TITANIC : LES MOTEURS ONT-ILS ĂTĂ RENVERSĂS ?
NB : Ătant donnĂ© quâil y a certains problĂšmes avec la plateforme « Tumblr » pour ce qui est des notes de bas de page ou de fin de document, nous inclurons nos rĂ©fĂ©rences dans le cadre du texte, et une bibliographie en bonne et due forme sera fournie en fin de document.  Les seules notes de fin de document que nous laisserons seront des notes explicatives de certains concepts.  Un lexique suivra Ă©galement.  Les mots dĂ©finis seront en gras et le lecteur nâaura quâĂ aller lire la dĂ©finition en fin de texte.
De façon gĂ©nĂ©rale lâHistoire â qui est une science tout comme la physique ou la psychologie â permet Ă lâhistorien dâinterroger ses sources grĂące Ă une mĂ©thodologie bien spĂ©cifique[1].  Câest ainsi que lâon parvient Ă dĂ©partager le vrai du faux dans tout Ă©vĂ©nement historique.
Cependant, lâun de ces derniers a Ă©tĂ© si souillĂ©; si corrompu, entre les mythes, les faux tĂ©moignages volontaires ou pas, et les tĂ©moignages biaisĂ©s, quâon en vient Ă douter quâun jour la vĂ©ritĂ© ne triomphĂąt : câest le naufrage du TITANIC.
Les questions que lâon se pose depuis plus de 100 ans maintenant sont trĂšs nombreuses, et quiconque sâest un tant soit peu intĂ©ressĂ© au TITANICles connaĂźt bien.  Cependant, il existe Ă©galement des questions dont nous ne soupçonnions pas quâelles soient lâobjet de dĂ©bats, et pourtant !  Câest lâune de celle-ci que nous examinerons ici, appuyĂ©e par la monographie collective intitulĂ©e en anglais Sea of Glass.
Le premier officier du TITANIC, William McMaster MURDOCH, qui Ă©tait de quart le soir oĂč lâiceberg fut abordĂ©, a-t-il donnĂ© lâordre de mettre les machines en marche arriĂšre quelques secondes avant lâimpact ?  Qui donc a tĂ©moignĂ© quâelles lâavaient Ă©tĂ© ?  Cet ordre aurait-il pu ĂȘtre si bref que personne nâen aurait eu conscience ? Ce sont les questions que nous nous poserons dans le cadre de cet article.
I- Â Â Â Â Â Â Les officiers : qui a vu et entendu quoi ?
Tout dâabord, avant de rĂ©pondre Ă nos questions, il est important pour la suite des choses de savoir oĂč Ă©tait chaque officier dans les minutes qui ont prĂ©cĂ©dĂ©es et suivies lâaccident, et ce afin dâĂȘtre en mesure de dĂ©terminer qui a vu et / ou entendu sonner le tĂ©lĂ©graphe par lequel MURDOCH aurait donnĂ© son ordre de renverser les moteurs. Â
Lâiceberg se dĂ©tache dans la noirceur de lâAtlantique Nord et semble se redresser Ă mesure que le TITANICpoursuit sa course suicidaire vers ce dernier.  Dans le nid-de-pie, deux jeunes hommes Ă©carquillent les yeux, rĂ©alisant le danger.  Lâun dâeux, Frederick FLEET, une fois la surprise remplacĂ©e par lâhorreur, agite frĂ©nĂ©tiquement la cloche trois fois, avant de se ruer sur le tĂ©lĂ©phone et appeler la passerelle.  Sur celle-ci, câest le sixiĂšme officier James Paul MOODY qui soulĂšve le combinĂ© sans toutefois parler[2].
« Y a-t-il quelquâun ? »demande alors la vigie au caractĂšre bouillant, qui deviendra cĂ©lĂšbre pour la postĂ©ritĂ©.
