Frontlines : DJ Haram, entre anges et Djinns
Des démons, des Jinns, le collectif Discwoman, des productions Noise et un premier EP hautement inflammable (chez Hyperdub)… On a rencontré DJ Haram, la fille qui bâtit des ponts entre la scène de Philadelphie et le Moyen-Orient de ses origines.
Libéré au climax de l’été, Grace, le premier EP de DJ Haram confirme un frisson déjà ressenti par beaucoup : il faut désormais compter sur les productions signées Zubeyda Haram Muzeyyen. Hautement inflammables, parfois anxiogènes, toujours pulsionnels, les tracks et remixes de Grace établissent un pont de lumière noire entre les ballrooms de Philadelphie – où elle sévit depuis une poignée d’années – et le Moyen-Orient de ses origines. Cette dualité culturelle remonte à son enfance dans le New Jersey, où ses bases musicales oscillent alors entre la musique de la diaspora moyen-orientale, introduite par ses parents, et l’écoute passionnée de Sonic Youth : “ce très fort intérêt pour la Noise m’a fait entrer dans la musique par le côté expérimental et improvisé” confie DJ Haram. “Cette même scène Noise était très marquée par l’approche Do It Yourself et autodidacte. La Noise défend l’idée, assez salvatrice côté création, que tu n’as pas à être un musicien professionnel pour t’exprimer et composer. Je me suis alors mise à expérimenter dans cette logique, avec pas mal de constructions sonores. J’ai pratiqué beaucoup de sound design, avant de comprendre comment en faire de la musique. Le Dj-ing est venu plus tard. Pour moi, le Dj-ing, c’est affiner des constructions sonores. C’est comprendre comment la musique doit être structurée. À partir de là, j’ai commencé à faire de petits edits pour mes mixs, avant de commencer à produire mes propres tracks.”
La suite de l’interview parue chez Pan-African-Music, ici.











