
-âJâavoue, ça serait un peu dĂ©bile.Â
Un trou sâouvrit dans le sol, fumant. Dâimmenses cornes rouges en sortir, suivie dâun crane dĂ©garni, se terminant sur dâĂ©pais sourcils, juchĂ©s sur un nez Ă©crasĂ©, vĂ©ritable pitons rocheux de ce visage anguleux mangĂ© par la barbe. Seules de petites lunettes en demi-lunes venaient adoucir le tableau. Le dĂ©mon continua de monter, rĂ©vĂ©lant une grande paire dâailes semblables Ă celle dâune chauve-souris.
-âIl se la raconte pas un peu, le professeur Alihskan, avec ces entrĂ©es ?â murmura Skamos, faisant ainsi pouffĂ© son amie. Le dĂ©mon portait un costume trois piĂšces Ă rayures noires et blanches. Il sâĂ©claircit la gorge et le silence se fit dans lâamphithéùtre.
-âBonjour, votre examen va commencer ; vous serai interroger sur la question suivante ; âQuels sont les mĂ©thodes pour permettre Ă un dĂ©mon dâapparaitre dans cette dimension ? Vous argumenterez vos papiers avec des exemples et vous terminez avec une rĂ©daction libre sur quels dĂ©mons souhaiteriez vous faire apparaitre, et pourquoi.â
ZĂ©li et Skamos se regardĂšrent interloquer, quand toute la piĂšce se figea ; les couleurs disparurent.Â
-âMais câest quoi ce binzâ ?â chuchota Skamos Ă sa voisine. Seuls ZĂ©li, Skamos et Alihskan avaient conservĂ©s leurs couleurs. Le dĂ©mon, qui devait mesurer dans les 3 m, sâapprocha dâeux et retira sa veste pour la poser sur la tĂȘte dâun Ă©lĂšve bloquĂ© dans le temps.
-âVous deux. Cet examen est risible pour vous, câest pour ça que vous subirez un oral. Skamos, votre Oral se passe dans le septiĂšme cercle, vous pouvez emprunter mon passage pour vous y rendre. â Le jeune Incube se leva, et avant de sauter dans le trou au milieu de la piĂšce, salua son amie. Une fois partie, Alihskan sâassit sur la table, deux rangĂ©es plus bas que ZĂ©li. Il Ă©tait donc Ă sa hauteur. Une gigantesque panthĂšre entra dans le monde noir et blanc. Son pelage Ă©tait cette fois-ci un ciel Ă©toilĂ©.
-âNehkurson ! Quel plaisir de te voir ! Je nâai pas eu lâoccasion de te le dire, mais ta dĂ©moniste est une excellente Ă©lĂšve, ça sera un plaisir de lâĂ©valuer aujourdâhui.â sâexclama Alihskan.
-âJe te remercie Alihskan, câest vrai que je suis trĂšs fiĂšre dâelle. Peut-on commencĂ© lâĂ©valuation ?â ronronna Nehkurson. ZĂ©li Ă©tait choquĂ©e. Jamais elle nâavait vu Nehkurson aussi... Joyeux et dĂ©tendu ?
-âBien Mademoiselle. Ceci est une pure formalitĂ© ; pouvais vous attraper lâartĂ©fact qui se trouve dans la dimension dâĂ cĂŽtĂ© ?â demanda Alihskan. ZĂ©li le regarda, dubitative. Elle nâavait dĂ©jĂ pas lâhabitude dâĂȘtre dans un infra-monde, alors devoir invoquer quelque chose depuis une dimension parallĂšle pour le faire venir dans cet infra monde ? Elle regarda le dĂ©mon droit dans les yeux et plongea la main Ă sa gauche. Sa main disparut Ă hauteur du poignet. Elle retira du nĂ©ant un cĆur de pierre, rouge, palpitant en craquelant. Elle lâobserva une seconde.
