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Architect Oscar Niemeyer

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A peine arrivée à Saint-Ouen, l'architecte de son emblématique patinoire (1980) Paul Chemetov (1928-2024) s'en va...
A l’occasion de la sortie de son livre d’entretiens « Paul Chemetov, architecte », aux éditions Arléa, il évoque ses parents veufs d'un pays perdu, l'architecture comme activité de culture et laboratoire d'expérimentations, et des bâtiments constitués de la richesse que les autres [...]
Ambiance  au top à Bercy, sous un soleil radieux , les invités de The Gaze of a Parisienne ont déambulé dans les couloirs du ministère sous l’œil bienveillant des douaniers.
Paul Chemetov, architecte de Bercy
Jean-Pierre Darnat (Né en 1922) “Marayat” statue en bronze.
Nous avons pu découvrir grâce à Nicole Joannes, un autre aspect de la citadelle du Ministère des Finances, vitrine de l’art des années 80 selon le souhait de François Mitterrand. Caroline et moi voulions réunir à cette occasion des photographes, architectes, designers et autres acteurs du monde de l’art, dans cet endroit singulier.
©Elodie Codaccioni Bercy, visite du 23 mars 2015
Il y a deux semaines j’avais pu rencontrer Paul Chemetov, un des architectes, qui à plus de 85 ans courait dans les couloirs interminables de Bercy et nous racontait les grands travaux présidentiels. Nous avons eu droit à quelques anecdotes comme le dialogue avec Guy Vidal (haut fonctionnaire en charge de la construction du nouveau ministère des finances et président de la commission artistique) qui lui demandait “A combien voulez vous construire cela ? “, réponse de l’architecte : “Un HLM est à 5 000 francs du mètre carré, c’est un palais donc ce sera 8 000 francs le mètre carré”. La conséquence de ce projet fut la création (ou la re-création) d’un nouveau palais du Louvre avec la pyramide et l’aile Richelieu.
©Michel Prunier Bercy, visite du 23 mars 2015
Coût total : 7,8 milliards (de francs 1989) pour 260 000 mètres carrés et le plus grand immeuble de bureaux d’Europe. La décision d’appliquer le 1% culturel fut prise.
Visite Bercy 23 mars 2015 Jeanclos (1933-1997) Porte d’honneur.
Visite Bercy 23 mars 2015 Pierre Soulages (Né en 1919) . Détail d’un des deux tapis muraux.
J’aime d’ailleurs beaucoup cette phrase de D.H. Kahnweiler grand collectionneur et marchand d’art : Pourquoi voulez-vous que l’Etat ait du goût  ? l’Etat ne peut avoir du goût. Ce serait un miracle que des gens qui disposeront des fonds servant à aider les peintres aient du goût.
Je pense aujourd’hui en voyant le résultat, que Kahnweiler, n’avait pas forcément raison et notre conférencière qui connait ce palais du béton par coeur et qui je crois lui est très attachée, nous entraîne sur ses pas.
Bernard Turiot dit “le peintre des matériaux” (1950-1995) “Mural”
Tout d’abord, passage obligatoire dans le grand hall d’entrée autour de la maquette, qui permet de saisir l’ampleur et la cohérence du projet, sur cinq bâtiments, à cheval entre les voies ferrées de la gare de Lyon, la rue de Bercy et la Seine. La Cité de l’architecture et du patrimoine (palais de Chaillot) expose, dans sa salle d’architecture contemporaine, les maquettes réalisées par Paul Chemetov, don de l’architecte.
©Véronique de Villèle
Ensuite, nous découvrons un alignement de peintures réalisées toutes sur un seul thème “L’argent”. En résultent les grands tableaux de Pierre Alechinsky “Fluctuations”, Paul Rebeyrolle “Pactole”, les “Palmes” de  Gérard Titus Carmel, “Aux arbres citoyens” de Matta, sans oublier le sol “Le grand ruban” du peintre sculpteur Guy de Rougemont réalisé à partir de 25 marbres.
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©Michel Prunier Bercy, visite du 23 mars 2015
ne anecdote : Pierre Alechinsky, au sommet d’un échafaudage, se consacrait à la finition de “Fluctuations”, illustration de l’argent, du lien entre la monnaie et la Nation, mais aussi des cours de bourse. Une fonctionnaire passait dans le grand hall aux marbres colorés et s’exclama sur la laideur supposée de l’oeuvre. L’artiste descendit de son piédestal et l’attrapa par le collet : “Madame, lorsqu’on ne connaît rien à l’art, on se tait !”
