Le 24 juin 1859, dans la province de Mantoue, au nord de l'Italie, un petit village entre ce jour-là dans l'histoire : c'est Solférino. L'empereur Napoléon III, à la tête d'une armée franco-piémontaise, écrase les Autrichiens. C'est une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels au secours restent sans réponse. Témoin de cette tragédie, un citoyen suisse, Henry Dunant, improvise des secours avec le concours des populations civiles locales. Il assiste sans discrimination les soldats des deux camps. Fortement ébranlé par ce qu'il voit, Henry Dunant publiera à son retour l'un des premiers reportages de guerre, "Un Souvenir de Solférino", dans lequel il dénonce les horreurs des combats. Le 25 mai 1864, il crée la Croix-Rouge française qui, par son action constante en faveur des victimes, et la diffusion de son éthique de tolérance et de dialogue, contribue à la prévention des conflits et des tensions. Symbole de protection, la Croix-Rouge intervient sans a priori idéologique et sans jugement auprès des personnes migrantes. Elle accueille toute personne en situation de précarité sans condition préalable ni distinction de sexe, de race, de religion, de nationalité, de condition sociale, d’appartenance politique ou idéologique. C'est en 1901 que le prix Nobel de la paix fut décerné pour la première fois. Les deux lauréats furent le fondateur de la Croix-Rouge, Henry Dunant, et Frédéric Passy, un pacifiste français. Le seul prix Nobel de la paix décerné pendant la première guerre mondiale fut attribué en 1917 au Comité international de la Croix-Rouge, qui le reçut à nouveau en 1944, en hommage à l'activité sans trêve qui fut la sienne durant la seconde guerre mondiale.












