Même les personnes dont tu es proche, comme Inès et Vivane par exemple, te mettent dans une position inconfortable lorsqu'elles te demandent de tes nouvelles. Tu n'as jamais aimé te raconter, et particulièrement lorsque ça ne provient pas d'un élan de ta part. Ils sont rares, mais ils surviennent. Le reste du temps, c'est un exercice fastidieux. Ce n'est pas un caprice. Sincèrement, plus tu racontes ta vie, plus tu ressors épuisée de tes échanges. Cette opération te vide de toute ton énergie, la subtilise, puis elle est remplacée par un profond malaise que tu portes avec toi plusieurs heures ensuite. [...] Vraiment, tu détestes parler de toi. À peine tu commences, tu en as déjà assez. Chaque fois que te surprends à donner de tes nouvelles, tu te trouves instantanément en décalage avec cette vie dont les gens veulent d'entendre parler. Pourquoi doit-on à ce point rapporter aux autres ce qui nous habite ? Tu aimes mieux faire que dire, être que décrire. [...] La présence des gens que tu aimes, leur chaleur leur sourire, leur vitalité. Tout ça, ce serait amplement suffisant pour toi. Tu as toujours choisi de conjuguer ta vie au présent.
















