Éternelle Bretagne (by Ninie)
Un vent d'air frais et d'apaisement dans les esprits...

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Éternelle Bretagne (by Ninie)
Un vent d'air frais et d'apaisement dans les esprits...

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il aura fallu ce cercueil blanc
blanc perdu dans le blanc
pour te redonner une forme de vie
effacer un peu l’effroyable de ta perte
le voyage qui s’est fait dans ce silence
a rougit nos yeux d’une douce lumière
(vingt-cinquième hommage)
.
© Pierre Cressant
(samedi 3 mai 2025)
Hello les amis 😘
Bel après-midi à vous tous 💐
🎹 Frederic Delarue ~ Believe 🎧

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(...) Era una soledad el cielo. Ahora por él la luna de oro va. Me sabes tuyo, te recuerdo mía.
Apaisement | Manuel Magallanes Moure
Et l’amour défait son trône de velour
A comme Amour, B comme celle que j'ai ''aimé'' en premier. Elle était là derrière le A, je ne la voyais pas. Le 07 janvier est son jour, était son jour, ne l'a jamais vraiment été.
Qu'est-ce qu'aimer ?
Je rêve encore d'elle quelques fois, mais ça ne veut plus rien dire je crois, en tout cas ça ne me fait pas ou plus grand chose. Elle est loin maintenant. Il n'y a que le goût de la cerise qui est proche, une douleur qui reste.
En ce temps là j'ai vu ma tombe s'ouvrir dans une terre sèche et délétère. Depuis, j'y plante des graines.
Et je cherche encore le cerisier (peut-être suis je assis sur sa branche? Peut-être ce texte est-il une de ses feuilles).
(Une pierre bleue tombe au fond de l'eau quelque part, les échos se répercutent contre les parois).
Ecriture émotionnelle sinueuse.
(L'eau s'ensommeille autour du galet).
Je pense très fort à elle, elle aussi, parfois elle et elle.
Je pense fort à lui et dès fois quand je suis avec lui je sens mon affection pour lui être très forte. Je l'aime très fort, je pense que j'aimerais le toucher davantage. Je n'en suis pour autant pas frustré ou malaisé.
J'aime toucher le corps des personnes que j'aime, seulement quand je suis sûr que mes caresses sont bienvenues. J'ai peur d'être intrusif et trop tactile.
Cependant je ne suis pas à l'aise qu'on me touche.
J'ai peur d'être fermé et pas assez tactile.
Je me sens souvent difforme et étranger à mon corps. Il est là et je suis à côté, c'est froid et ça tremble, c'est sec et ça s'assèche.
J'ai honte de moi. J'ai peur de ne pas plaire. J'ai peur d'être rejeté. J'ai peur d'être ennuyeux, gênant, malaisant, blessant, énervant, inintéressant. J'ai peur de faire du mal.
J'ai peur que le silence ne suffise pas. J'ai peur de n'avoir que le silence à demander.
J'aimerais passer plus de moments intimes et calmes, en tête à tête ou non. Ou avec toutes ces personnes réunies (ce serait si étrange, comme mettre des ondes puissantes dans une même pièce, tout en vibrerait si fort, ce serait insoutenable).
J'aimerais m'étendre près d'iel, faire des caresses, des câlins. Regarder son visage s'endormir, s'éveiller, fureter, rêvasser, s'éclairer, s'assombrir, se troubler, s'épanouir.
J'aimerais "juste" pouvoir rester là et te regarder.
Ne plus jamais rien dire.
Seulement s'émouvoir, rire.
Parfois chuchoter, jouer, se tourmenter. Se réconforter. S'apaiser. S’enlacer.
Les câlins sont très différents d'une personne à une autre. Je crois que mes préférés sont ceux avec A. Ceux avec M sont très forts. Avec W si croustillant.
J'aimais beaucoup ceux avec B. Avec K c'était dément.
C je veux te faire des gros câlins.
Chaque câlin finit par former une cicatrice. Je voudrais rester là tout contre toi. Ou bien m'en aller très vite très loin me cacher et pleurer. Chaque câlin donne aussi une énergie phénoménale, ou bien cela peut m'achever un peu.
J'ai envie de tendresse, de paresse, de lignes de flottaisons volubiles et grumeleuses.
J'aime effleurer la peau, les cheveux, communiquer par mes mains, sentir les courants de l'être de l'autre, essayer d'apaiser, de faire du bien, de caresser l'âme par le cuir chevelu.
Quand j'aime, je ne sais pas où je vais, mais je sais que j'aime rester là près de toi. Je ne te demande pas de t'occuper de moi. Je ne te demande pas de me donner de l'attention ou quelque chose. J'aime bien juste être là, pas loin. J'aime être dans la même pièce que toi, partager le même espace-temps que toi, les mêmes mètres cubes d'air que toi. J'aime t'écouter, te regarder, te toucher, te sentir, te ressentir.
J'ai peur d'être là en trop, d'être un poids, d'être demandeur, d'être oppressant, étouffant, angoissant, anxiogène.
Je ne crois pas me sentir incomplet et chercher à me compléter à travers une autre personne. Quand j'aime, j'éprouve un grand élan vers l'autre et j'ai envie d'être là, présent au monde avec cette personne. Je veux être près d'elle de temps à autre, quand elle le voudra, quand je le peux, pour la remercier infiniment d'être et d'exister et d'accepter de me parler et de me voir.
