Projet pour un texte
– "Je hais le mouvement qui déplace les lignes" –
Si je fais un film, pour un cinéma encore défini comme discipline du mouvement, il me faut répéter le vers de Baudelaire, à moins que ...
1. ... ne pas faire de film et en même temps accepter la valeur du film vierge cette page blanche du cinéaste et prier pour que d’autres le fassent.
2. ... faire un film au prix de la haine. Un film d’amour par exemple. Voilà qui est très séduisant mais risque de servir de pavillon à bien des marchandises, – films publicitaires, films de propagande, films pornographiques, films interdits.
3. ... écarter les problèmes de langage spécifique au cinéma en considérant le film comme une simple référence à quelque abstraction.
Aussi dans certains aspects du conceptual Art, souvent le film est un intermédiaire banal où l’idée joue le rôle principal de sujet. Mais le sujet n’est-il pas réduit par cette platitude du style de transmission, sinon absorbé et rejeté dans un documentaire des idées reçues, parfois original ?
.... Les nouvelles techniques de l’image plus que du cinéma (le laser ?) permettent de trouver une solution, momentanée, je le crains, intéressante, certainement.
Encore faut-il être bien né dans un monde technologique pour utiliser ce genre de moyen avec succès. Et me voici cruellement partagé entre quelque chose d’immobile qui a déjà été écrit et le mouvement comique qui anime 24 images par seconde.