-âDĂ©crivez cet objet, je vous prie.â
-âCâest un cĆur de Promessang. Câest lâobjet qui nĂ© de la crĂ©ation dâun pacte entre un dĂ©mon et un ĂȘtre vivant qui offre son cĆur pour ĂȘtre aimĂ©. Câest lâartĂ©fact qui appartient Ă Aesma. Cette derniĂšre Ă©tant une dĂ©mone trĂšs puissante, son invocation sans protection dans ce monde pourrait causer son effondrement partiels. NĂ©anmoins, elle Ă besoin rĂ©guliĂšrement de pouvoir entrer afin de rĂ©cupĂ©rer son due. La solution la plus courante est de crĂ©er une sĂ©rie de portails correspondant au lieu oĂč se trouve son due. Le problĂšme de cette technique, câest que si le dĂ» en question dĂ©cide de sâenfuir via la magie, il faut recommencer lâopĂ©ration. Cela demande du temps pour le dĂ©moniste et câest une perte de temps non nĂ©gligeable pour le dĂ©mon. Une seconde technique, qui demande une grande force, est dâaccueillir le dĂ©mon en soi. Il peut ainsi librement se mouvoir et profiter des capacitĂ©s naturelles de son hĂŽte. Le risque Ă©tant quâil peut ĂȘtre piĂ©gĂ© Ă lâintĂ©rieur de ce corps par une sĂ©rie dâinvocations. Jâopterais personnellement pour un avatar dans lâinfra monde et un portail dimensionnels. Le dĂ©mon prendrait le corps de lâAvatar, limitant ainsi sa puissance. Via lâinfra monde, il pourrait prĂ©lever son due sans que ce dernier puisse sâenfuir, et dans ce monde, le dĂ©mon pourrait ainsi prĂ©levĂ© son due avec plus de libertĂ©. De plus, le portail dimensionnels permettrait au dĂ©mon de rentrer dans sa dimension sans avoir Ă dĂ©pendre dâun dĂ©moniste. Il serait ainsi totalement libre. Quant aux vielles rengaines des anciens dĂ©monistes, qui pensent que les dĂ©mons sont dans ce bas monde pour abuser des vivants, je pense quâelles ont Ă©tĂ© rendues caduque depuis la guerre de Sang-Temps et lâinstauration du gouvernement. Il est temps maintenant dâinstaurer une relation de confiance entre dĂ©mons et dĂ©monistes et de travailler mains dans la main.â rĂ©pondit ZĂ©li. Elle se surprit elle-mĂȘme dâavoir rĂ©ussi Ă ressortir autant dâĂ©lĂ©ment quâelle avait condensĂ© pendant son annĂ©e dâĂ©tude. Alihskan applaudi doucement.
-âAdmirable. Me feriez-vous lâhonneur dâune dĂ©monstration ?âÂ
ZĂ©li regarda Nehkurson, nerveuse, il opina de la tĂȘte et demanda posĂ©ment ;
-âEst-ce vraiment nĂ©cessaire mon cher ?â
-âNon, lâexamen est pratiquement terminĂ©, câest plus pour la beautĂ© du geste, et parce quâun de mes doctorants a Ă©chouĂ© Ă son examen. Jâallais mâen occuper moi-mĂȘme mais⊠â. ZĂ©li lâinterrompit en faisant apparaitre une forme humanoĂŻde dans la piĂšce. Elle ĂŽta lâun de ces bracelets, et lâenvouta en prononçant une incantation dans une langue aux sonoritĂ©s impossible. Elle se leva pour sâapprocher de lâĂȘtre, le cĆur toujours en mains, et glissa le bracelet au poignet gauche, et le cĆur dans la partie droite de lâabdomen. LâĂȘtre humanoĂŻde se changea alors en une plantureuse gĂ©ante, aux formes gĂ©nĂ©reuses, une longue tresse de cheveux noirs reposant sur son imposant dĂ©colletĂ©. Les traits de son visage, similaire Ă celui de Skamos, se formĂšrent en dernier.
