EL SANTO
¡Hermanos, mis hermanos, oigo cadenas rotas con estrépito, el golpe del hacha, del rayo la explosión, los cuatro vientos plenos de clamor y simientes, el leudar de esperanza atroz! ¡Hermanos, mis hermanos, oigo los tonos de la santa liza, el coro de las siete plagas, la anunciación de las estrellas, y la marcha del nuevo dios a la vera del hombre nuevo, y los confines de la tierra trepidar como la orladura del desplegado estandarte, y el tronido que de nuevo liga las almas a la osambre muerta en las cárcavas!
CORO DE VOCES DISPERSAS
¡Sebastián, Sebastián, eres testigo!
[…]
EL SANTO
¡Soplad de cerca, avivad pronto, presto, con fuelles de la forja! De hinojos todos, emplead vuestro resuello, arrodillaos; hincaos sobre vuestros codos, henchid mejillas, tended labios, dad todo el soplo de las almas a los negros tizos. ¡Que brote la fogarada, y las favilas levanten vuelo como abejas embriagadas, y el ardor torne cien veces más ardiente, arqueros, si amor una vez me tuvisteis! ¡Que vuestro amor conozca al fin conmensurable con el fuego! ¡Quitadme grebas y quijotes, rodilleras quitadme, escarpes! ¡A pierna desnuda y descalzo sea yo cual viñador ágil que se alista a pisar las uvas bermejas en lagar fumante! Allegad sarmientos y cepas, cándalos y raíces muertas, de pinos las escamas, todas las aneas del meridiano polvoroso del sol, que sea brusca la llama, hermanos; cubra gran pira los negros tizones. Bailaré más alto, más alto que la llama, hasta siete veces. Tal cosa os digo.
Sayones, ved, mis armas rindo. Depuesto está mi arco, quita mi postrera flecha, arrojado mi buen arnés. Y a pesar dello miradme cómo ardo de júbilo cual si al combate me aprestara cuando los ánimos retiñen como en la aljaba las saetas y la cuerda se tensa al máximo hasta el blanco ángulo del ojo, hasta la vena de la sien febril, chilla cual golondrina que la sangre de Tracia plañe, ¡oh, asesinos!
[…]
¡Dispuesto ya me veis, dispuesto! Nudos mis pies para el rocío del Señor, nudas mis rodillas para el vaivén maravilloso. ¡Gemelos, de la doble flauta consonancia, brazos de lira, gloria cantad de Cristo rey, y nuestro amor! ¡Cantad un himno que a abrasar llegue las orejas selladas, los inertes pechos! ¡Hermanos, que sería del mundo sin el lastre de nuestro amor!
¡Milagro! ¡Qué prodigio suave! ¡Los nardos! ¡Los nardos!
LAS VOCES
¡Sebastián, Sebastián, eres testigo!
CANTICVM GEMINORVM
Salves, toda sombra se aclara. Dios es y siempre será Dios. Alzad en el fuego su loor. El sol atroz es su semblanza.
Ya llega. Agostará Su casta vil, cual cenagoso albellón. Salves, toda sombra se aclara. Dios es y siempre será Dios.
Cantad las obras de su gracia, loadlas en cada rincón. El polvazal de la creación ved cómo Su Nombre grana. Salves, toda sombra se aclara.
EL SANTO
Bailo en el ardor de los nardos. ¡Gloria a Cristo rey! Huello en el blancor de los nardos. ¡Gloria a Cristo rey! Calco en el dulzor de los nardos. ¡Gloria a Cristo rey! ¡Descalzo estoy en el rocío! ¡Piso las mieses que germinan! ¡Resurto como las aguas vivas! Te amo, mi Señor.
¡Es como si tuviera un alma formada del saz con las frondas, si estuvieran hechas mis venas de músicas y de aurora! ¡Es como si yo estremeciera una escarcha de estrellas sonora! Te amo, mi Rey.
CHORVS SERAPHICVS
¡Salve, gran Luz, salve, Claridad del Mundo, Madero profundo, erguido Estandarte, Astil favorable Vírgula florida, Signo de victoria Palma glorïosa, Árbol de la vida!
EL SANTO
Oigo llegar canto distinto: los siete laúdes eternos. Componen toda luz los nardos. Toda la cadencia componen. Si los segáis, presto renacen. Si los quebráis, ya son enhiestos. Tienen bohordos inmortales. ¡Vedlos, vedlos! De hito me miran como ángeles de ojos innúmeros para el espanto.
Hete aquí los siete Testigos, Caudillos de la ardiente Hueste.
¡Todo el cielo canta!
EXPLICIT PRIMVM SANCTI SEBASTIANI SVPPLICIVM INCRVENTVM
*
LE SAINT.
