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Mon fils est né en 2009. Je ne saurais pas encore, presque 7 ans plus tard, comment témoigner. J'ai souffert de choc post-traumatique. Toute ma vie s'est détricottée après sa naissance. Aujourd'hui ça va mieux, mais je ne suis pas encore tout à fait remise. Ce que je trouve le plus dur, c'est la normalisation de cette violence. J'ai vécu des agressions de nature sexuelle (pas les pires du genre, faut dire), et mon accouchement a été ben plus traumatisant. Je n'accoucherai plus jamais. Et à choisir, je prendrais une dizaine de ces autres agressions plutôt qu'un seul autre accouchement. Mais c'est comme si je n'avais pas le droit de le dire. On m'a tellement dit que j'exagérais, que j'avais mal interprété... Le parallèle avec le viol est sidérant. L'expérience de la violence obstétricale laisse si mal en point qu'on n'a plus la force, après, de faire face à celle du processus de dénonciation. Et puis je doute encore de moi-même: mes besoins étaient-ils si étranges et exhubérants que personne n'aurait pu y voir? Mes attentes, en tant que patiente à risque élevé, étaient-elles démesurées? Une personne normale aurait-elle mieux passé au travers? Est-ce ma faute?