Nous regardons les douves et ses sculptures de César, Antoine Bourdelle… nous apercevons la fameuse “Dame de Bercy” au garde à vous et nous continuons ainsi.
Nous avons le privilège de pouvoir découvrir la porte d’honneur  en bronze du sculpteur Jeanclos “Les fruits de la terre” rappelant  “la porte de l’enfer” de Rodin ou  celle du baptistère de Florence . Constituée de 50 panneaux sculptés , indépendants les uns des autres et inspirés de la Renaissance italienne, cette porte n’est autre que la herse du pont-levis permettant de pénétrer le château.
Visite Bercy 23 mars 2015 Jeanclos (1933-1997)
Le clou de la visite a été atteint lorsque grâce aux douaniers,  nous avons eu l’enchantement  de reconnaître sur le tarmac le sigle “H“! Dès lors, le succès de notre visite fut acquis,  en tous les cas pour nous les femmes ! De plus , avec ce ciel bleu, nous avons pu profiter d’une vue de Paris très originale.
Il a fallu redescendre, mais, pour voir, à l’extrémité d’une longue galerie des glaces, le grand salon d’honneur sans ses tapis de Georges Noël (exposition de ses oeuvres au MAM de la Ville de Paris) mais avec sa tapisserie de Rouan. Plus loin une autre belle surprise nous attendait : Pierre Soulages mis à l’honneur  par deux immenses tapis muraux  placés à chaque extrémité de la salle de commission.
Romaine Lorquet (1921-2005) “Les échanges”
Dans la cour d’honneur, nous passons devant la seule oeuvre d’artiste féminine du lieu, Romaine Lorquet.
Je voudrais citer également le hall du centres de conférences avec le “Mural” de Bernard Turiot.
Un petit tour pour certains aux télédocs (les petits robots qui circulent sur les rails de distribution automatique du courrier) et au-revoir, allée Jean Monnet, devant les trois stèles de Daniel Pontoreau.
Paul Rebeyrolle (1926-2005) “Pactole”
Caroline et moi nous tenons Ă remercier chaleureusement Nicole Joannes pour sa patience et cette visite passionnante.
Florence Briat-Soulié
Visite de Bercy du 23 mars 2015 – Tapis de Soulages.
http://www.ina.fr/video/I04173468
Mémoire de Roger Aubert de Trégomain sur le 1% artistique : www.google.fr/webhp?sourceid=chrome-instant&ion=1&espv=2&ie=UTF-8#q=m%c3%a9moire%20de%20roger%20aubert%20de%20tr%c3%a9gomain%20sur%20le%201%25%20artistique
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Bercy Ambiance  au top à Bercy, sous un soleil radieux , les invités de The Gaze of a Parisienne ont déambulé dans les couloirs du ministère sous l'œil bienveillant des douaniers.
CESSONS DE DEMOLIR DES LOGEMENTS HABITABLES
PAUL CHEMETOV dans LE MONDE
05.12.2012
Mort d'un SDF ou expulsion pour impayés, ces faits divers tragiques et quotidiens ne parlent que d'une seule et même chose, d'un souci premier, partagé par tous : le manque de logements. Une famille normale, une famille normée – deux adultes salariés et deux enfants – ne peut plus se loger, à  Paris en tout cas, au plus près des services et destransports en commun et n'a d'autre choix que la lointaine périphérie, l'achat d'une ou de plusieurs automobiles et un temps de transport augmenté qui vient annuler la réduction du temps de travail, pour ceux qui en ont profité. Il est aujourd'hui question pour mettre fin à ce manque de construire 500 000 logements par an, renouant ainsi avec le pic atteint en France au sortir des "trente glorieuses" et jamais dépassé depuis. La réponse donnée fut alors homogène en termes sociaux, architecturaux, constructifs et urbains. Il fallait construire, industriellement, comme on avait fait la guerre, loin de l'hétérogène de la ville existante et de ceux qui la peuplent. Pendant le même temps où fut dénoncé l'homogène des grands ensembles, la France se couvrait d'un réseau homogène de pavillons, de ronds-points, de parkings et de supermarchés s'étendant loin des villes, jusqu'à détruire chaque année toujours plus de surfaces agricoles : l'équivalent d'un département tous les sept ans. Je me souviens de cette remarque de Roger Quilliot, qui fut ministre de l'urbanisme au début des années 1980 : "Ils croient acheter le paradis, ils achètent l'enfer à crédit", écrivait-il dans une tribune publiée dans Le Monde. La prochaine crise de la société française va, sans doute, se jouer dans ces pavillons. Le jour où leurs propriétaires