Parles, parles, parles
Ça c'est Jules, Antoine, Charles.
Et parles, parles, parles
Georges et Gérard,
Ainsi s'exprime le Grand Poète
De ces grands Compositeurs qu'il a côtoyé
Que lui connait,
Sous les yeux admiratifs
De celle qui derrière lui s'affaire
Sa vie, son œuvre, il la raconte
En long mais surtout en large
Sur tous les continents son parcours,
La reconnaissance
Qui résonne dans le cœur
De celle qui trie et classe, et gère
La paperasse
Parle sans s'arrêter, et il en connaît
Des Jeans et des Andrés
Ce Vieux Poète, qui a été là et qui a été présent, fût un temps,
Lui.
Alors il raconte, tout ce qui fait son œuvre,
Ces hommes qui l'ont marqué,
Ses femmes qu'il a aimé,
Ce qui pétille aux oreilles attentives
De celle qui range derrière lui.
Ces paroles, rayonnantes et inspirantes,
Ce sont des perles qui parent le cou de cette femme, y brillent en miroir sur sa langue,
Presque l'étranglent.
Cette femme qui bouge, qui note et qui marche un pas de moins que ce Vieux Poète.
Autour de la table qu'il recouvre de souvenirs, elle tourne, elle vire,
Et en son absence, quand il est parti, dans le silence qu'il laisse derrière lui,
De sa bouche rejaillissent, lovés dans un ton dévoué, ces grands mots et ces grandes expériences.
Ce talent si fascinant, si concret, si palpable
La réalité que retranscrit cette plume infatigable,
Une chance inestimable
Dit-elle en notant des chiffres, en tapant, elle, des mots qu'il nomme "démagogiques"
Sur le dossier millimétré d'une subvention étatique
(subvention qui permettra au Poète de continuer de vivre).
Heureusement qu'il peut dire, lui,
Entre les souvenirs de deux Jacques et trois Louis,
Que "la poésie, ce n'est pas de la politique"
Il Parle Le Poète, Saint-Saëns (2026)














