Ce matin le ciel Ă©tait maussade et gris. Les nuages emplissaient le ciel et l'air Ă©tait lourd. Cela sentait l'Ă©tĂ© qui arrivait. Pourtant tu portais toujours ta veste trop grande pour toi, ce vieux k-way aux couleurs dĂ©lavĂ©es qui faisait tĂąche au milieu des tee shirts et dĂ©coltĂ©s. T'Ă©tais toujours comme ça, toujours dĂ©calĂ©e, toujours Ă te faire remarquer. T'Ă©tais la seule Ă te balader avec tes milliers de badges, tes breloques cousues Ă ton sac qui tintent Ă chaque pas que tu fais. T'Ă©tais la seule Ă t'habiller Ă la friperie du coin, manque d'argent ou juste envie d'originalitĂ©, on savait pas, tu laissais le doute plĂąner. J'aimais bien imaginer tes vacances Ă la montagne, dans un chalet, Ă sortir te balader en pleine nuit pour aller voir le ciel Ă©toilĂ©. Pourtant ton genre c'Ă©tait plus Ă rester boire du thĂ© devant la cheminĂ©e, avec un livre et un carnet. Mais j'savais que t'en rĂȘvais de ça, de balades, d'Ă©toiles, de marcher sans but, de conversations nocturnes qui laissent toujours une trace dans la mĂ©moire et qui donne envie de se serrer trĂšs fort. J'avais envie de partir avec toi, une nuit, et de ne jamais voir le jour se lever. J'avais envie de nuits pluvieuses, sous le porche, toi avec ton kway dĂ©lavĂ©, moi avec mon anorak tout droit sorti d'alaska. ( t'aimais dire ça, alors qu'il venait juste du canada ) De noirceur humide, Ă en faire pleurer les coeurs et couler les mots. J'avais envie aussi de nuit ensoleillĂ©es, qui nous donnent l'impression que la lune rĂ©chauffe autant que le soleil, et que nous pouvions tout faire sous cette chaleur Ă©ternelle.