- Â Â Â Oui. Â Que voyez-vous ?lui demande le jeune officier[3]
-    Iceberg !RĂ©ponds lâautre.  Droit devant ! »
Sur lâaile tribord, MURDOCH entendit vraisemblablement FLEET de lĂ oĂč il Ă©tait, et avait probablement vu lâiceberg en mĂȘme temps que lui.  Il se rua dans la timonerie, criant « BarreĂ bĂąbord toute! » Ă lâintention du barreur, le quartier-maĂźtre Robert HITCHENS, avant de courir vers les tĂ©lĂ©graphesafin de les positionner sur« stop ».  Il appuya ensuite sur le panneau de contrĂŽle des 16 portes Ă©tanchespour les fermer, tandis que MOODY, derriĂšre HITCHENS, sâassurait que celui-ci exĂ©cutait les ordres de façon adĂ©quate et tournait la roue Ă gauche[4].
Joseph BOXHALL, le quatriĂšme officier, qui avait dĂ» aller dans les quartiers des officiers, revenait en passant par le pont des embarcations lorsque FLEET sonna la cloche, et il entra sur la passerelle au moment mĂȘme oĂč MURDOCH appuya sur le panneau de contrĂŽle des portes Ă©tanches [Commission EnquĂȘte Britannique, questions 15343-15345].  Son regard se porta ensuite sur les tĂ©lĂ©graphes, qui selon lui, Ă©taient positionnĂ©s sur machine arriĂšre [CEB, questions 15346].
Câest alors que le capitaine SMITH, qui avait quittĂ© la passerelle pour gagner ses quartiers autour de 21h30, surgit et demanda ce qui se passait.  Lorsquâon le lui expliqua, il ordonna aussitĂŽt Ă BOXHALL dâaller sonder le navire pour constater les dĂ©gĂąts [CEB, questions 15356].  Chemin faisant, il rencontra le troisiĂšme officier Herbert PITMAN et lui apprit que les locaux de la poste Ă©taient inondĂ©s.  Il y avait donc bel et bien unevoie dâeauplutĂŽt inquiĂ©tante.
Au moment de lâabordage, PITMAN dormait, et ce fut lâimpact qui le rĂ©veilla.  Restant tout dâabord Ă©tendu dans sa couchette, il se levĂąt ensuite et sortit de sa cabine, oĂč dans le quartier des officiers il rencontra le deuxiĂšme officier, Charles LIGHTOLLER, qui lui aussi dormait au moment de lâaccident et qui venait lui aussi de se lever.  « Avons-nous heurtĂ© quelque chose ? » demanda PITMAN.  « Câest une Ă©vidence! »RĂ©pondit ce dernier, avec condescendance.  Le troisiĂšme officier continua son chemin et gagna le pont des embarcations oĂč le capitaine SMITH venait dâordonner de prĂ©parer les canots de sauvetage [CEB, questions 14930; 14932-33; 14941; 14944-45].
Le cinquiĂšme officier Harold LOWE sâĂ©tait mis au lit aprĂšs 20h et il dormait au moment de lâaccident.  Ce furent des voix, derriĂšre sa porte, dans les quartiers des officiers, qui le rĂ©veillĂšrent.  Il se leva et aperçut des femmes qui Ă©taient vĂȘtues de gilets de sauvetage.  Il enfila son uniforme et se rendit lui aussi sur le pont des embarcations [CEB, questions 15789-91]oĂč il aida Ă prĂ©parer les canots pour quâils soient amenĂ©s[CEB, questions 15794-95][5].
II-      Moteurs renversés ?
