A MIS PENATES
Diosecillos de mi casa, compaña de mi pobreza, que miráis tan bondadosos mi sillón y mis morillos, mi camastro carmelita y mi armario de nogal. ¡Oh mis penates, mis lares, cara guarda de mi hogar! Si mis manos nunca avaras os regalan con pasteles, si a menudo os he vertido vino, leche y dulce miel, veladme bien esta puerta con sus goznes y cerrojos; no por miedo a los rateros ¿pues qué llevarme podrán? No tengo caudal ni alhajas; siempre viajo sin escolta. Mi voto es breve y es éste: entre en casa alguna holgura, nunca salga honestidad.
Mas sobre todo no acuesten frentes que debían ir gachas de cuantos miseria esquivan, y Pluto venal regala; de su opulencia modestos; tan bajos en su altiveza, tan mezquinos en sus salas.
¡Cómo estimo la desdicha de aquel ciego vagabundo, doblado bajo sus años, otrora rico de hazañas, ya penado por su gloria, que pobre rapaz deshecho, cuando las luces desmayan, guía descalzo en la tormenta, y a su paso solicita con su gorra o flaca mano, al par que con tiernas gracias, para aquél, penoso pan!
¡Dulces penates de barro, hasta mi umbral conducidlos! Al pecho falaz, bellaco, mostradle rostro de acero… ¡mas sobre todo si un necio se presentara, yo os ruego que cerréis puerta y ventana! ¡Guardadme del importuno, tras salvarme del felón!
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À MES PÉNATES
Petits dieux avec qui j'habite, Compagnons de ma pauvreté, Vous dont l'œil voit avec bonté Mon fauteuil, mes chenets d'ermite, Mon lit couleur de carmélite, Et mon armoire de noyer, Ô mes Pénates, mes dieux Lares, Chers protecteurs de mon foyer ! Si mes mains, pour vous fêtoyer, De gâteaux ne sont point avares ; Si j'ai souvent versé pour vous Le vin, le miel, un lait si doux, Oh! veillez bien sur notre porte, Sur nos gonds et sur nos verroux, Non point par la peur des filous ; Car que voulez-vous qu'on m'emporte ? Je n'ai ni trésors ni bijoux ; Je peux voyager sans escorte. Mes vœux sont courts ; les voici tous : Qu'un peu d'aisance entre chez nous ; Que jamais la vertu n'en sorte. Mais n'en laissez point approcher Tout front qui devrait se cacher, Ces échappés de l'indigence, Que Plutus couvrit de ses dons, Si surpris de leur opulence, Si bas avec tant d'arrogance, Si petits dans leurs grands salons. Oh ! que j'honore en sa misère Cet aveugle errant sur la terre, Sous le fardeau des ans pressé, Jadis si grand par la victoire, Maintenant puni de sa gloire, Qu'un pauvre enfant déja lassé, Quand le jour est presque effacé, Conduit pieds nus, pendant l'orage, Quêtant pour lui sur son passage, Dans son casque ou sa faible main, Avec les grâces de son âge, De quoi ne pas mourir de faim. Ô mes doux Pénates d'argile, Attirez-les sous mon asile ! S'il est de cœurs faux, dangereux Soyez de fer, d'acier pour eux. Mais qu'un sot vienne à m'apparaître, Exaucez ma prière, ô dieux ! Fermez vite et porte et fenêtre ! Après m'avoir sauvé du traître, Défendez-moi de l'ennuyeux !
Jean-François Ducis
di-versión©ochoislas













