Le bitcoin Ă©met autant de carbone qu'un petit pays/ bitseven,Ăchange de crypto-monnaie, bitflyer,CoinMarketCap,poloniex,bitfinex
Le bitcoin et ses transactions dĂ©centralisĂ©es ont un coĂ»t environnemental Ă©levĂ©: 22 millions de tonnes de CO2 par an. Cela correspond aux Ă©missions dâun petit pays, entre la Jordanie et le Sri-Lanka! Pourquoi câest une premiĂšre. Depuis 2017, le site Digiconomist (EN) estime la consommation Ă©lectrique du bitcoin. Mais câest la premiĂšre fois quâune Ă©tude publiĂ©e dans une revue scientifique (ici, la revue Joule) formalise cette dĂ©marche pour calculer son empreinte carbone. Christian Stoll, chercheur au MIT et auteur principal de ces travaux, explique: «Nous pensons que notre Ă©tude va au-delĂ des travaux prĂ©cĂ©dents. Nous fournissons des preuves concrĂštes lĂ oĂč la littĂ©rature actuelle est basĂ©e sur de simples hypothĂšses.» Pourquoi le bitcoin consomme autant. Il faut revenir Ă la nature mĂȘme de la cryptomonnaie: Chaque nouvel Ă©change dâune unitĂ© monĂ©taire doit ĂȘtre validĂ© par les ordinateurs intervenus plus tĂŽt dans la chaĂźne de transactions (blockchain), Ă lâinverse dâune transaction classique validĂ©e par une autoritĂ© centrale. Cela requiert ce quâon appelle une «preuve de travail», un problĂšme cryptographique dont la rĂ©solution par un ordinateur du rĂ©seau va sĂ©curiser la transaction. Câest lĂ quâintervient lâaspect spĂ©culatif: lâordinateur ayant rĂ©solu ce problĂšme se voit offrir une fraction de bitcoin comme rĂ©tribution de la puissance de calcul utilisĂ©e: on parle aussi de minage de bitcoins. Or avec lâaugmentation de lâhistorique des transactions, la puissance de calcul requise pour la validation augmente de façon exponentielle. En 2018, la consommation dâĂ©lectricitĂ© pour valider une transaction en bitcoins a Ă©tĂ© multipliĂ©e par 4, Ă©crivent les chercheurs. Le problĂšme, câest que sont apparues, notamment en Chine et en Mongolie, de vĂ©ritables «fermes Ă bitcoin», oĂč des systĂšmes informatiques tournent dans le seul but de remporter le prĂ©cieux gain de ces preuves de travail, qui devient significatif au vu de lâexplosion du cours du bitcoin. Or, ces pays utilisent encore massivement du charbon pour produire leur Ă©lectricité⊠La mĂ©thode de calcul. Pour estimer au plus prĂšs la consommation Ă©lectrique, puis les Ă©missions de carbone liĂ©es au bitcoin, les chercheurs se sont basĂ©s sur les documents obligatoires remplis par les fabricants de matĂ©riel informatique spĂ©cifique au bitcoin lors de leur introduction en bourse. De lĂ , ils ont estimĂ© la part de marchĂ© respective de chaque type de matĂ©riel, appliquĂ©e au minage de bitcoin, puis sa consommation Ă©nergĂ©tique moyenne. Enfin, Ă partir du registre public des transactions bitcoins, ils ont dĂ©terminĂ© le lieu de chaque validation grĂące Ă lâadresse IP, qui identifie de façon unique chaque ordinateur sur internet. De quoi passer, connaissant les facteurs dâĂ©missions (quantitĂ© de carbone moyenne Ă©mise par kWh) de chaque pays, de la consommation Ă©lectrique aux Ă©missions de CO2. Et les autres cryptomonnaies? Ceci ne vaut que pour le bitcoin, alors que dâautres cryptomonnaies se dĂ©veloppent: Ethereum, LiteCoin ou encore Monero pour nâen citer que quelques-unes. Mais las: mĂȘme lâEthereum, dont le protocole de validation a Ă©tĂ© conçu pour ĂȘtre moins gourmand en puissance de calcul, a un impact non nĂ©gligeable. Christian Stoll prĂ©cise: «Prendre en compte les autres cryptomonnaies conduirait Ă plus que doubler nos estimations de consommation annuelle, en ajoutant jusquâĂ 70 tĂ©rawatts-heures Ă notre estimation initiale de 45 TWh.» Lâenjeu de la rĂ©gulation. Le chercheur poursuit: «Il y a Ă©videmment besoin dâune lĂ©gislation plus contraignante dans certaines rĂ©gions afin de limiter les Ă©missions de carbone dues Ă lâemploi de sources dâĂ©nergie fossiles pour lâĂ©lectricitĂ©. Dans certaines rĂ©gions de Chine, la charge supplĂ©mentaire que fait peser le minage de bitcoins consomme toute lâĂ©lectricitĂ© propre disponible (par exemple hydroĂ©lectrique), et entraĂźne un report vers des sources non-renouvelables pour assurer les autres besoins.» Les perspectives. Loin de vouloir diaboliser les cryptomonnaies ou leur architecture technique, la blockchain, Christian Stoll appelle Ă davantage de luciditĂ© dans le dĂ©bat sur ces questions: «La blockchain est un mot trĂšs Ă la mode, quâon envisage de dĂ©ployer pour nâimporte quel cas dâusage. Aujourdâhui, ce dĂ©bat porte largement sur les gains de productivitĂ© attendus. Mais nous ne devons pas ignorer les coĂ»ts environnementaux que nĂ©cessitent ces infrastructures, y compris celles les moins consommatrices en Ă©lectricitĂ©, comme lâEthereum.»
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