RĂȘves.
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Ce poĂšme a Ă©tĂ© Ă©crit en russe, mais il nâa jamais Ă©tĂ© publiĂ©. Je lâai traduit en français pour cet espace. Je ne vois pas lâintĂ©rĂȘt dâajouter lâoriginal en russe.
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dans ma nuit, j'ai crevĂ© le plafond des annĂ©es. j'ai brĂ»lĂ© cent fois plus sous la paupiĂšre des villes que sous cette lumiĂšre oĂč les hommes usent leurs chaussures et leurs yeux.
j'ai été le chùtaignier du monde, un tronc immense sous une pluie d'indigo, l'écorce gorgée d'orages, puis plus rien : une énergie sans peau, sans os, un éclat dur dont la seule blessure était de créer.
j'ai été le monstre muet qu'aucun peuple ne nomme. j'ai vu la nuit tourner à l'envers. les loups roux s'agenouillaient, la gueule encore pleine de sang, leurs yeux devenaient des icÎnes.
j'ai touchĂ© des corps faits d'argile et de sucre, des prĂ©sences muettes que la terre me refuse. combien de fois suis-je mort dans les draps, le cĆur arrĂȘtĂ© sous la voĂ»te, pour me recoudre au matin, tremblant et neuf ?
je me suis arraché le reste. mille fois, les mains plongées dans mon propre ventre, je me suis battu pour faire place nette. j'en ai sorti des visages sans yeux, le bruit des spectres sous les portes, des dates de calendriers morts, des chambres oubliées.
j'ai tout jeté sur le carreau pour qu'il ne reste que la vraie clarté, celle qui brûle.
ma vie, la vraie, me déchire et me sauve, de l'autre cÎté des paupiÚres.
- Dato















