Je suis un retraité heureux. Oula… ça va remonter très loin, le spectacle qui a changé ma vie parce que j’étais adolescent. C’était une mise en scène étonnante de DON JUAN de Molière : c’était la première fois que j’allais au théâtre pour de vrai, je crois que je ne m’en suis jamais remis ! C’était une mise en scène de Gabriel Monnet, qui lui-même jouait le rôle de Don Juan. C’était à Châteauroux. Je pense que si l’effet était aussi brutal pour moi c’est parce que j’ai vraiment eu l’impression de voir sous mes yeux le spectre, le fantôme qu’il y a dans Don Juan, et ça m’a beaucoup marqué. Mais c’était plus un ensemble : un immense acteur et une troupe qui le portait. Je suis tombé dans la marmite du théâtre à ce moment-là et je n’en suis jamais ressorti… Après c’était il y a 50 ans, je n’ai plus de souvenirs très précis. Il y a eu tellement d’autres spectacles depuis. Je ne sais pas, je dirais le sentiment de se sentir hors du temps, c’était quelque chose de très fort. Je pense que ces émotions nous aident à grandir, à nous construire je crois. Euh… Je pense que voir toutes ces facettes de l’humain sur scène ça nous aide nous même à être un peu plus humain le lendemain de la représentation que la veille.












