Rien de nouveau à Equip’auto
Fin de l‘année 2017, l’automne est là et l’hiver arrive à grand pas. On sent déjà les coups de leviers sur nos doigts gelés et on regrette nos tours de parc en T-shirt, suivi d’une bonne bière en terrasse.
Mais voilà , alors que l’on lave nos camions et répare nos compresseurs, un petit mail de rappel nous donne le sourire. EQUIP’AUTO 2017, porte de Versailles. YEAH !!! En voilà une bonne occasion pour aller se prendre des pintes de bières sur les « grands boulevards », sous couvert de rendez-vous fictifs parisiens. « Désolé ma chérie mais c’est le boulot, je dois faire ma valise pour cette semaine ». Un billet de train et me voilà station Balard, aux portes du salon.
Mon petit badge en poche, je commence donc à vagabonder dans le salon. J’ai quelques stands partenaires à voir, mais je viens surtout pour faire de la veille intellectuelle. Après quelques pas, j’ai de suite compris que le salon était axé en priorité sur le Web et le Digital. Ah, quel grand sujet ! Après tout le retard accumulé dans ce domaine par notre profession, on va enfin se pencher sur la question.
Quel dommage il y a 20 ans, que mes aïeux n’aient pas compris et surtout n’aient pas pris le virage de l’internet, en laissant la place à des « pure players », qui font la pluie et le beau temps  Rien ne sert de râler de nos jours, quand on a loupé le passage du train, on récolte malheureusement, notre manque de remise en question et d’innovation de l’époque.
Je reviens donc à notre salon, j’arrive tout droit sur mon premier stand : E-BAY, ??? ma surprise fut grande. Qu’’est-ce que eBay vient faire là  ? Je m’approche et je me rends compte que l’on peut vendre nos produits sur eBay. Jusque-là , je ne vois pas la nouveauté. 10 pas à droite et je me retrouve du côté des startups. Ca y est, j’ai compris ! nos chers informaticiens et codeurs en tout genre, sont donc à la recherche du graal de la profession : trouver le prochain UBER du garagiste.
Je ne vais pas m’en plaindre moi qui râle du manque de dynamisme et d’innovation du secteur. Mais en fouillant un peu dans les stands, je me rends compte qu’il s’agit principalement de simples CRM reprenant les bases du commerce web, pour faire croire aux auto-entrepreneurs et mécano en tout genre, qu’après leurs 35 h en tant que salarié, ils vont pouvoir faire fortune en travaillant le dimanche. Ah, si c’était si simple…
Je continue donc mon exploration, je passe la carrosserie, et arrive aux fameux stands Bosch et compagnie, qui nous présentent les « garages du futur ». Théoriquement, en quoi ça consiste ? Tout simplement, à automatiser le plus de processus, aussi bien dans le démontage/montage que dans le diagnostic.
Il y a 2 ans, la nouvelle machine super hi-tech était celle qui proposait un diagnostic par scan de vos pneus. En 2017, tout le monde l’a. Tout comme la démonteuse tourisme tout automatisée… le simple problème est que par exemple la machine de diagnostic pneu coute 30 000 €. Donc petit problème de maths : sur un 205/55R16 Primacy avec une marge de 2 € par pneu, combien de pneus me faut-il pour rentabiliser la machine ?
Beaucoup ! Trop même pour être déployé dans nos agences aujourd’hui. Peut-être plus tard. En tout cas, j’ai vraiment hâte d’être dans le futur. Normalement, nous devrions gagner plein d’argent malgré l’achat de machines à 30 000 € et le recrutement d’ingénieurs pour remplacer les pneus. Les équipementiers nous promettent un avenir radieux …
En continuant notre balade, je passe la passerelle, m’arrête sur cette superbe Mercedes, et termine mon chemin sur la principale raison de ma venue :  le matos !!! Bon là j’avoue c’est pas mal. Des beaux stands, des couleurs, de la vie, à première vue, je suis dans mon élément pour approfondir mes recherches et trouver la perle rare...
Et pourtant, je cherche encore. Pour être tout à fait honnête, j’ai trouvé quand même de bons produits. J’aime bien l’axe que prend Chicago Pneumatic et les autres, avec des pistolets dotés d’un chargeur sur batterie. J’aime cette idée de supprimer petit à petit tous les fils d’air, avec un réglage automatique. Mon préféré reste la séreuse Bluetork et visseuse de CP. Quand on alliera le chargement électrique avec cet outil, on sera à la pointe pour un bon bout de temps.
Pour l’instant, les clefs à chocs PL ne sont pas encore électriques sinon j’en aurais acheté une tout de suite. Après, le reste du salon réside essentiellement dans les écrans sur équilibreuses et l’automatisation complète du montage démontage. Au vu de la difficulté générale pour recruter, ainsi que de la marge produit qui s’écroule au point de disparaître, on va devoir de plus en plus réfléchir à l’optimisation du montage. Un calcul savant va s’opérer, sans quoi les performances seront piètres sur les machines intégrées tourisme. Globalement, on voit qu’il y a eu de la réflexion. Par contre, je vais encore faire mon grincheux, mais je ne sais pas comment ils font pour optimiser tous ces investissements. 40 000 € pour une voiture équipée, ça veut dire sur 5 ans, 7, 500 € par mois + le gars à 2500 € ... ça fait tout de même cher de l’heure ! Un calcul est à faire …
Mis à part cela, je voulais aussi mettre un bon point au salon concernant son ouverture au monde. Je n’avais encore jamais vu autant de stands chinois. C’est une bonne chose. Je nuancerais quand même mon propos sur le fait que les pauvres chinois, ils ont dû se faire chier … mais vraiment chier… personne pour leur parler, surtout ceux qui sont venus présenter des pièces spécifiques comme des embrayages ou des trucs comme ça.
Par contre, ceux qui nous ont présenté du matos, c’était vraiment intéressant. Pourquoi ne pas essayer ? J’ai pris des cartes afin de creuser ultérieurement le sujet. Vu l’entretien que font mes gars concernant le matos, pourquoi ne pas leur mettre des pistolets à 300 balles qui finiront par être jetés. Je vais me plonger dans la langue de Shakespeare et commencé à négocier.
Conclusion, j’ai globalement aimé ma visite du salon. Il est toujours très intéressant de voir et de découvrir de nouvelles technologies même si on peut être un brin déçu de ne pas avoir trouvé la perle rare et surtout … de ne pas voir plus de filles sur les stands. Vivement le salon de l’auto !!!
