Il semble bien que BOXHALL ait Ă©tĂ© le seul qui aurait pu tĂ©moigner avoir vu le tĂ©lĂ©graphe positionnĂ© à « renverse »[Sea of Glass, p. 294].  OLLIVER, lâun des six quartiers-maĂźtres prĂ©sents sur le TITANIC, entrait dans la timonerie lorsquâil vit MURDOCH appuyer sur le bouton des portes Ă©tanches, mais il ne lâa pas vu ordonner le renversement des moteurs.  Lorsque le capitaine SMITH prit les choses en main, dĂšs quâil arriva sur la passerelle, il fit mettre les moteurs à « En avant, vitesse mĂ©diane »[6].  Le navire avançait, mais si lentement quâil Ă©tait presque stoppĂ©.  Une conversation eut ensuite lieu entre lui et MURDOCH, de laquelle HITCHENS et OLLIVER ont pu tĂ©moigner : « Quâest-ce que câĂ©tait ? » fit SMITH.
-    Un iceberg, répondit MURDOCH.
-    Fermez les portes étanches !
-    Les portes étanches sont déjà fermées, capitaine ! »
Cependant, Ă ce rĂ©cit, BOXHALL rajouta cette phrase quâaurait Ă©noncĂ©e MURDOCH : « Jâai mis la barre Ă tribord toute et les moteurs Ă renverse, mais il Ă©tait trop prĂšs pour lâĂ©viter et il lâa heurtĂ© ! »[CEB, question 15355]
Pourquoi BOXHALL est-il le seul, parmi tous ceux prĂ©sents sur la passerelle Ă avoir fait Ă©tat du renversement des moteurs, tant par les tĂ©lĂ©graphes que par cette derniĂšre phrase quâaurait prononcĂ©e MURDOCH ? Pourquoi les quartiers-maĂźtres, qui Ă©taient prĂ©sents tout au long de lâincident, nâont-ils rien dit sur le sujet ? Les moteurs furent-ils oui ou non renversĂ©s ?
Ă dĂ©faut de consensus parmi les officiers et les quartiers-maĂźtres, transportons-nous dans la salle des machines et voyons lĂ ce qui sâest passĂ©.
Patrick DILLION, un soutierqui Ă©tait de quart lorsque le mammouth dâacier croisa son pendant de glace, a tĂ©moignĂ© que le tĂ©lĂ©graphe reliĂ© Ă la passerelle a sonnĂ© moins de cinq secondes avant le choc [SoG, p. 294].  Les moteurs ont ensuite Ă©tĂ© stoppĂ©s environ une minute et demi aprĂšs, suite Ă quoi le tĂ©lĂ©graphe a indiquĂ© « renverse pleine vitesse » pour deux minutes, puis de nouveau « avancer ».  Quant Ă lui, le quartier-maĂźtre George ROWE, qui Ă©tait Ă la poupe du navire, sous la passerelle dâaccostage, confirme les propos de DILLION, mais de surcroĂźt, il va encore plus loin: il affirme avoir ressenti les fortes vibrations que produit la marche arriĂšre dâun navire [SoG, p. 294].
BOXHALL avait donc raison : les moteurs ont bel et bien été renversés.
Mais la question est quand?  Selon les auteurs de la monographie anglophone Sea of Glass, câest difficile Ă dire, et la rĂ©ponse serait 30 secondes aprĂšs lâabordage [SoG, p. 295]. Il serait donc trĂšs Ă©tonnant que ce fut avant lâabordage, et cela peut expliquer le fait que ni LIGHTOLLER â qui dormait au moment oĂč le navire et la glace se sont embrassĂ©s et qui est arrivĂ© sur la passerelle bien aprĂšs le capitaine SMITH puisquâil dira dans son tĂ©moignage ĂȘtre sorti sur le pont des embarcations aprĂšs avoir quittĂ© sa cabine et avoir vu en contrebas MURDOCH et SMITH dans lâaile tribord en train de scruter lâhorizon Ă la recherche de lâiceberg â ni PITMAN ou LOWE nâont vu ou entendu quoique ce soit au sujet de cet ordre de renverser les moteurs [SoG, p. 295].  BOXHALL est arrivĂ© avantceux-ci puisque contrairement Ă ses deux confrĂšres, il Ă©tait de quart au moment de lâabordage, et ce depuis 20h.  à 23h40, heure de lâaccident, il lui restait 20 minutes de service.
