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Lu Wuyi (Ju Jingyi), une jeune renarde à neuf queues, est envoyée en mission pour retrouver Xiao Wei, un démon qui a pris la poudre d’escampette avec le pouvoir du Dieu Dragon.
Pour ça, elle se déguise en prêtresse et s’infiltre dans le manoir Wei à Luoyang. Sauf qu’elle n’est pas la seule à vouloir mettre la patte sur le Graal magique. On y croise :
Wu Shiguang, un chasseur de démons venu chercher vengeance (parce qu’un protagoniste masculin sans traumatisme, c’est comme un wok sans légumes, ça manque de saveur).
Wu Wangyan, sa grande sœur renarde.
Ji Ling, un jeune chasseur de démon membre de la secte Shi Ling, à l’air angélique, mais au passé… comment dire… artificiel.
Ensemble, ils vont enquêter (en marchant au ralenti), se battre (en tournant sur eux-mêmes comme des toupies), s’aimer, se trahir, et accessoirement essayer d’empêcher le démon Jiu Ying (le méchant à neuf têtes, parce qu’un méchant à une tête, c’est trop mainstream) de détruire le monde.
Scénario
L’histoire, adapté de l’histoire courte The Painted Skin **(畫皮) du Pu Songling (蒲松龄), part sur une base assez cool : un jeu de pistes surnaturel où chaque personnage a des secrets, mêlé à des identités cachés, des trahisons, et des destins croisées à n'en plus finir.
Le problème, c'est que parfois, le scénario se perd un peu dans son propre puzzle. Certaines intrigues secondaires traînent en longueur. Les personnages agissent parfois sans qu'on comprenne bien leurs motivations. Pourquoi cette décision soudaine ? Ce revirement ? Les flashbacks et les révélations arrivent souvent après la bataille, ce qui donne l'impression que les scénaristes inventent la backstory au feeling entre deux épisodes.
Et puis, quand arrive le grand final contre le grand méchant Jiu Ying, tout s'accélère d'un coup, comme si le scénariste s'était soudain rappelé qu'il avait un train à prendre à 7h le lendemain.
Mais franchement ? C’est prenant. Le rythme est inégal, mais tu accroches.
Jeu d’acteur
Ju Jingyi (Lu Wuyi) : Comment dire... Elle est là. Physiquement, elle est parfaite en renarde mystérieuse et roublarde. Mais dès qu'il s'agit de transmettre une émotion autre que "je suis belle et énigmatique", c'est le désert. Son jeu est aussi expressif qu'une porte de prison. Heureusement, le personnage est écrit pour être vague et insaisissable…
Tian Jiarui (Ji Ling) : LA RÉVÉLATION. Ce mec est venu, il a vu, il a vaincu. Il incarne avec une facilité déconcertante deux facettes totalement opposées du même personnage : le petit renard naïf, et l'entité divine austère et torturée. On sent qu'il a compris la profondeur du bordel scénaristique et il porte le drama sur ses épaules avec une prestance folle. (Je ne suis pas objective, et alors ?)
Chen Duling (Wu Wangyan) & Joseph Zeng (Wu Shiguang) : Très bons tous les deux. Leur couple secondaire est d'ailleurs bien plus intéressant que le couple principal (un grand classique des cdramas). Dommage que le scénario ne les développe pas assez.
Yan An (Li Jie) : Le beau gosse musclé et loyal qui sert de GPS émotionnel à Ji Ling. Mention spéciale pour son jeu tout en biceps et en dévotion.
Mention spéciale : Tous les acteurs sont beaux, même les figurants. C’est un peu la marque de fabrique de Guo Jingming, le réalisateur.
Esthétique visuelle
C’est le point fort du drama, on ne peut pas lui enlever ça (n’est-ce pas , Guo Jingming ?).
Les costumes sont somptueux, les coiffures sont des œuvres d’art, les décors semblent tout droit sortis d’un tableau de maître. Chaque plan pourrait être imprimé en poster et accroché au mur. Les scènes de combat, bien que parfois trop stylisées, sont chorégraphiées avec soin.
Mais…
Toute cette beauté vient avec un prix. Le drama donne parfois l’impression de privilégier l’esthétique au détriment de la narration.
“Oui, on a passé 10 minutes sur ce plan où les cheveux flottent au ralenti dans la lumière dorée. Non, on n’a pas eu le temps d’expliquer pourquoi ce personnage est soudainement devenu méchant. C’est la vie ✨”
Musique
Les OST sont plutôt sympas, ça accompagne bien l'émotion quand il y en a. C'est épique quand ça castagne, c'est doux quand ça roucoule. Bref, c'est une BO de fantasy chinoise tout à fait compétente dans son job.