GAME NIGHT (2018)
Quand des accros aux jeux de sociĂ©tĂ© se rĂ©unissent pour une soirĂ©e hebdomadaire consacrĂ©e Ă leur activitĂ© favorite, et que ça part en couille: voilĂ comment rĂ©sumer simplement le propos de GAME NIGHT, qui tient lĂ un bon concept, Ă savoir introduire un fait divers assez grave au sein du jeu. Tout est stĂ©rĂ©otypĂ© au possible, Ă commencer par ce couple assez Ă©nervant de protagonistes principaux, dont la relation est essentiellement basĂ©e sur cette passion commune, mais ternie par un âblocage psychologiqueâ de ce mari frustrĂ© par les atouts de son frangin qui a lui tout rĂ©ussi, le side-effect rendant sa semence inefficace: portĂ©s par le dĂ©sir de devenir parents, Monsieur et Madame se heurtent Ă lâobstacle depuis longtemps, trop longtemps mĂȘme, et rien ne va sâarranger dĂšs lâarrivĂ©e de ce frĂšre beau gosse/riche/talentueux -vous avez saisi le portrait- qui nâa JAMAIS perdu Ă AUCUN JEU. GAME NIGHT nous lance donc sur une murder-party qui tourne au vinaigre, de par lâirruption de rĂ©els kidnappers aux vilaines motivations lors dâune soirĂ©e organisĂ©e par le frangin rival: dĂšs lors, le film sâamuse Ă nous montrer Ă quel point les participants du jeu son crĂ©dules, eux-mĂȘmes trop immergĂ©s dans la partie pour se rendre compte de la gravitĂ© de la situation. Pourquoi pas? Le concept tient en effet la route sur le papier, mais se vautre lamentablement dans un excĂšs trĂšs lourd dâusage de gimmicks humoristiques mal placĂ©s, Ă base de rĂ©fĂ©rences culturelles maladroites et dâinfinies citations dâacteurs/actrices connu(e)s: pire, on passera sur le couple de Noirs montrĂ© comme tel, caricatural Ă outrance et limite raciste -les blagues sur Denzel Washington, merde quoi- dans son utilisation au sein du long-mĂ©trage. Seul point positif de ce bordel, les rares effets âmacroâ de la camĂ©ra qui nous donnent lâillusion de plans de jeux de plateau pendant lâaction: insuffisant pour relever le niveau de GAME NIGHT, qui au lieu de prendre le temps de poser un bon gag pour en obtenir lâeffet escomptĂ©, ne cesse dâen rajouter une couche: de bonnes idĂ©es -le voisin flic creepy mais rĂ©vĂ©lĂ© comme ultime organisateur de murder-party- cĂŽtoient une marĂ©e excrĂ©mentielle de punchlines dĂ©goĂ»tantes -pauvre Uma Thurman et pauvre PULP FICTION (1994) et autres trouvailles thĂ©matiques mal exploitĂ©es -le vrai flingue pris pour un faux, câest rigolo, mais on nâest pas obligĂ© de subir le one-woman show insupportable du personnage qui le manipule pendant de trop longues minutes. Ayant au moins le mĂ©rite de ne pas se limiter au confort dâun salon ou dâune maison pour dĂ©velopper sa partie de jeu, GAME NIGHT prĂ©sente hĂ©las dâaffreux atours qui voient le hĂ©ros de DEMAIN A LA UNE (1996-2000) et lâacteur principal de DEXTER (2006-2013) sâaffronter dans un final idiot et stupide, un peu comme si les rĂ©alisateurs John Francis Daley et Jonathan Goldstein tentaient de donner une saveur Ă la THIS IS THE END (2013) quâils nâarriveront jamais Ă atteindre. En bref, GAME NIGHT est un ratage total dĂ» Ă son excessivitĂ©, essorant son concept jusquâĂ le rendre inidentifiable: la bĂȘtise est amusante, mais seulement lorsquâelle est bien employĂ©e... Il suffit de visionner par exemple TUCKER AND DALE AGAINST EVIL (2010) pour se faire une idĂ©e de la REUSSITE quant Ă lâutilisation dâun concept et de la rĂ©interprĂ©tation de ses codes. Irritant, lâadjectif qui peut le mieux qualifier GAME NIGHT est Ă coup sĂ»r âINSUPPORTABLEâ, tentant de rallier vieux geeks -la mĂ©taphore du couple sur PAC-MAN, putain câest datĂ© les mecs- et amateurs de jeux en tous genres: sâautoformatant pour devenir une autoparodie imbĂ©cile qui Ă©nerve plus quâelle ne divertit. Un Ă©chec et mat de la nullitĂ© narrative. Poussif et lour comme la merde qui vous fait courir Ă la selle de peur quâelle ne sorte Ă un moment inopportun. AUX CHIOTTES!
INSUPPORTABLE /20