La photo manquante, celle que je n’ai pas eu le réflexe de prendre est celle d’un homme debout sur le trottoir. Il est de dos et je devine, à sa position, qu’il tient dans ses bras quelqu’un qui a enfoui sa tête tout contre sa poitrine. Je ne comprends pas ce que mes yeux voient, ni qui est cet homme, ni ce qu’il fait là et encore moins qui il tient dans ses bras et pourquoi. Quand j’arrive à leur hauteur, les deux silhouettes se séparent et je reçois, comme un éclair en pleine figure, la beauté de l’homme et la trisomie du jeune homme qui s’est écarté de lui et qu’il tient maintenant par les épaules dans un geste d’une tendresse infinie. J’entends ses mots et je ressens jusqu’au plus profond de ma chair la douceur de sa voix qui dit au jeune homme : « mais... qu’est-ce qui t’arrive mon doudou? » sur un ton qui me bouleverse. Je comprends à ce moment-là qu’il est son père et qu’il n’a que son amour à offrir à son enfant pour le protéger d’un desarroi qui, l’un comme l’autre, les depasse. De très loin, me vient alors l’image d’un autre enfant, fou celui-là , et mort il y a bien longtemps et en surimpression toute la tendresse de cet homme debout sur le trottoir, son grand enfant blotti contre son cœur. #lenfantfou #lenfanttriste #saintalbansurlimagnole #lepereetlenfant #lamanouba https://www.instagram.com/p/Brldjccnn5L/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=oj89qmzd1d97











