Les Sans Ciel
Affiche de RIMBAUD d’ERNEST PIGNON ERNEST
ORIGINE En amont du dégel J’ai froissé l’étoffe des souvenirs poème de jeunesse Feuillet inutile Mille caresses aux tempes du désir Drapé d’ insolubles vacuités D’ondes égarées de ma mémoire C’est indigo entre tes cuisses Le séisme de mon silence Malentendu A dispersé les roches intimes du sourire Je me plonge En mon puits noir Vestiges vierges et insensibles De mon ébauche Je sais en ton regard lire Les gestes avares de la vie Soupçonner la rigueur du frisson « Il y aurait presque la forme d’une goutte entre deux pentes blanches » Et les tresses du vent C’est limpide lisse et pénétrant Le profil des corps attachés au serment des pierres Bouche ouverte J’écris sur les berges de crevasses Où murmure le plaisir Le silence hésitant des corps S’attarde inlassablement A l’étendue des rives de nos doigts Et pourtant Ma peau s’humilie au grain rêche de l’étoffe au parfum étouffé de la matière Entravant le sourire Et la blancheur étroite béante De l’éveil Il installe un linceul Pour traquer le souffle antique des émois Et je demeure là, à l’endroit exact où le désir te convoque dans la lumière fendue de ton corps. Laisser brûler le silence