Je suis heureux de sentir cette existence, cette palpitation, cette fragrance d'être qui m'enivre. Et cet élan me pousse vers toi. Je ne sais où marcher, je me laisse tomber vers tes éclats et je veux m'éclipser derrière tes paupières. Peut-être que quand j'aime, je renonce à moi un peu. J'ai envie de faire de la place pour toi, si tu veux, comme tu veux, tout me va. J'ai envie de m'étriper pour toi.
Ces passions qui parfois m'emportent me plongent généralement dans la douleur, la tristesse et l'évitement. J'ai trop peur de m'imposer dans la vie de l'autre, de faire trop sentir mon existence. Il y a cet élan irrépressible qui me lance vers l'autre, mais j'ai peur d'être trop visible. Mais je ne veux pas être invisible. Je veux être là, mais pas trop. Je ne sais pas comment faire.
J'ai peur de me surexposer et d'éclipser.
J'ai peur de n'être rien.
J'ai peur de vouloir être rien.
J'ai peur d'être collant et d'être rejeté.
J'ai peur que mon amour pour toi soit aussi l'amour de ma destruction.
J'ai peur de ne pas t'écouter, de n'écouter que moi. Persuader de ne pas m'entendre j'ai tendance à tout éteindre.
Pendant longtemps, amour et mort ont partagé en moi le même chemin d'existence. Se donner à la mort, c'est se donner à l'amour. Se donner à l'amour, c'est se donner à la mort. C'est se confier à ce qu'il y a des plus profond dans la vie, la passerelle qui relie toute chose. Une légèreté insoutenable. Une lourdeur volatile. Un vide plein. Une foisonnance impalpable.
La mort, c'est l'amour à l'état pur.
Comment aimer sans vouloir me tuer ?
Il y a cette envie malsaine en moi, de trouver une personne avec qui mourir. Je crois que je le ressens moins. Je me vois mieux mourir seul.
Mais je ne me vois toujours pas vivre.
J'ai envie d'être allongé à tes côtés aux racines d'un arbre, un grand orme ou un souple bouleau. Le vent caresse les herbes qui ondulent et des bribes de feuilles et de rêves virevoltent dans tes cheveux. Avec comme coussin le silence et nos soupirs nous regardons les branches danser. On entend un vieux poste de radio au loin. Je te regarde en souriant. Tu es belle/beau. Une coccinelle s'accroche à tes cheveux où j'entortille mes doigts. La coccinelle s'échappe sur mon index et je la dépose sur le bout de ton nez. Elle déploie ses ailes et s'envole, tu suis sa course avec attention et ton regard s'allonge sur l'horizon. Je dépose mon être dans cette alvéole contemplative. Je suis content d'exister en même temps que toi.
C'est un peu comme ça que je vois les choses, mais bien sûr pour chaque personne il y a un mood, des sensations, des perceptions différentes. Chaque amour est unique, il faudrait en décliner les tonalités et les notes le long d'une harpe céleste dont l'infini est en éternel devenir pour tenter d'en aborder les rivages de ses vastes saveurs et exhalaisons, de ses rutilances et miroiteries, de ses joailleries et éclats d'âme sablonneux. Toute vie est un miracle car toute vie porte l'amour. Je dirais même : toute vie est amour. Dès lors, la tête me tourne tant l’immensité nous tend les bras à chaque instant.
Il n'y a donc pas de mécanique ou de route. Dès fois je me laisse porter. Dès fois je me dissous. Souvent ça n'a pas de sens, souvent c'est sans conséquences. Sous le manteau du temps présent de l'être-là il y a un squelette de sensations et d'émotions, comme un motif qui se répète, et ce squelette c'est moi. L'historicité de l'amour et de ses manifestations. Je suis un squelette enveloppé dans un manteau. Un manteau d'hiver.
J'essaye d'écouter tes pas dans la neige et les flocons qui dansent.
Je veux écouter tes mélodies.
Je veux me taire et aspirer l'écho de ton âme. J'en garderai quelques bruits que j'emporterai avec moi. Je veux laisser de la place. Je veux que tu emplisses mon espace.
Mais j'ai peur que ce soit trop douloureux. Te laisser t'installer en moi et dans mes perceptions me semble dangereux. J'ai beaucoup trop peur que tout s'arrache et qu'un jour je me retrouve dans un univers encodé par des scripts perdus de toi. Je vis dans un vaste cimetière de ressentis en dissolution. J'ai mal de sentir le monde se défragmenter, encore. J’appréhende. Mon squelette est craquelant. Mon squelette est désarticulé.
Et j'ai si peur de tout brouiller encore, de tout étouffer, de tout alourdir, de tout épaissir.
J'ai si peur.
Toute la difficulté d'être me semble contenue dans ce point vital : aimer.
(Suis-je un cadavre qui s'anime ? À la dérive ? Ou porté par le flot et le flux de tout ce qui est ?)
J'en suis arrivé à la conclusion que vivre n'est que douleur et qu'il ne nous reste plus qu'à aimer. Il n'y a qu'en aimant que je trouve la vie supportable. Il n'y a qu'en aimant que j'accepte d'être.
Alors j'aime, et qui vivra verra, mais ça reste un discours et la vie est fébrile.
« Je pense que accepter la mort, c'est comprendre l'amour, et inversement » - C
(Ai-je accepté ? )
(La pierre qui coule)
Et pour toi, c’est quoi l’amour ?
~ Écrit entre le 23 décembre 2018 et le 07 janvier 2019 ~
Horizon