Je n’ai pas du tout été raisonnable : senti à San Francisco, hors de prix, je l’ai commandé chez Nose., et me voilà , arborant ce parfum américain un peu dingue. Je ne renie pas celui de Jo Malone, mais là , on n’est pas dans la même catégorie, question puissance et originalité.
Debaser :
La référence est évidente et revendiquée (!) : la chanson des Pixies sur l’album Doolittle, que j’ai tant écouté, il y a tant d’années.
Le parfum se présente comme une réminiscence des soirées / nuits étudiantes où l’été embaume l’air et la pelouse en ville pendant un concert. Il se compose d’abord de bergamote, de tiges de poire, de figue verte. C’est très très vert. Puis viennent un lait de coco doux, et des bois qui ancrent le tout, de la mousse et des bois blonds.
J’adore. Je ne manquais pas de parfum (cf post précédent) mais je suis tombée en amour. Coup de foudre. Je l’ai senti ensuite sur sa touche enfermée dans mon porte-monnaie pendant plusieurs jours, émerveillement sans cesse renouvelé. Il était très cher aux USA, bizarrement moins en France.
C’est un parfum marquant, assez fort. Là aussi je ressens quelque chose de métallique, je ne sais pas l’expliquer, peut-être ça a à voir avec les aldéhydes. C’est juste incroyable le passage du vert brut des premières notes qui s’étirent assez longuement, puis qui gagnent en profondeur avec la figue, et le lait de coco, fruités mais pas sucrés du tout, juste envoûtants, addictifs, pour finir par s’ancrer dans quelque chose de terrien, de dense, d’intense, à la croisée de l’humide souterrain (la mousse) et du métallique, un peu familier, comme l’odeur du sang, je dirais même si cette mention pourrait faire peur. Une fragrance viscérale. Ça fait peur aussi peut-être ?? Je ne sais pas comment expliquer l’effet qu’il a sur moi, ça ressemble au fait de retrouver un truc enfoui ancestral, avec une parfaite composition suffisamment étrange pour m’attirer, et suffisamment familière pour m’évoquer un cocon ultra personnel. Un trait d’union entre passé et futur.
Je suis dithyrambique et vous allez me trouver bien volage, mais c’est ainsi, les parfums me passionnent, et les rencontres passionnantes ne se produisent pas à un rythme régulier. Il arrive que deux se succèdent, que la raison empêcherait d’acheter, mais je ne suis pas vraiment raisonnable, c’est officiel.