-âEnfin ! Oh Nehkurson, il nây avait longtemps que je ne tâavais pas croisĂ©.â La gĂ©ante sâavança vers Nehkurson, faisant claquer ses chaussures Ă talons sur le sol. Ce dernier baissa la tĂȘte et apprĂ©cia la grattouille de la gĂ©ante.
-âMa chĂšre Aesma, toujours aussi plantureuse Ă ce que je constateâ ronronna-t-il.
-âAhaha, jâaime bien apparaitre avec des avantages, câest rigoloâ rĂ©pondit-elle en soupesant sa poitrine. âMais dit moi Alihskan, ce nâest pas lâexamen de tes doctorants que tu as fait passer Ă cette jeune femme ?â poursuivi elle en venant sâappuyer sur lâĂ©paule dâAlihskan.
-âSi si, mais regarde comme elle est douĂ©e la petite, je pouvais pas passer Ă cĂŽtĂ© de ce plaisir. Asmodeus tâa racontĂ© comme son dĂ©moniste assignĂ© lĂ fait galĂ©rĂ© ? Autant tâĂ©viter ça ?â
-âCâest vrai que lĂ je suis mieux lotis. Bon mes frĂšres, câest pas tout ça, mais jâai du boulot, je filoche, on se fait un sacrifice Ă lâoccasion ?âÂ
-âVolontiers, je suis tranquille les deux prochains mois, et toi Nehkurson ?â
-âĂa dĂ©pendra des Ă©vĂšnements de cet Ă©tĂ©, je vous tiens au courant.â Sur ces derniers mots de Nehkurson, la dĂ©mone traversa le mur et sâĂ©vanoui.Â
-âBien, Mademoiselle Carboza. Vous avez plus que prouvez vos capacitĂ©s, et je commence doucement Ă comprendre pourquoi le Grand Plan sâintĂ©resse autant Ă vous. Vous faire passer une seconde annĂ©e de licence classique serait bien inutile. Je vous propose ceci ; via un chronotemporalisateur, dĂšs la rentrĂ©e, vous entamez conjointement un cursus de deuxiĂšme et troisiĂšme annĂ©e. Nous ferons le bilan Ă la fin du premier semestre afin de voir si nous continuons sur cette formule, oĂč si nous vous faisons directement passĂ© les examens pour entrĂ©e en formation de MaĂźtre. Je suggĂšre aussi que vous puissiez participer Ă tous les TP, mais je laisse cette responsabilitĂ© Ă Nehkurson. Tu me donneras des rapports mon chat ?â
-âPas de soucis grand fou, nous ferons cela autour dâune tasse de thĂ©.â rĂ©pondit en baillant Nehkurson. ZĂ©li Ă©tait sidĂ©rĂ©e de dĂ©couvrir comment les dĂ©mons se comportaient entre eux, câĂ©tait si⊠Chou ? Skamos revient dans la piĂšce Ă Â ce moment-lĂ . Il avait gagnĂ© de la masse musculaire.Â
-âVotre examen sâest bien dĂ©roulĂ© Ă ce que je constate Skamosâ dĂ©clara Alihskan en observant la carrure de lâIncube.
-âTrĂšs bien mĂȘme. Jâai pu rĂ©cupĂ©rer un peu plus de ma puissance, le Grand Plan est satisfait de mes progrĂšs.â rĂ©pondit-il dâune voix rauque. Il revient sâasseoir Ă cĂŽtĂ© de son ami et murmura :
-âTu parles, jâai carrĂ©ment tout dĂ©chirĂ© !â
-âBien, jeunes gens, comme votre examen est terminĂ©, je vais vous ramener dans votre dimension. Passez de bonnes vacances, jâaurai plaisir Ă vous retrouver Ă la rentrĂ©e !â Sur ces mots, Alihskan claqua des doigts et tous trois revient dans leur dimension colorĂ©. LâĂ©tudiant qui avait Ă©tait recouvert de la veste du professeur sâeffraya quand celle ci apparu sur lui. Alihskan la retira prestement, visiblement dĂ©solĂ© et amusĂ© de sa bĂȘtise. Il se racla la gorge et lâambiance studieuse repris dans lâamphithéùtre. Sans un mot, ZĂ©li et Skamos se levĂšrent et quittĂšrent lâamphithéùtre sous le regard mĂ©dusĂ© de leurs comparses. Ils discutĂšrent en grimpant les escaliers.