Mes frères, mes frères, j'entends le bruit des chaînes qui se brisent, le choc de la hache, l'éclat de la foudre, les quatre vents pleins de semences et de cris, le levain de l'espoir terrible! Mes frères, mes frères, j'entends la mélodie du saint combat, le chœur divin des sept fléaux, l'annonciation des astres, et la marche du nouveau dieu à côté de l'homme nouveau, et les lisières de la terre frémissantes comme les bords d'une bannière qu'on déplie, et le tonnerre qui relie dans les tombes, l'âme des morts aux os des morts!
DES VOIX PARTOUT EPARSES.
Sébastien, Sébastien, tu es témoin!
[…]
LE SAINT.
Soufflez de près, soufflez de près, vite, avec des soufflets de forge! Agenouillez-vous; et poussez vos haleines. Agenouillez- vous; appuyez-vous sur vos coudes, enflez vos joues, tendez vos lèvres, poussez tout le vent de vos âmes sur les tisons noirs. Que la flamme jaillisse, que les étincelles s'envolent comme des abeilles ivres, que l'ardeur en devienne sept fois plus ardente, ô Archers, Archers, si jamais vous m'aimâtes! Que votre amour je le connaisse enfin, à mesure de feu! Otez-moi grèves et cuissards, genouillères et solerets. Que je sois nu-pieds et nu-jambes, comme le vendangeur agile qui s'apprête à fouler les grappes rouges dans la cuve fumante! Apportez les sarments, les ceps, les branches, les racines mortes, les écailles des pins et tous les roseaux de tout le midi poudreux de soleil, pour la flamme soudaine, ô frères; et couvrez d'un grand bûcher les noirs tisons. Je danserai plus haut, plus haut que la flamme, sept fois plus haut. Je vous le dis.
Tueurs, voici, je me désarme. J'ai renoncé mon arc, lancé ma flèche dernière, quitté mon bon harnois. Et cependant, voyez, je brûle d'allégresse comme au début de la bataille quand les esprits dans le cœur tintent comme les dards dans le carquois et que le nerf tendu de toute force jusqu'au coin blanc de l'œil, jusqu'à la veine de la tempe chaude, crie comme l'hirondelle qui se souvient du sang de Thrace, ô meurtriers.
[…]
Me voici prêt, me voici prêt! Mes pieds sont nus pour la rosée du Seigneur, et nus mes genoux pour l'alternance merveilleuse. O gémeaux, accord de la double flûte, bras de la grande lyre, chantez la gloire du Christ roi, et notre amour! Chantez une hymne qui arde jusqu'à leurs oreilles scellées, jusqu'à leurs cœurs inertes! Frères, que serait-il le monde allégé de tout notre amour?
O doux miracle, doux miracle! Les lys! Les lys!
LES VOIX.
Sébastien, Sébastien, tu es témoin!
CANTICVM GEMINORVM. Hymnes, toute l'ombre s'efface. Dieu est et toujours sera Dieu. Célébrez Son Nom par le feu. Le soleil terrible est Sa face.
Il vient. Il séchera Sa race vile, comme un marais boueux. Hymnes, toute l'ombre s'efface. Dieu est et toujours sera Dieu.
Chantez les œuvres de Sa grâce, louez Ses œuvres, en tous lieux. Semez Son Nom mystérieux dans les poussières de l'Espace. Hymnes, toute l'ombre s'efface!
LE SAINT.
Je danse sur l'ardeur des lys. Gloire, ô Christ roi! Je foule la blancheur des lys. Gloire, ô Christ roi! Je presse la douceur des lys. Gloire, ô Christ roi!
J'ai les pieds nus dans la rosée! J'ai les pieds sur le blé qui pousse! Je bondis comme l'eau des sources! Je t'aime, Roi.
C'est comme si j'avais une âme faite avec des feuilles de saule, comme si mes veines étaient faites de musique et d'aurore! C'est comme si je secouais un givre d'étoiles sonore! Je t'aime, Roi.
CHORVS SERAPHICVS.
Salut, ô Lumière, Lumière du Monde, Croix large et profonde, Très-haute Bannière, Hampe tutélaire et Verge fleurie, Signe de victoire et Palme de gloire et Arbre de vie!
LE SAINT
J'entends venir un autre chant. J'entends les sept luths éternels. Les lys font toute la lumière. Ils font toute la mélodie. Vous les fauchez, et ils renaissent. Vous les brisez, ils sont debout. Ils ont la tige impérissable. Voyez, voyez! Ils me regardent comme des Anges couverts d'yeux pour l'épouvante.
Voici les sept Témoins de Dieu, les Chefs de la Milice ardente.
Tout le ciel chante!
EXPLICIT PRIMVM SANCTI SEBASTIANI SVPPLICIVM INCRVENTVM
Gabriele D'Annunzio
di-versión©ochoislas