Mais les deux quartiers-maĂźtres Ă©taient, eux, de quart, et prĂ©sents sur la passerelle en tout temps.  Alors pourquoi nâont-ils pas rapportĂ© le fait queÂ
Figure1: Timonerie du TITANIC.  HITCHENS était positionné devant la roue, MOODY derriÚre lui. MURDOCH a utilisé deux des télégraphes pour indiquer "machines arriÚres".
 MURDOCH avait fait renverser les moteurs ?  Nous pourrions tenter une explication et câest le tĂ©moignage de DILLION qui nous y aidera : rappelons-nous que ce dernier a dit que les moteurs avaient Ă©tĂ© renversĂ©s que pour deux minutes, ce qui est une durĂ©e plutĂŽt brĂšve.
Il nous est tous arrivĂ© dâĂȘtre si attentifs Ă la lecture dâun livre ou Ă lâĂ©coute dâun film quâon ne remarque pas, Ă deux pas de nous, que quelquâun est entrĂ© dans la piĂšce, et celle-ci nous fait sursauter. Â
Lorsque le cerveau sait quâil exĂ©cute une tĂąche dĂ©licate, dont les consĂ©quences dâune erreur pourraient sâavĂ©rer mortelles, comme ce fut le cas sur le TITANICce soir-lĂ , il choisit dâaffecter toutes ses ressources Ă cette tĂąche, et fait passer tout le reste au second plan.  En dâautres mots, lâenvironnement est occultĂ© et ses stimuli entrent dans lâinconscient afin de laisser toute la place Ă la tĂąche principale. Â
Ce phĂ©nomĂšne psychologique reconnu se nomme unevision tunnel.  Câest peut-ĂȘtre ce qui sâest passĂ© pour OLLIVER et HITCHENS, et ce qui pourrait expliquer quâils nâaient pas vu et entendu quoique ce soit concernant lâordre de MURDOCH.  Mais bien sĂ»r, ce nâest lĂ quâune hypothĂšse.
Faire reculer un navire, on sâen doute, nâest pas une tĂąche aussi simple que dâempoigner un bras de transmission, de le ramener de drive (avancer)Ă rear(reculer) et dâappuyer sur lâaccĂ©lĂ©rateur en ne quittant pas le rĂ©troviseur des yeux, comme ce que nous avons lâhabitude de faire de façon quotidienne dans nos voitures.  Surtout sâil sâagit dâun navire Ă vapeur du siĂšcle dernier.  Mais voici comment les Ă©vĂ©nements se seraient dĂ©roulĂ©s sur le TITANICĂ partir du moment oĂč MURDOCH aurait poussĂ© la poignĂ©e du tĂ©lĂ©graphe Ă machines arriĂšre toutes :
Joseph BELL, lâingĂ©nieur en chef, aurait aperçu lâindicatif sonner, puis le voyant lumineux sâilluminer en rouge.  AussitĂŽt il fait porter lâordre aux mĂ©caniciens qui ralentissent la poussĂ©e des moteurs en fermant progressivement les coulisses afin de ralentir de beaucoup le navire.  à cette Ă©tape, quelques tours Ă laÂ
Figure2Â :Â Salle des machines du TITANIC.
roue de changement de marche et les coulisses sont disposĂ©es pour la marche arriĂšre.  Le navire sâimmobilise : on dit que la machine est piquĂ©epour les deux sens de rotation.  LâingĂ©nieur prend alors le levier pour lâintroduction directe de vapeur au grand cylindre et ouvre lĂ©gĂšrement la valve quâil commande, puis suit des yeux, trĂšs concentrĂ©, le mouvement de la machine car il ne peut pas la manquer, puis au bon moment, il referme la valve avant que le grand piston ait dĂ©butĂ© sa marche rĂ©trograde (DEMOULIN, p. 207-208).