-âAlors comme ça jâai entendu dire que tu avais une petite amie ?â demanda Skamos en sâallumant une longue cigarette qui fuma immĂ©diatement une Ă©paisse matiĂšre noire.
-âComment tu sais ça ?â
-âEntre Incube et Succube, on se raconte tous les ragots ma puce, câest la base de notre milieu.â
-âMais attend, tu nâĂ©tais mĂȘme pas prĂ©sent Ă ce Sabbat, dâailleurs, tu Ă©tais oĂč aux derniers sabbats ? Ăa fait des lunes que je tâai vues dans aucun sabbat du campus ?â
-âJâai trouvĂ© du boulot, je suis danseur pour le Karaplatz, je me fais des bons gros pourboires ! Faudra que tu y viennes un jour, je te payerais tes consos !â
-âWow, câest un endroit un peu⊠dĂ©cadent non ?â
-âOui totalement, mais si tu es sous la protection dâunâe Succube ou dâunâe Incube, tu es en sĂ©curitĂ©, les clients ne te remarquent pas et tu peux profiter dâun tout autre type de soirĂ©es. Tu es ma seule copine dans cette formation, alors ça me fera plaisir que tu viennes !â
-âJe note lâinvitation, je tâenvoie un rapace pour te tenir au courant ?â
-âĂa marche ma belle, profite bien de tes vacances, jâespĂšre que tu pourras avoir un peu dâintimitĂ© avec elle !â Il lui fit un clin dâĆil appuyĂ©. ZĂ©li rigola en sortant du bĂątiment. Son ami dĂ©ploya une grande paire dâaile quâelle ne lui avait jamais vu et sâenvola. Elle le regarda quelques instants volĂ©, puis se dirigea vers un puits. Elle remonta le seau et en sortit un poisson. Lâanimal frĂ©tillant vigoureusement dans sa main, elle lâenferma dans une bulle dâeau. Alors quâelle se dirigeait vers la riviĂšre, un chat noir apparus. Je suis fiĂšre de toi ZĂ©li, tu nous as Ă tous prouver ton talent. Mais je ne suis pas sĂ»re que tu feras le cursus de cette maniĂšre.
-âPourquoi tu dit ça ?â demanda-t-elle au dĂ©mon.
Jâai un drĂŽle de pressentiment, je crois que cet Ă©tĂ© sera riche en aventures pour toi.Â
-âSi tu le dis... mon chatâ ricana-t-elle en sâagenouillant sur le bord de lâeau. Elle y tapota trois fois, sous le regard outrĂ© de Nehkurson. Un cormoran vint Ă sa rencontre. Elle lui jeta le poisson, quâil engloutit dâune traite.Â
-âMessage pour Arylenn Athapascanes: je suis sortie de mon examen, ça sâest infiniment mieux passĂ© que ce que je pensais. On se retrouve Ă la sortie du souterrain Nord ? Je sais pas oĂč tu voulais aller boire un verre, et je mâen fiche un peu, je suis juste heureuse de pouvoir profiter de cette belle journĂ©e avec mon amoureuse. Fin du message.â Le cormoran plongea directement. ZĂ©li se redressa et sâĂ©tira. Elle nâaurait jamais pensĂ© que cette premiĂšre annĂ©e scolaire dâindĂ©pendance se passerai aussi bien ! Elle appela sa planche et sâenvola en dansant sur cette derniĂšre.  Â