auront fini de payer leurs traites, leur maison sera constructivement périmée. Leurs enfants partis, ils ne vieilliront nulle part ailleurs. Pour se déplacer, il faut des voitures. Comment desservir des pavillons avec des transports en commun ? Pour sortir de cette impasse, il faut prendre le risque de densifier les zones déjà urbanisées, pour stopper l'étalement suburbain, alors que, sur les 350 000 logements construits cette année, plus de la moitié sont des pavillons. Pour construire 500 000 logements neufs de 65 m² de moyenne, il faudrait investirchaque année près de 50 milliards d'euros, en oubliant les taxes, les honoraires, le prix du foncier, les frais financiers et ceux de gestion. Pour la réussite d'un tel objectif, il faut donc faire feu de tout bois. Construire, mais aussi réparer et transformer et cesser de démolir des logements habitables et non encore amortis comme un enfant casse ses jouets. La transformation de la tour Bois-le-Prêtre à Paris, récompensée par l'Equerre d'argent, le Goncourt de l'architecture, montre le chemin à  suivre. Car pourquoiconstruire des logements nouveaux si, dans le même temps, 250 000 logements devenaient vétustes chaque année, s'ils n'étaient pas remis à neuf ou si la croissance de leurs dépenses d'énergie annulait l'effet de leurs faibles loyers ? Il faut dans le même temps peser sur les coûts de construction, mais aussiinventer d'autres moyens de payer le foncier. En ville, alors que la valeur d'un terrain découle des investissements et des services publics, pourquoi acheter un terrain au lieu de le louer ? Ces dispositifs existent dans la loi française : le bail emphytéotique en particulier. De tous les pays d'Europe, la France est la seule à  avoir une forte croissance démographique. Il faut loger tous les nouveaux venus. Pourquoi commencer à détruire ce qui reste habitable et tout d'abord aux yeux de ceux qui l'habitent et qui y sont attachés ? La destruction de bâtiments récents est la conséquence d'une politique de financement basée sur la démolition qui a montré ses limites. Expérience faite, cette règle comptable ne fait pas projet. Quel devrait-il être ? Concilier mémoire collective et renouvellement urbain, en inscrivant notre action dans l'histoire des territoires, et la mémoire des citoyens. Si tous s'accordent pour conserver Versailles, Chartres ou le pont du Gard pour le plus grand plaisir des touristes, faudrait-il pour autant oublier le patrimoine de l'âge industriel, qui est aussi en France celui de la démocratie ? Il y aurait quelque schizophrénie à n'accepter d'autres racines patrimoniales que celles des temps féodaux ou absolutistes. Car que détruit-on ? : la coïncidence de la relégation et de la pauvreté dans des cités laissées à l'abandon par leurs bailleurs et à l'écart du réseau des services publics. On a construit plus de trois millions de logements en France dans les années de production des logements collectifs. Ils ont abrité jusqu'à dix millions de personnes. Va-t-on les dynamiter avec les tours et les barres qu'ils continuent à habiter ? Que penser d'une société dont vitesse et performance seraient les seuls slogans et qui fait table rase du passé et de la mémoire des humains et des territoires ? "Il n'y a pas de démocratie sans mémoire", disait un président de la République. Nous avons pu le vérifier au siècle passé dans les autodafés de livres enAllemagne ou dans l'effacement des opposants sur les photos en Union soviétique. Laisser des traces du passé, c'est installer les bâtiments dans la durée, c'est aussi accepter la différence des mémoires. Mais cette volonté d'éradiquer ce que le siècle passé nous a légué rappelle cette phrase de Mao Zedong : "C'est sur les pages blanches qu'on écrit les plus beaux poèmes." Il n'est pas certain qu'il faille du passé faire table rase. Il y a peu, Le Monde publiait une tribune signée de trois lettrés pour défendre le livre. On pourrait retenir mot pour mot ce qu'ils revendiquaient et l'appliquer à la ville : "Ce que nous produisons, partageons et vendons est avant tout un objetsocial, politique et poétique. Nous tenons à ce qu'il reste entouré d'humains."
 Paul Chemetov, architecte et urbaniste

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