Le crépuscule ruisselle entre les doigts Du Temps arrachant le soleil au ciel muet J’ai égaré mes commentaires Mais comment taire Les cris me piquant les yeux Comme une orange salée qui tombe Du fond d’une mer de rayons? Comme une étoile éclosant sans fruits?
Des rivières de l’Éden, l’onde se plisse Comme un raisin sec La lune, de ses cornes, déchire ma harpe… Dans le noir, les cigales chantent l’impiété Et je souffre un martyre d’apostate
Dans le noir, les Muses vont empiéter Et je souffre un martyre d’apostate Mes fausses couches sucent leurs seins Je souffre un calvaire de croix renversées Je souffre dans une géhenne éteignant la vie Je souffre un enfer au feu sacré La nuit est une église ouverte aux bacchanales
Beauté! Beauté! Beauté! Voici la voix d’une déesse sans peuple Beauté! Sans nom, je t’appelle Beauté! Sur le bout de la langue, un tunnel Accueille les larmes d’une fontaine délabrée, Échappe un parfum de fleur d’égout, Brise les flacons et plafonds de verre
Beauté! Ton savon de roses fanées Glisse sur ma peau de sable Comme un baiser patinant sur des braises, Comme un regard vers un tapis d’astres, Comme des nuages versant leurs ombres
Beauté! Ton tonnerre s’éclipse Mais retentit dans l’obscurité Comme une explosion solaire dans le néant, Comme un écho de l’autre côté du brouillard, Comme les accents langoureux du silence
Ta pureté souille les tréfonds de mon être Avec un amour mentant comme je respire Et me suffoquant par l’unique vérité
Pourtant… Pourtant… Dans mes rêves, je frappe sans relâche À la porte d’entrée de la folie qui me dévoile Une femme, mille visages… Une image, mille mots… Une surface, mille textures… Je mets à nu le monde extérieur
L’introspection : garde-robe qui se déguise En belvédère inaccessible
-Poésie: "À la déesse de l’impiété", à lire dans "Genèse d'une femme" par Marine Mariposa, disponible gratuitement sur https://sites.google.com/view/papillondusublime/gen%C3%A8se-dune-femme -Image: "Sunburnt Nymph", Ethel Gabain
