Dans notre scĂ©nario, oĂč les conditions Ă©taient normales, BELL Ă©tait Ă cĂŽtĂ© des alarmes sonores et visuelles des tĂ©lĂ©graphes, et 30 secondes Ă©tait alors nĂ©cessaire pour quâil transmette lâinformation aux mĂ©caniciens et autres ingĂ©nieurs, et pour que les moteurs soient stoppĂ©s.  Cinquante Ă soixante secondes supplĂ©mentaires permettaient Ă lâĂ©quipage de la salle des machines de mettre le navire Ă renverse.  Mais le soir du 14 avril 1912, les conditions Ă©taient loin dâĂȘtre normales. Effectivement, lâĂ©quipage du ventre du navire ne sâattendaient pas du tout Ă cet ordre intempestif, et il nâest pas dit que tous les hommes Ă©taient Ă cĂŽtĂ© de leur poste de combat.  Les ingĂ©nieurs ont Ă©tĂ© pris par surprise, et il faut donc indubitablement compter des dĂ©lais supplĂ©mentaires.
Certains facteurs ont eu une incidence sur le temps dâexĂ©cution des opĂ©rations par les ingĂ©nieurs et les mĂ©caniciens, comme par exemple la complexitĂ© mĂ©canique du navire et le court laps de temps entre la vision de lâiceberg par FLEET et la sĂ©quence dâĂ©vĂ©nements jusquâau renversement des moteurs.  Cela Ă©tant, la logique veut quâil ait Ă©tĂ© tout simplement impossible que les moteurs puissent avoir Ă©tĂ© mis en marche arriĂšre avant lâabordage.
En dĂ©finitive, les moteurs nâont pas eu dâincidence dans la manĆuvre dâĂ©vitement par bĂąbord, et lâordre de MURDOCH ne lâa pas affectĂ©e.  Cela le dĂ©gage donc de toute responsabilitĂ©.  Il a fait ce que chacun dâentre nous aurait fait dans une telle situation si Ă la place dâun navire de 46 000 tonnes il avait eu une voiture entre les mains dâoĂč il aurait aperçu un obstacle sur la route devant lui : braquer le volant pour lâĂ©viter et freiner.
Quant Ă savoir sâil aurait dĂ» ne rien faire et laisser le navire heurter lâiceberg de plein fouet, en comptant sur la cloison dâabordage pour limiter le choc et les dĂ©gĂąts, câest une autre question que nous nous poserons dans un article subsĂ©quent.  Cependant, encore une fois, si nous remplaçons le navire par une voiture dont le conducteur devrait Ă©viter un obstacle sur la route, se poser la question câest y rĂ©pondre : combien dâentre nous choisiraient de percuter cet obstacle de plein fouet, sans braquer le volant, au cas oĂč il y aurait quelquâun dans la voie oĂč la voiture serait alors dĂ©portĂ©e par le coup de roue ?...
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NOTES DE FIN DE DOCUMENT :Â
[1]LâHistoire est devenue une science Ă la fin du XIXe siĂšcle avec, entre autres, lâĂcole des Annales de Marc BLOCH et Lucien FEBVRE.  Il sâagissait dâune revue que les deux historiens ont dĂ©marrĂ© en France, en collaboration avec le CNRS, et dans laquelle ceux qui Ă©crivaient devaient se plier Ă une mĂ©thodologie rigoureuse de critique interne et externe des sources.
[2]Le tĂ©lĂ©phone Ă©tait une technologie relativement rĂ©cente et son utilisation nâallait pas encore de soi comme câest le cas de nos jours.
[3]MOODY ne survivra hélas pas au naufrage.
[4]à cette époque, il fallait tourner la roue à gauche pour que le navire vire vers la droite et vice versa.
[6]En anglais « Half Ahead ».
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1.  ABORDAGE :Collision fortuite accidentelle entre un navire et un autre navire ou dâun navire avec tout objet prĂ©sent sur lâeau, comme par exemple des Ă©paves, des navires fantĂŽmes ou des icebergs.
