A sa sortie de prison, E* qui est un parfait Aryen issu de la bourgeoisie s'est mis Ă dire Ă tout le monde que les dĂ©nonciations anonymes, les triangulations, les coups bas dont il venait de payer le prix fort, et qu'il avait percĂ© Ă jour en recoupant les Ă©lĂ©ments du dossier pĂ©nal pendant sa dĂ©tention, provenaient de ses semblables, gens de la mĂȘme classe sociale que lui. E* racontait qu'il Ă©tait dĂ©sormais "Ă©cĆurĂ© des Blancs", formule d'autant plus simpliste qu'elle venait de ce gars Ă©duquĂ©, d'habitude subtil et prĂ©cis.
La surveillance horizontale, la délation et la lettre anonyme sont un triste mode de rapport à l'autre, mais ces maniÚres deviennent inexcusables en période d'invasion et de crise aggravées. Elles ne peuvent alors provenir que de personnes qui ne sentent pas leur époque, qui ne comprennent pas l'heure qu'il est, et la tranquillité de leur laideur morale signifie davantage qu'une adaptation passive aux horreurs du temps. Elle cache une complicité active. Ils sont des collaborateurs et des contributeurs décontractés du génocide des Blancs, gé-no-cide objectif, mesurable, quantifiable, indiscutable. Ce calme de la lettre anonyme à la police, cette nuisance comme-il-faut, civilisée, raisonnable, comporte une dimension diabolique, cela se mesure à ses conséquences pratiques: banqueroutes, maisons en ruine, raréfaction en nombre du beau peuple, étouffement du bon grain par la mauvaise herbe, apparition de la méfiance mutuelle, destruction mesurable des sociétés européennes qui n'ont de caucasiennes plus que la face mais qui sont à l'intérieur de purs * de synthÚse. Société de troglodytes, de branlomanes et de passifs-agressifs absolument ennemis les uns des autres, acharnés jusqu'à la fin à réussir à surprendre en faute leur frÚre, avant de disparaßtre définitivement, eux et la société monstrueuse qu'ils ont engraissé des exsudations de leur ressentiment.
E* est un maladroit et non un malfaiteur, il a par maladresse souffert mille maux de la part de gens sans pitiĂ© pourtant parfaitement bourgeois, peut-ĂȘtre vaguement Ă©duquĂ©s autrefois, mais d'une froideur, d'un cynisme, d'une glaciale absence de tact, d'un manque absolu d'empathie, gens moyens qui jouissaient de frapper sur le grand et fort gaillard qui leur faisait de l'ombre. A sa place je me serais vengĂ© cent fois, mais E* est un non-violent intĂ©gral.Â
C'est une chose terrifiante que la majoritĂ© des dĂ©lateurs bĂ»ches calmes. Les gens qui ne sentent rien, il faut les identifier et s'en dĂ©fendre partout et toujours. Leur laideur morale est sĂ»re de son bon droit, adaptĂ©e, elle va de soi, elle demeure dormante jusqu'au jour oĂč ils l'Ă©veilleront s'ils vous tiennent soudain Ă leur merci, moment sayanim de bascule aprĂšs lequel il n'auront plus jamais affaire Ă vous (croient-ils), d'oĂč rĂ©vĂ©lation brĂšve mais fatale, de leur vraie nature. Les bĂ»ches calmes sont souvent des hommes, d'ailleurs.
Portrait de la sociĂ©tĂ© bo-bo en 3 personnages : 1/ la flippĂ©e, 2/ le bĂ»che calme, 3/ la grosse dame agitĂ©e (GDE). D'oĂč nos distances de sĂ©curitĂ© avec une sociĂ©tĂ© que nous ne comprenons pas, peuplĂ©e de gens avec qui nous ne partageons rien, qui ne nous apportent rien, qui ne se sont signalĂ©s Ă nous toujours que par leur capacitĂ© de nuisance. Or s'il n'y avait qu'eux! Qu'il s'agisse de bo-bos du sol, de racailles ou d'envahisseurs, un mĂȘme constat: n'avoir jamais rien eu Ă gagner Ă les frĂ©quenter. A peine Ă©changez-vous deux mots avec l'un d'eux qu'Ă l'instant vous voilĂ tout rouillĂ© de leur rouille, tout flĂ©chi de leur flemme, tout pesant de leur inertie, tout sali de leurs maniĂšres, de leur phrasĂ©ologie, de leur exhibitionnisme. Comme alors s'expliquent, pour se conserver pur, les antiques prescriptions religieuses de sĂ©paration! Nous ne sommes pas comme les autres. Pas mieux que les autres... Mais pas comme. Nous ne devons pas regarder ce qu'ils regardent, pas manger ce qu'ils mangent, pas espĂ©rer ce qu'ils espĂšrent, ne rien vouloir de ce qu'ils veulent. Ces sales fissdeups.
Nous n'aimons que les inadaptés, ne respectons que les anarchistes (école Bob Black), les proudhoniens, les fa****s, les religieux, les distants, les profonds, tous ceux qui en gardent sous la pédale, ceux que la vie a laissé de cÎté, ceux en qui les coups bas n'ont pas tué la charité. D'ailleurs c'est bien simple: tous nos amis sont des inadaptés. Ami, crains les adaptés!













