L’une des pratiques grâce auxquelles, tant bien que mal, on s’accommode des affres quotidiennes : parler, non pas pour dire ce que l’on porte au fond de soi et que, pour peu que l’on ne soit pas seul, il y aurait lieu de confier puisque c’est cela qui oppresse dès le réveil, mais pour se libérer provisoirement du terrible faix en s’embarquant dans un commerce de paroles d’une tout autre veine. Comme s’il fallait le va-et-vient moi et toi du dialogue pour emporter les mauvais gravats…
Michel Leiris, À cor et à cri, Gallimard, 1988