2.  AMENER :Faire descendre, Ă lâaide dâun cordage, dâune maniĂšre dĂ©licate et contrĂŽlĂ©e, une embarcation de sauvetage.  Souvent, des auteurs utilisent le mot « affaler ».  Cependant ce mot est une aberration, Ă©tant donnĂ© que ce verbe conceptualise le fait de faire descendre une embarcation, mais de façon incontrĂŽlĂ©e et brutale.  Sur le TITANIC, seul le canot de sauvetage pliable A a Ă©tĂ© affalĂ© Ă©tant donnĂ© que les membres dâĂ©quipage, voulant le faire descendre du toit du quartier des officiers sur deux planches, lâont Ă©chappĂ©.  Ce canot est tombĂ© Ă lâeau Ă lâenvers et plusieurs membres dâĂ©quipage ont dĂ» sâasseoir sur le fond, Ă moitiĂ© calĂ©.  Parmi eux on retrouvait entre autres Charles LIGHTOLLER, le second officier et le plus haut gradĂ© Ă avoir survĂ©cu, ainsi que le tĂ©lĂ©graphiste junior Harold BRIDE.
3.  BARRE :Outil de commande du gouvernail.  La roue et le gouvernail sont reliés par un ensemble de cùbles nommés drosse.
4.  PASSERELLE(timonerie) :Ătage supĂ©rieure des accommodations oĂč travaillent le capitaine, les officiers et les timoniers pour le pilotage du navire.
5.  PORTES ĂTANCHES :  Portes situĂ©es dans des cloisons Ă©tanches conçues pour rĂ©sister Ă la pression de lâeau en cas dâenvahissement des compartiments par la mer suite Ă un avarie.
6.  POSTE DE COMBAT :Chaque membres dâĂ©quipage occupe une fonction et un poste prĂ©dĂ©terminĂ©.  Ce terme, on sâen doute, est empruntĂ© Ă la marine de guerre.
7.  SOUTIER;Homme chargĂ© dâarrimer le charbon de telle sorte quâil ne fasse pas giter le navire.  Il devait ĂȘtre adĂ©quatement rĂ©parti : pas plus de charbon Ă tribord quâĂ bĂąbord; pas plus dans une soute que dans lâautre, etc.  Ils sortaient le charbon des soutes et lâamenaient Ă proximitĂ© des chaudiĂšres oĂč les chauffeurs lâenfournaient dans les fournaises.
8.  TĂLĂGRAPHE :  Aussi appelĂ© transmetteur dâordresou Chadburnpar association au constructeur.  CâĂ©tait un appareil mĂ©canique permettant de transmettre les ordres des officiers de la passerelle Ă la salle des machines.  Il Ă©tait de forme circulaire sur pied, et comporte deux flĂšches : lâune commandĂ©e par la passerelle et lâautre pour la salle des machines.  Lorsque lâordre Ă©tait exĂ©cutĂ©, lâingĂ©nieur confirmait le tout en bougeant lâautre flĂšche. Les ordres Ă©taient : Avant toute; avant demi; avant lente; avant trĂšs lente; stop; arriĂšre trĂšs lente; arriĂšre lente; arriĂšre demi; arriĂšre toute.
9.  VOIE DâEAU :  EntrĂ©e dâeau imprĂ©vue dans un navire suite au dĂ©chirement de la coque sous la ligne de flottaison.
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1- Â Â British Wreck Commissionerâs Inquiry into the Sinking of the RMS TITANIC, testimonies of LIGHTOLLER, PITMAN and BOXHALL.
2- Â Â FITCH, Tad, J. Kent LAYTON and Bill WORMSTEDT, Sea of Glass, Amberly Publishing, Gloucestershire, United Kingdom, 2012 (2015), 440p.
3- Â Â DEMOULIN, Maurice, Les paquebots Ă grande vitesse et les navires Ă vapeur, Librairie Hachette, Paris, 1887, 304p.